‹ Considérations sanitaires sur l'expédition de Madagascar et quelques autres expéditions coloniales, françaises et anglaisesChapitre 18 sur 133 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

2’ expédition contre les' ashantis (novembre 1895janvier 189C»)1

Quelques mois avant de faire cette expédition de Dongola, l’Angleterre avait été amenée à faire une seconde expédition contre les Ashantis. On devait y mettre à profit l'expérience des précédentes guerres coloniales et surtout de celle qui avait été faite dans ce même pays en 1873-1874.

Le pays et le climat nous sont déjà connus. La résistance que devait offrir l’ennemi ne serait pas grande, car on était maître de la route jusqu’à la Prah. De nombreuses tribus, autrefois hostiles, donnaient un concours assuré. On supposai!, et l’événement a prouvé qu'on avait raison, que l'expédition ne serait qu'une simple promenade militaire. Mais dans un pareil climat on ne peut faire ces promenades qu’avec les plus extrêmes précautions, car ce n'est pas l'ennemi qui fait fondre les effectifs.

En raison de la résistance militaire insignifiante qu’on

I. Itevne militaire de l'étranger (juillet 1896' : colonel Srplans, loc. cil.

2e EXPÉDITION CONTRE LES ASHANTIS

s'attendait à rencontrer, la colonne ne comportait que de faibles effectifs. Une troupe de 3.100 hommes, dont 1 .030 Anglais seulement , devait suffire.

Les premiers ordres du ministre de la Guerre pour la formation de l'expédition furent lancés le 9 novembre J8951.

Les départs de transports de troupes et de matériel furent échelonnés.

/ 6 novembre. — Départ de Y Angola avec : des charges de porteurs, des outils, le campement- et l’équipement pour 500 hommes, 30 officiers ou soldats du service du matériel, de l'intendance, du télégraphe. Ce personnel doit opérer le déchargement du navire avec les indigènes et organiser les porteurs nécessaires à l’expédition.

23 novembre. — Le Bathursl emporte sir Francis Scott, commandant l'expédition et 125 hommes comprenant une partie du personnel du génie , de l 'intendance, du matériel et de santé ; 40 tonnes de matériel sont à bord.

30 novembre. — Le Loanda part avec 25 officiers et 53 hommes de troupe appartenant aux services du génie, du matériel et de santé. Il emporte aussi un détachement d'artillerie destiné à remplacer à Sierra Leone une partie du régiment West India envoyé à la côte d'Or.

Dans ses cales, il a 7.000 charges de porteurs, 200 tonnes de vivre et 50 tonnes de matériel.

.5 décembre. — Départ du Manila avec ’d 00 hommes du West Yorkshire.

7 décembre. — Départ du Coromandel avec un bataillon composite et 00 officiers ou hommes du service du génie ou de santé (Ce dernier service en compte à lui seul 43). Le Coromandel était emménagé pour servir d'hôpital ; en dix jours son installation avait été terminée.

1. Nous suivons dans cet exposé l'excellente étude <jue le « Spectateur militaire », de septembre 1896. a publiée sur cette expédition.

Organisation des services. — Sur le théâtre des opérations, tous les services avaient été réglés dans les plus grands détails.

Etapes. — Cape Coast Castle devait être la hase générale des opérations. On y installe un dépôt de matériel, deux hôpitaux dont un à terre de Tu lits, et un flottant. La distance de Cape Coast à Prasuh 116 kilom. fut partag e en sept étapes de longueurs inégales. Celles qui étaient plus voisines de la côte étaient les plus courtes, de manière que la longueur progressive des étapes amenait l’entrainement ; elles étaient successivement de 11 kilomètres, 11, 10, 24, 18, 18, 24.

Les autorités coloniales, avec la main-d’œuvre fournie parles habitants des villages, mirent les routes en état jusqu’à Prasuh.

A chaque gîte d'étape, avant l’arrivée du corps expéditionnaire, on construisit un camp formé de huttes pour -400 hommes ; les huttes étaient faites de bambous, couvertes de feuilles de palmier, avec des lits de camp en bambous surélevés de 40 à 60 centimètres au-dessus du sol ; chacune pouvait contenir 30 hommes. Elles étaient, en somme, copiées sur celles qui avaient été construites pour la première expédition.

Les hommes couchaient sur les lits de camp, enveloppés dans leur couverture ou leur drap imperméable.

Les officiers étaient logés dans des cases séparées, et couchaient dans les hamacs qui avaient servi à les transporter pendant la route.

Tous les travaux de construction des camps furent terminés en six semaines.

Un dépôt de sept jours de vivres et le matériel pour un hôpital de 40 lits furent réunis à Mansu. Une garnison de 160 hommes du West India y fut laissée.

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