CONCLUSIONS. — QUELQUES-UNES DES RÉFORMES NÉCESSAIRES
Ainsi fut faite l’expédition de Madagascar. La préparation était-elle suffisante, et possédons-nous 1 instrument nécessaire pour exécuter de semblables opérations ?
Avant le commencement de l’expédition, des déclarations rassurantes avaient été faites :
« Nous avons étudié avec le plus grand soin la question non seulement par nous-même, mais avec le concours d’hommes particulièrement compétents et bien renseignés, appartenant aux divers ministères intéressés.
« Nous avons demandé a ces fonctionnaires et a ces officiers, qui, presque tous, ont parcouru les divers chemins entre la capitale et les différents points de la côte, nous leur avons demandé une étude approfondie de toutes les questions que soulève une pareille expédition, modes de transport, porteurs ou coolies, animaux de bât ou de trait, en un mot, moyens d’action de toute sorte.
« Nous leur avons demandé sur ces points des renseignements précis, détaillés, minutieusement étudiés '. »
1. Déclaration du ministre des Affaires étrangères devant le Sénat.
CONCLUSIONS
Ainsi les plus louables efforts étaient faits pour que la préparation fût efficace.
Le 12 novembre, une décision charge le ministère de la Guerre de la direction des opérations. Cette décision donnait satisfaction à des vœux bien souvent exprimés à la suite des critiques dirigées contre l’Administration de la marine « que rien ne prépare à de semblables opérations
de guerre » « Si le Département de la marine suffit à
la garde paisible de nos colonies, il est moins propre que le Département de la guerre à conduire les opérations à grande envergure qu’exige la conquête des pays étendus '. »
Cependant, l’Administration de la guerre, elle-même, ne paraît pas être en état actuellement de se charger entièrement de cette mission, car après l'expédition de Madagascar, un ministre de la Guerre dit, devant le Parlement :
u On a du jour au lendemain chargé le ministère de la
Guerre d'une mission à laquelle rien ne l’avait préparé
Est-ce que vous pouvez demander à une organisation qui n'est pas faite pour cela, qui n’a pas avec le monde colonial les points de contact nécessaires, d’aller du jour au lendemain recruter sur tous les points du globe les moyens d’action dont elle a besoin?2 »
En effet, l’Administration de la guerre dut préparer et* créer de toutes pièces le matériel spécial qui lui était nécessaire, demander à la Marine une partie de son personnel, puiser un peu partout les documents et les renseignements, marcher sans traditions, sans principes bien assurés. L’opération conduite par elle, a atteint le but assigné à ses efforts, mais a coûté des sacrifices plus grands que ceux des opérations précédentes. Les procédés