Chine et Cochinchine. par le baron de Dazàncourt
EXPEDITION DE COCI1INC11INE
naire : « J'ai signalé à Votre Excellence les pertes con- <« sidérables que le corps expéditionnaire a faites. Le « chiffre des décès baisse depuis quelques jours, mais U’
« nombre des invalides augmente Les compagnies
« d’infanterie qui ont le moins souffert comptent d& 30 « à 35 soldais en état de faire le service. Le bataillon « d’infanterie récemment arrivé et la compagnie d’ar- « tillerie sont les corps qui ont fait les pertes les plus « grandes. La compagnie d’artillerie ne compte que « 20 soldais valides. Les équipages n’ont pas été moins « maltraités, et, sans les auxiliaires tagals que M. le « capitaine général des Philippines peut rappeler d'un « moment à l'autre, les bâtiments seraient désarmés.
« Vous voyez, Monsieur le Ministre, que tout ici tend « à la ruine, hommes et choses, car vous savez déjà « depuis longtemps dans quel état se trouvent les appa- « reils de la plupart des navires à vapeur, dont je vous <> avais demandé le remplacement. »
L'amiral demandait 3.000 hommes de renfort pour mener à bien une expédition.
lin réponse, le ministre lui fit savoir qu’il lui était impossible de satisfaire à ses demandes, et l’engageait à entamer des négociations conciliatrices. Il le laissait juge de l’opportunité d’une évacuation complète de la Cochinchi ne.
La politique coloniale de la France était ainsi conduite.
Au mois de février 1830 l’amiral, prenant une partie des troupes retranchées devant Tourane, et ayant reçu quelques renforts, était parti pour attaquer Saigon. Arrivé le 11 février au cap Saint-Jacques et le 10 devant Saïgon, après une action très courte il avait emporté la ville le 18 février. Il y laissa une petite garnison de 700 à 800 hommes, sous le commandement du capitaine de vaisseau d’Ariel qui se maintint par des prodiges d’énergie dans la citadelle conquise.
Les négociations entamées n’eurent aucun résultat. Rompues le 15 septembre, il y eut un nouveau combat sur la route de Hué, après lequel nos troupes rentrèrent exténuées dans leur camp, bien qu'elles n eussent pas fait plus de deux ou trois heures de marche, et sans sac. Les ambulances étaient remplies de fiévreux.
Le 13 mai 186U les retranchements de Tourane furent évacués. L’occupation avait duré 19 mois ; elle avait coûté plus -de 1.300 hommes.
L'amiral Rigault de Genouilly, gravement atteint par la maladie, fut obligé de rentrer en France. En janvier 1861 l’amiral Charner arriva avec un corps de plus de 3.000 hommes composé ainsi qu’il suit :
Infanterie de marine 800 hommes environ
Marins débarqués 1.000 hommes.
Armée de terre
officiers soldats
chasseurs à pied
chasseurs d’Afrique. . . .
artillerie
génie
intendance
Il y avait à Saïgon une petite garnison qui comptait de l’infanterie de marine et 230 soldats espagnols. On forma un corps de 600 coolies à Canton.
La flotte de guerre et de transports comptait 46 navires do lotis rangs. Après s'ètre emparé, au mois de février, dos lignes de Ki-lloa où 300 Européens furent mis hors do combat, l'amiral dirigea une expédition sur Mythe. Il fallut détruire une série de barrages sur les arroyos. Les hommes, sans protection suffisante contre le soleil, travaillaient ayant le corps dans la boue ; le
EXPEDITION DE COCHINCHIXE
choléra fit son apparition, et ceux qu'il épargnait avaient la fièvre ou la dysenterie. Le 7 avril, 150 hommes des chasseurs étaient d,éjà évacués. Les infirmiers manquent ; ce sont les coolies qui frictionnent les malades. « Les cadavres de ceux qui expiraient, noircis par le fléau, étaient disposés dans le premier moment au fond des barques, au milieu des vivants 1 ». Les malades étaient évacués dans les chaloupes à chevaux.
Les équipages des navires, qui participaient très activement à toutes les opérations, n’étaient pas épargnés. Une chaloupe de la Loire perdit 5 hommes en quelques heures ; les hommes de l’équipage d’une baleinière du Comte-Bourdiois moururent tous; ceux du Monge furent décimés.
Plus tard, des colonnes furent dirigées sur Baria et \inh-Long, et de juin J 862 à août 1863 on eut à réprimer une insurrection qui nécessita l’envoi de renforts pris dans le corps d’occupation de Chine, et 800 soldats indigènes envoyés de Manille.
Statistiques. — Dans la période qui s’étend du mois d’août 1838 au mois de décembre 1861, les pertes subies par les troupes françaises qui ont composé le corps expéditionnaire se sont élevées à 2.076 hommes. Ces pertes se répartissent ainsi :
équipages des navires et marins débarqués
Infanterie de marine
Artillerie et génie
Chasseurs à pied et 101° de ligne
606 hommes 1 .163 170 2