TOTAUX
Fièvre typhoïde
Fièvre intermittente.
Fièvre rémittente . . .
Dysenterie
Hépatite
Insolations
Tuberculose
Maladies organiques.
Morts accidentelles..
Suicides
Tués à l’ennemi ou morts de blessures.
l’expédition de madagascah
La mortalité causée par les maladies, et suivant les corps, s’est répartie dans les proportions indiquées dans le tableau suivant :
Infanterie de France
Tirailleurs
soi! 30 0/00 de l'effectif.
Lésion
2P bataillon d’Afrique
Autres corps
Au total : 208 décès, soit 35 0/00 de l'effectif; en sept mois.
Il n’est pas question des troupes de la Marine. Dans les nombres qui précèdent on n’a pas compris les décès survenus parmi les rapatriés en cours de route ou après le retour en France.
La morbidité (entrées à l’hôpital) a oscillé de 33 0 00 hommes à 122 0/00 hommes par mois. Le mois qui a présenté la plus forte morbidité est le mois de juillet. .4 partir du mois de septembre , les troupes ont du repos : la morbidité, qui était encore de 96 0/00 le mois précédent, descend aussitôt à 74 0/00, et le chiffre mensuel des décès, qui était de 84 en juillet, descend à 22 en septembre, et 14 en octobre.
La moyenne mensuelle des indisponibles était environ de 2.200 soit 290 pour mille hommes d'effectif *.
Le Dr Hocquart attribue les « grosses pertes » subies par le corps expéditionnaire dans cet été de 1881. pour une part minime au climat de la colonie, mais surtout au « surmenage » des hommes, obligés de courir dans les rizières, dans la boue, dans l’eau, et couchant où ils pouvaient, souvent sans abri. Nous avons vu qu'on ne leur a pas épargné la fatigue du port du sac, la marche pen-
1. Ferry a donné, dans son livre surle Tonkin, une proportion de 28 décès pour 1.000 dans l'année 1881 entière, et pour 12.800 hommes d'effectifj et 22 pour 1.000 pour 1883, avec£.000 hommes d’eiïeetif maximum.
EXPÉDITION DU TONKIN
dant la saison chaude el aux heures chaudes du jour. Enfin, ils n'avaient pas tous un équipement approprié aux pays chauds L
11 faut noter le nombre considérable d’insolations (40) qui frappent les Algériens comme les Européens. Le nombre de dysenteries (00) et de fièvres typhoïdes (77), montre suffisamment qu’on n’exerçait pas une surveillance assez grande sur l’eau destinée à la boisson.
Octobre 1 884 : Marche sur Kfp. — Le u octobre 1884, après cet été si rude pour les troupes, on dirigea une opération sur Kcp, pour repousser les Chinois qui tenaient le pays et avaient surpris une de nos colonnes. On peut se rendre de Hanoï à Kep en suivant la grande voie mandarine. Les soldats marchaient difficilement sous le soleil très ardent encore du mois d’octobre. Arrivés sur les bords du Song-Thuong les hommes, harassés, se laissèrent tomber sur l’herbe el s’v couchèrent * tout le long ; le DrHocquart nous a laissé un tableau saisissant de ce que fut cette marche : « Les hommes ploient sous leurs sacs Nous finissons.... par attein-
dre un terrain sec mais accidenté et couvert de grandes herbes au milieu desquelles nous disparaissons jusqu'au cou et où nous avons peine à nous frayer un passage. Le soleil est plus ardent que jamais. Les soldats empêtrés dans les broussailles au milieu desquelles ils ont mille peines à se mouvoir, sont haletants et couverts de sueur. Malgré leur énergie ils commencent a ralentir le pas, et à fléchir sous le poids de leur sac eide leurs cartouches
« ... Pendant que les troupes font halte à l’ombre, je retourne en arrière avec un certain nombre de coolies portant des brancards ouverts. Toute la route suivie
1. C’est dans le second semestre 1885 seulement que les troupes de la Guerre ont reçu des effets coloniaux . nous dirons plus tard pourquoi.
par la colonne à travers cette plaine funeste est comme jalonnée par les corps inertes des malheureux soldats frappés par le soleil. Nous en relevons 40 à 30 respirant à peine, que je fais transporter aussi rapidement que possible dans une petite pagode »
Et plus tard, après le combat, lorsqu'il fallut ramener | les malades et les blessés à Phu-lang-Thuong, les moyens 1 dont dispose l'ambulance sont insuffisants.. On manque I de brancards, et ceux que l'on a n’ont pas de toile de ■ protection contre le soleil et la pluie.
