‹ Considérations sanitaires sur l'expédition de Madagascar et quelques autres expéditions coloniales, françaises et anglaisesChapitre 7 sur 133 · Le Roy de Méricuurt, toc. cil · texte numérisé non relu

Le Roy de Méricuurt, toc. cil

( jolden-Fleece

cadres

hommes

lits d'officiers

Queen of South

Mauritius

L'espace cubique réservé à chaque malade était de 30 à 33 mètres cubes. Les cadres étaient disposés sur un seul plan. Une large ventilation est assurée par les sabords dans deux des navires, par des pankas, ou par des systèmes de tuyaux. Tout est prévu pour le lavage des water-closets, les ablutions des malades, etc. Des appareils spéciaux sont installés pour hisser sur le pont les malades trop fatigués.

Chacun de ces navires est muni d’appareils réfrigérants, d'appareils à faire la glace, d’appareils distillatoires pouvant donner près de 7.000 litres par jour. Les provisions de table sont considérables, le personnel des cuisines est très nombreux ; enfin, les pharmacies du bord sont largement dotées de quinine, de cantines médicales et de pharmacies de campagne admirablement ordonnées.-

L installation de ces navires eut lieu sous la direction du Dr Massy, le chef du service sanitaire de l’armée.

Le directeur général du service de santé de l’armée rédigea des instructions succinctes et complètes (pour les médecins du corps expéditionnaire) indiquant les moyens le se mettre en garde contre les principales causes de maladie: influences climatériques, maladies des indigènes, conditions inhérentes aux armées en campagne.

Une avant-garde devait sclablir à Pavance, choisir un aoint de débarquement, ouvrir des routes, créer une oase d’opérations sur les plateaux, en un mot prendre eûtes les mesures pour que le corps expéditionnaire pfif

l'eXI'ÉDITIOX DE MADAGASCAR

franchir rapidement la zone côtière. Des bases d opérations échelonnées seraient ainsi créées, et 1 armée s avancerait par bonds successifs.

Opérations militaires. — Une commission de reconnaissance, partie le 16 septembre de Bombay, débarqua le 3 octobre 1867 à Massoua. Elle était présidée par le colonel Merewther, officier très expérimenté, ayant résidé longtemps à Aden et connaissant déjà l'Abvssinie, et était composée des représentants des divers services.

Les 12.000 hommes du corps expéditionnaire devaient arriver successivement, par échelons égaux au quart de l’effectif total.

Un poinl de débarquement fut choisi à Malkatto. dans la baie d’Àdulis. On s'assura aussitôt qu'on trouverait une partie des animaux de bat (mulets et chameaux) sur place ou dans les pays très voisins, on recruta des muletiers ; des jetées furent construites pour faciliter les débarquements.

L’eau d'une petite rivière, le Hodas, qui traversait le territoire occupé, commençant à manquer, on demanda en Angleterre des appareils distillatoires pour l’eau de mer.

On comptait surtout sur les appareils à condensation des navires, qui pouvaient fournir 133.000 litres d'eau par jour.

Le 13 octobre arrivait un premier détachement de soldats du train; le 20 octobre des mulets arrivent de Suez, mais ils arrivent nus. Les bâts commandés en Angleterre n’étaient pas encore prêts. Déjà se faisaient sentir les inconvénients d’avoir des conducteurs qui n'avaient pas reçu" instruction nécessaire et qui n'étaient pas encadrés.

Les muletiers arabes recrutés sur place ou à Suez étaient impuissants à maîtriser et à dresser les mules'

mal harnachées. Les bêtes se précipitaient en désordre autour des mares où elles allaient à l’abreuvoir. Ces mares furent bientôt des bourbiers infects.

Sur ces entrefaites la brigade d’avant-garde arriva, le dO octobre. Elle ne peut débarquer que le 30. On n’avait pas encore réussi à créer des magasins et des approvisionnements suffisants. Les troupes mangèrent une partie des vivres apportés avec elles : il y avait deux mois de vivres sur les transports qui les avaient amenés, et quatre mois sur les transports suivants.

Celle première brigade possède aussi un convoi de. il 1 mulets et 30 bœufs amenés avec elle et qui peuvent la suivre; mais elle ne peut aller loin parce qu’on ne peut pas assurer, sur l’arrière, les ravitaillements.

Une épizootie s'est, en effet, déclarée parmi les animaux rassemblés; mal soignés par des conducteurs inhabiles, mal nourris, buvant de l'eau des mares souillée par les cadavres îles animaux crevés, les mulets meurent en grand nombre.

C'est le 0 décembre seulement qu’on parvient à compléter le convoi, avec des animaux pris sur place, et que la brigade d’avant-garde peut se mettre en marche pour monter jusqu’à Sénafé.ll y avait plus d’un mois de retard.

La deuxième brigade était arrivée sur rade depuis le i décembre ; mais elle était clouée sur le rivage par l’insuffisance des moyens de transport. On avait perdu beaucoup d’animaux par la maladie ou par la fuite.

Ils s’échappaient aisément des mains de leurs conducteurs, brisant les liens quand ils étaient à l’attache. Les muletiers arabes, les chameliers persans et égyptiens désertent en masse. L’eau des mares ou des puits est en quantité insuffisante sur le littoral, et l’eau de boisson fournie par les vaisseaux est encore en trop petite q nanti té.

Le 6 décembre le service des transports ne possédait que 2.000 mulets harnachés et Gi muletiers L

Enfin la deuxième brigade venue de l lnde n'avait pas encore reçu les vêtements chauds qui devaient être expédiés d’Angleterre. Pour cette raison aussi elle ne pouvait pas s’avancer vers les plateaux où le thermomètre marquait à ce moment zéro dans la nuit.

Telles étaient les difficultés graves que rencontrait à ses débuts l’expédition préparée cependant avec tant de soins par sir Napier. Elles résultaient toutes de l'impossibilité de constituer convenablement le service des transports, et cette impossibilité était elle-même la conséquence du défaut d’une organisation régulière des convoyeurs. De là le défaut de soins pour les animaux, l'épizootie, les pertes par la fuite, le mauvais dressage. Les troupes et le matériel s’accumulaient par suite sur le littoral, dans un point où l'eau faisait défaut au début. C'est la « faillite du train » (Failure of the train), suivant l’expression caractéristique des Anglais.

Le général Staveley met de l'ordre dans tous les services, il fait nettoyer les mares, détruire les cadavres dés animaux. Des demandes instantes de soldats hindous sont adressées a Bombay pour encadrer les conducteurs. Les navires sur rade sont retenus pour fournir de l'eau. Ils en fournissent bientôt plus de 60 tonnes par jour.

Mais on ne peut pas marcher en avant parce qu'il n'est pas possible de constituer encore des réserves à Sénafé. C’est avec beaucoup de difficultés qu'on peut transporter les vivres nécessaires aux 1 .600 soldats et J. OOO suivants d’armée (followers) qui s'y trouvent.

On travaille activement à faire une Toute qui ira jusqu'à Sénafé et sur laquelle pourront rouler les petites voitures maltaises.

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