‹ Considérations sanitaires sur l'expédition de Madagascar et quelques autres expéditions coloniales, françaises et anglaisesChapitre 54 sur 133 · IG · texte numérisé non relu

IG

A la date du 1er juin, les réductions d'effectif étaient :

LEXPÉDITION DE MADAGASCAR

Infanterie de marine . ,

Bataillon d’Afrique

Légion d’Afrique

Artillerie de marine . . .

G énie

Il ressort des tableaux qui précèdent, que le chiffre des hommes atteints par le feu de l’ennemi a été proportionnellement plus élevé que dans les autres expéditions coloniales.

Le chiffre total des morts (maladies, tués par le leu de l’ennemi) est de 299.

Il y a eu : 74 tués,

atteints par le feu de l’ennemi ;

Ou, pour 3.582 hommes d'effectifs, une proportion de : 147 blessés et tués pour 1.000 hommes.

Soit : 20 tués pour 1.000 hommes.

Le chiffre des décès par maladies est de :

Soit :• 62,8 p. 1.000 de l'effectif total ;

Soit : 121 p. 1.000 de l’effectif européen.

Enfin il y a 752 hommes européens rapatriés :

•Soit : 500 p. 1.000 de l’effectif.

Il faut remarquer-le chiffre énorme des rapatriés parmi les hommes de la compagnie d'infanterie de marine. Sur 241 hommes d’effectif, cette compagnie a perdu 4 hommes par le feu, 31 par la maladie, el on a rapatrié 80 pour 100 de l’effectif total.

Elle était composée d’hommes de 18 à 22 ans. Dès le mois d’octobre elle avait fondu complètement.

454 blessés.

Total : 528 hommes

173 Européens, 52 indigènes.

Total : 225 morts par maladies.

Les légionnaires donnent une proportion dé 45 °/0 de rapatriés; mais il convient d’observer que plus d’un tiers fut rapatrié seulement à la fin des opérations.

La morbidité moyenne journalière des Européens dans la période d’août à novembre, soit pendant 120 jours, a été de 90 environ; soit : G2 p. 1.000 de l'effectif européen.

Critique. — Des chiffres qui précèdent il résulte que la mortalité par maladies a été assez élevée parmi les troupes de l’artillerie et de l’infanterie de marine composées de jeunes soldats (05 décès sur 173).

Il faut remarquer que les opérations de guerre se faisaient dans une des régions les plus insalubres du globe, et que la résistance de l'ennemi a fait durer la période active pendant plus de trois mois.

L’expédition avait été préparée, avec un soin inusité par le commandant en chef, et si la morbidité et la mortalité ont été encore aussi élevées, il faut en rechercher ['explication, en partie, dans la trop grande jeunesse de certaines troupes, et dans l’extrême insalubrité de cette partie de l’Alrique. Grâce à l’emploi dans de très grandes proportions de soldats indigènes, grâce au soin qu’on a pris d’alléger les soldats européens de la moitié de leur charge ordinaire, et de les faire suivre d’un nombre de porteurs inusité, grâce aussi à l’application de mesures sanitaires sagement édictées et rigoureusement employées, on a pu épargner au corps expéditionnaire des pertes qui, dans d’autres conditions, eussent été énormes.

Cependant nous avons pu relever au cours de cet examen des lacunes et des retards qui ont nécessité l'improvisation, sur les lieux, des moyens qui manquaient. Les moyens de transport pour les malades étaient insuffisants, les évacuations se faisaient défec-

tueusement, les filtres ne fonctionnaient pas, l’ambulance n° 3 est arrivée après le commencement de l’expédition; il a fallu improviser des abris, des récipients poulies médicaments; le chiffre des médecins et du personnel infirmier était trop peu élevé. Dans cette expédition comme dans celle du Soudan, quoique moins complètement, le commandant en chef a mis en application ce principe salutaire : le soldat européen, dans les pays chauds, est un instrument supérieur de^combat qu'il faut ménager dans les marches, auquel il faut épargner des travaux trop pénibles, afin de 1 amener intact et valide devant l’ennemi.

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