Voilà ce qu’étaient les marches des troupes françaises au Tonkin en 1884. Ça n'a pas beaucoup changé depuis celte époque, et les soldats sont toujours conduits avec aussi peu de ménagements pour leurs forces.
Expédition contre Lang son. Concentration des troupes à Chu ; préparatifs. — On avait voulu, à cette époque, refouler au delà de la frontière les masses profondes de troupes chinoises qui avaient envahi le Tonkin le long de la route de Langson à Hué, et qu'on venait de heurter et de vaincre à Kep. Le général Brière de l'Isle. ayant pris les fonctions de- commandant en chef, prépara méthodiquement tous les éléments de celte expédition. La concentration se fit à Chu. Un camp y fut organisé du mois de novembre 1884 au mois de janvier 1885. Cette période de préparation est fort intéressante à parcourir, car tous les détails d’organisation auxquels fut obligé de s’arrêter le nouveau général en chef pour celte colonne de grande envergure démontrent, mieux que lous les autres faits, les vices d'organisation dont souffrait jusqu’à ce jour le corps expéditionnaire. 11 fallut tout improviser. Qu’on en juge :
Huit mille soldats européens et huit mille Asiatiques ou coolies devaient y être rassemblés. La constitution du service des transports dans un état approprié aux néces-
EXPEDITION DU TONKIN
silésdupays fut l’objet des premières préoccupations. La première colonne envoyée vers Langson avait permis d'établir qu’il ne fallait, hors du Delta, compter que sur les convois pour alimenter les troupes. Il fallait tout porter avec ou derrière les colonnes, et, à défaut de routes carrossables qu’on ferait plus tard, se servir d'abord des coolies. Mais le mode de transport des gros fardeaux pâlies coolies consistant à atteler 15 ou 20 hommes à une caisse, à un tonneau, déjà plein d'inconvénients sur les digues étroites du Delta, était impraticable dans la région montagneuse et dépourvue de routes qu’on allait parcourir de Chu à Langson. Le vin continuait à arriver au Tonkin dansjies barriques de 225 litres ou des futailfes de 750 litres. Le général Brière de l’Isle demanda au département de la Marine l’envoi de vin dans des bordelaises ou des demi-bordelaises, et du talia dans des tonnelets. Le ministre répondit que les marchés passés avec les fournisseurs étaient faits de manière que le vin devait être livré dans des pièces marchandes. On n’y pouvait rien changer. Il en était de même pour les autres colis.
Il fallait y remédier sur place. Le général fit fabriquer au Tonkin des tonnelets de 25 à 30 litres et de 50 à 60 litres. Il fit diviser en deux les caisses de conserves, de viande et de biscuit. On prit la même mesure pour les caisses de munitions1, chaque coolie ne pouvant porter •que 40 kilogrammes au maximum.
Espérant que les chemins frayés par la colonne pourraient être améliorés et rendus carrossables par des ateliers organisés sur l’arrière, travaillant en sécurité et utilisant les ressources du pays, le général prit les me-
1. Les caisses de conserves de biscuit pesant 68 kilogr. lurent réduites à un poids de 35 kilogr. contenant 50 rations. Les caisses de conserves de viande de 7'2 kilogr. lurent réduites à 37 kilogr, l'-tO rations). Les caisses de cartouches pesant 76 kilog. furent réduites à 40 kilogr.
sures pour compléter le transport des approvisionnements. Les coolies suivraient les troupes dans tous les mouvements dans tous les terrains, formant un convoi mobile et léger. En arrière on formerait les convois avec des animaux de bât, et aussitôt que les travaux de routes activement poussés les auraient rendus carrossables, on se servirait de voitures. Les compagnies du train avaient amené de France des mulets qui avaient rapidement succombé. Sans plus tarder, des bœufs furent achetés dans le pays et dressés par les soldats du train : on en eut jusqu’à 600. On se procura 300 petits chevaux annamites ou tartares). Enfin on ût construire une grand nombre de petites voitures à voie étroite pouvant porter de r»î>0 à 700 kilogrammes. Elles rendirent plus tard de très grands services et ont été bien supérieures aux voitures Lefèvre comme moyens de transport sur les routes L
Frappé de l’insuffisance du matériel des ambulances, le général ordonna d'expérimenter le palanquin annamite en corde avec toiture et un brancard avec fond en maille de rotin.
La ration alimentaire fut déterminée et réduite 2 : on