EXPEDITION DE COCHINCHINE
Sur le littoral on éprouve pendant la saison d’été l’effet bienfaisant des brises du large. Comme en Cochinchine, le passage de la saison sèche à la saison humide est particulièrement dangereux. Pendant la saison fraîche, de novembre à mars, l’abaissement de la température est notable.
La pathologie est la même qu’en Cochinchine, avec une moins grande fréquence des maladies.
C’est à ces influences climatériques, sur lesquelles on ne possédait pas de notions exactes, que les troupes françaises allaient être soumises sans aucune disposition capable de les contre-balaneer. Elles avaient le même équipement qu’en Europe; pas de vêtements légers de toile ; pas de casque ; pas de moyen de correction de l'eau potable ; aucune protection, par suite, contre la chaleur torride et la souillure de 1 eau.
Opérations. — Après s’être établi à l’entrée de la rade de Tourane, l’amiral Rigault de Genouilly essaya quelques attaques sur Tourane et sur la route de Hué ; mais il était obligé chaque fois de faire rentrer les troupes au camp.
Pendant tout le jour la chaleur était accablante ; les hommes, insuffisamment protégés contre le soleil, épuisés, s'arrêtaient parfois subitement en chemin comme frappés de vertige. L’amiral prescrivit de ne commencer les mouvements des troupes qu’à la tombée du soleil. Malgré cela, et bien que la durée des marches n’excédàt jamais deux heures, plusieurs soldats succombèrent très rapidement, frappés de coups do chaleur.
Le 28 septembre, la ligne de défense était terminée, mais au prix des pertes les plus cruelles. La dysenterie, les fiôvrc-s pernicieuses el la scorbut vinrent Irapper les troupes, qui avaient déjà été éprouvées par la choléra à
l'expédition DE MADAGASCAR
Campés sur une plage sablonneuse, insuffisamment abrités par des tentes ou de mauvaises baraques contre le soleil brûlant ou les pluies torrentielles du commencement de la mousson de nord-est, nos soldats étaient, en outre, assujettis à des travaux de terrassements considérables.
L’amiral essaya d’améliorer un peu l’état sanitaire, en augmentait les baraquements, en modifiant l'alimentation et surveillant l’état des hôpitaux.
En même temps, comprenant qu'il ne pourrait jamais aller par Tourane imposer ses conditions à la cour de Hué, il forma le projet d'aller s’emparer de Saigon et de la basse Cochinchine. Au mois de janvier 1869 l'amiral Rigault de Genouilly écrivit au ministre pour lui rendre compte de la triste situation du corps expéditionnaire et lui proposer une attaque sur Saigon. Il faisait ressortir l’impossibilité de marcher sur Hué. par suite de l’absence complète d’équipages de campagne nécessaires. Il ajoutait : « On a vanté la salubrité du climat, le climat est insalubre » Tel était le dénuement du matériel où l’on se trouvait, et la pénurie des renseignements que l’on possédait sur ce pays.
On ne s’était pas fait, en France, une idée exacte des difficultés de l’entreprise que le ministère, au nom de l’Empereur, avait ordonné à l’amiral de tenter dans cette région si mal connue.
Chaque mois enlevait près de 100 hommes de l'effectif, morts de dysenterie et de choléra. Au mois de juillet 1869 la situation était. si précaire que l’amiral appela avec de nouvelles instances l’attention du gouvernement, qui était absorbé à ce moment par les préparatifs de l’expédition d’Italie. 11 le faisait en ces termes, qui indiquent bien quel était le désastre subi par le corps cxpédilion-