CHAPITRE PREMIER
Les notions fournies par les expéditions coloniales précédentes permettent d’étudier avec plus de fruit la campagne qui s’est terminée à Madagascar par la prise de Tananarive. Les moyens employés, la conduite des opérations, les résultats sanitaires obtenus pourront être le sujet de comparaisons instructives. A ce titre, les considérations qui précèdent n'auront pas été inutiles, car elles permettront de mesurer l’étendue des progrès accomplis, ou le parti que l’on a su tirer de l’expérience1.
t. Le rapport d'ensemble adressé au ministère de la Guerre, et publié au mois de septembre 1890 par le Journal Officiel, contient un récit très complet de cette expédition. Il expose avec une parlaite sincérité et une impartialité absolue fous les travaux préparatoires, l'exécution de l’expédition, les difficultés de l'entreprise. Conçu et écrit avec une clarté saisissante, il constitue un document unique et très précieux. Bien que l’auteur de ce rapport annonce dès le début qu’il n'a pas voulu faire un historique complet de 1 expédition, et qu il promette des travaux complémentaires susceptibles de mettre en lumière tous les enseignements que ces faits comportent, grâce à lui, il n’en
182 l’expédition de madagascab
Géographie médicale. — Madagascar est une grandi' île n de forme ovale dont le grand axe commence au cap I d’Ambre, au nord-est, pour se terminer au cap Sainte- | Marie, au sud-ouest. Ellemesure 1.315 kilomètres du nord® au sud. Son grand axe est un peu oblique du nord-nord-est au sud-sud-ouest. En longitude, ses points extrêmes sonll le cap Saint-Vincent, à l’ouest, -41° E. et la pointe d An- { gotsy, à l’est, 48° E. , séparés par une distance de 600 kilo- j mètres. En moyenne, sa largeur est de 300 kilomètres, j Elle est située entre les 12e (11° 37' 35") et 25® degrés j de latitude sud (25° 38' 55"). Cette île appartient doncpar sa position géographique à la zone torride.
Elle présente sur ses côtes, dans sa partie septentrionale, à l’ouest et à l’est, de nombreuses découpures qui forment de grandes et belles rades pour les navires. Dans la partie sud on ne trouve, au contraire, aucune échancrure importante. Vue du large, à 1 est, 1 île présente un immense amphithéâtre très rapproché de la côte, s’élevant rapidement, recouvert d'une épaisse végétation, et dont les sommets les plus élevés se perdent dans le lointain. Ce versant de l'ile est très accidenté et très montagneux. Le versant ouest offre de vastes étendues qui montent en pentes douces vers la grande chaîne faîtière. Au sud, on trouve des plateaux de sables, dépourvus d’eau, stériles, et au centre un amas de montagnes au sol argileux, rouge, dépouillé *1 arbres. Le système orographique de 1 île a été bien décrit par M. Grandidier1 et le H. P. Piolet, de la Société de Jésus 2 ; c’est à leurs descriptions qu il faut recourir
est pas moins possible de faire des maintenant, en rapprochant ce rapport des publications déjà parues, une etude comparée des dispositions principales intéressant l’hygiène.