CHAPITRE XX
MORRIDITÉ ET MORTALITÉ
Au moment où les commissions d’organisation étudièrent les préparatifs de l’expédition de Madagascar, elles établirent leurs calculs sur une moyenne de 12 0/0 de malades. M. Isaac avait déclaré, à la tribune de la Chambre, qu’il fallait prévoir au moins GO 0/0 de malades. C était le chiffre de la première expédition.
Dès les premières opérations de l’avant-garde, commandée par le général Metzinger, il fut évident que ces prévisions seraient largement dépassées. En effet, la 11e compagnie du génie n’avait plus, le 11 mai, que 7 hommes valides sur 150. La 15e batterie du 38° régiment d artillerie avait 43 hommes hors de service, dix jours après son arrivée. La section d’ouvriers de l’artillerie, débarquée en même temps que la batterie, avait 45 malades sur G.) hommes d’effectif, deux mois après son débarquement.
Au mois de juin, le 200* régiment ne comptait que 112 hommes, en moyenne, par compagnie. Au mois de juillet, un bataillon de ce régiment ne présentait que 18 valides sur 800 hommes.
Les suicides se multiplient surtout pendant la colonne légère
Au mois de novembre, les premières estimations portaient à 2.600, le chiffre des décès des combattants , non compris ceux de la colonne légère, de Tamatave, de Diégo, Réunion, et les décès survenus en cours de rapatriement.
Plus tard, la statistique officielle a accuse :
.4.189 décès parmi les troupes européennes ou algériennes;
309 décès dans le régiment colonial.
Au total 4.498 décès connus, parmi les combattants. Quant aux non-combattants, conducteurs auxiliaires, coolies, il n’en n’est pas question. Les estimations modérées évaluent à 3.000 le nombre des morts, dans les auxiliaires. D'après les chiffres officiels, la mortalité connue des combattants a donc ete de 32 O, U Les chiffres ont une triste éloquence. Nous y reviendrons plus tard, pour en tirer des enseignements L
1. Voir plus loin les statistiques comparées, concernant la mortalité à Madagascar et dans les précédentes expéditions.