DÉPART DES TROUPES, OCCUPATION
les ordres du général Metzinger, avait été le dernier convoi dirigé vers la côte par cette route.
Par contre, les mouvements insurrectionnels, qui déjà se produisaient dans diverses parties de l’Emyrne, rendaient nécessaires l'envoi des renforts. Le 2° bataillon du 13° régiment d’infanterie de marine, laissé sur la ligne d’étapes, monta à Tananarive par la route de 1 ouest, tandis que les détachements d’infanterie et d’artillerie de marine et une compagnie malgache montaient par la côte est.
Depuis celte époque, la route de l’esta été exclusivement suivie par les troupes comme par les convois. Il n’est pas inutile de remarquer que les 6.000 hommes qui ont suivi le chemin de Tamatave à la capitale pour faire la relève, n'ont eu qu'un nombre infime de malades et de morts
pendant ce trajet (environ 4 décès et 50 malades). Ils
eflectuaient rapidement cette marche de 350 kilomètres.
La route carrossable restait donc sans emploi. Elle avait d’ailleurs été bien peu utilisée par le corps expéditionnaire, pendant la marche sur Tananarive. En
effet, de Majunga à Marololo, c’est à peu près exclusivement par les caboteurs venus de mer (jusqu’à Maf^way ou Ankaboka) et les navires de la flottille fluviale (jusqu’à Marololo), que les troupes échelonnées le long du fleuve avaient été ravitaillées. D’Andriba à Tananarive, il n’y avait pas de route. C’est seulement entre Marololo et Andriba, soit 130 kilomètres sur 500, que la route carrossable et les voitures Lefebvre avaient pu rendre des services. Partout ailleurs, elles étaient restées sans utilité réelle, ou même sans emploi ; et le corps expéditionnaire eut à souffrir beaucoup de la pénurie de porteurs et d’animaux de bât qui, pour un moindre prix, eussent très avantageusement remplacé ces voitures trop nombreuses, causes de tant d’embarras,
3f>6 l’expédition de Madagascar
de tant de dépenses et de tant de travaux inutiles.
Les troupes de la 2e brigade, dite de marine, les deux bataillons de tirailleurs algériens, quelques artilleurs, soldats du génie et du train, constituèrent le corps d’occupation. Tout le reste, sous la haute direction du général Metzinger, reflua vers la côte par la route de l’ouest. A partir de Marololo, les troupes rapatriées gagnèrent Majunga par la voie fluviale, faisant au retour ce qu’elles n’avaient pas fait à l’aller. Partie le 22 octobre de Tananarive, la tête de la colonne arri\a à Suberbieville du 12 au 13 novembre {23 jours de route), e t continua par eau jusqu’au port d’embarquement . Les pluies de l’hivernage avaient commencé depuis un mois.
Il était déjà tard pour partir.
Le 23 novembre, le premier détachement embarqua sur le Chandernagor, un des dix navires affrétés pour les rapatriements. Le 28 décembre, 1^ A ‘olre-Dame-du- Salul emportait les derniers détachements et les derniers malades.