Rapport officiel
256 l’expédition de Madagascar
Quelles sont les dispositions qui avaient permis de ne pas surcharger les hommes? 11 n est pas question de 1* ~ alléger de leur sac et de réduire leur charge de moitié en faisant porter leurs bagages au convoi. Chaque bataillon aura un certain nombre de voitures Lefebvre pour formel le train du corps; mais chaque homme portera son sac. On retombe dans les errements du passé.
En effet, une décision ministérielle en date du 12 février 1893, déterminant le poids et le volume des bagages accordés au personnel du corps expéditionnaire, donnait l’énumération du personnel ayant droit au transport des bagages, et faisait connaître que ces bagages seraient transportés sur animaux de bat ou toitures Lefebvre . Avaient droit à ce transport, dans les proportions indi-
’l. Caisses à bagages : Chaque officier aura droit au nombre de caisses à bagages ci-après :
Colonel ou assimilé 4
Lieutenant-colonel ou assimilé °
Chef de bataillon ou assimilé ~
Officier subalterne ou assimile i
Aumônier *
Adjudant, vaguemestre, sous-officier non
monté ne portant pas le havresac 1 poui deux.
Le poids de ces caisses chargées est limité à 1 1 kilogr. pour officier? subalternes, avec 9 ldlogr. de supplément pour les capitaines. -
Cantines à vivres et tables : Une cantine à vivres par unité administrative (compagnie d’infanterie ; batterie, etc.) ou par groupes de cinq officiers appelés à vivre réunis, et une table pliante par cantine à vivres (poids : iO kilogr.).
Lits; moustiquaires ; pliants: Chaque officier a droit à un lit, une moustiquaire, un pliant (poids avec couvertures . 15 kilogr. >.
Tentes : En marche, une lente par officier supérieur ; 1 tente pour 2 officiers subalternes (poids : 50 kilogr. .
Les bagages seront chargés en principe sur les voitures Lefebvre qui peuvent contenir : 1 cantine à vivres et li caisses à bagages (12 caisses). Tous les récipients doivent être prépares de manière à pouvoir être transportés, te cas échéant, ii dos de mulet.
VIVRES ET MATÉRIEL DES SERVICES ADMINISTRATIFS 2.'i7
quées, tous les officiers ou assimilés, les employés militaires ou militarisés ayant rang d'officier, les adjudants, vaguemestres, chefs-armuriers et sous-officiers non montés ne portant pas le havresac. Tout le reste du personnel non compris dans l’énumération qui précède, portera le havresac.
La charge du fantassin sera de plus de .‘10 kilogrammes.
Les chefs anglais et quelques chefs français des expéditions antérieures se sont efforcés de réduire la charge des lantassins. Le colonel Galliéni va plus loin : il met le fantassin européen et sa charge sur un mulet. Les hygiénistes qui ont écrit sur l’expédition du Tonkin ont tous déploré le port du sac, sous lequel succombaient les soldats.
Le général Dodds avait réduit la charge des Européens à lü kilogrammes.
Le colonel Ortus, examinant les conditions dans lesquelles devait se faire l’expédition, écrivait : « Si, en Europe, le fantassin porte un chargement de 28 kilogrammes, dans les pays tropicaux il faut réduire ce chargement de moitié, et ne pas dépasser un poids de lo kilogrammes... L’expérience a été faite bien souvent: toutes les fois qu’il a fallu charger outre mesure le fantassin, on a eu un déchet considérable, dû aux fatigues de la marche sous un soleil torride qui épuise les forces de 1 Européen. Les Anglais le savent si bien, que dans leurs expéditions contre les Ashantis... le bagage de chaque soldat blanc (vivres, effets, etc.), était confié à un porteur, le soldat anglais ne portant exclusivement que son fusil et 80 cartouches, soit, avec l’équipement et 1 habillement, un poids qui ne devait pas dépasser 10 kilogrammes »». Et plus loin : « Le havresac doit être absolument proscrit... Il est remplacé par deux musettes en toile solide, couleur cachou, portées en sautoir à droite et gauche, et maintenues par le ceinturon de
C)gg ^,'ëXPÉDITION DE MADAGASCAR
manière que le poids porte sur les fesses et non sur les
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« Un paquetage devrait être fait avec :
« 1/2 couverture de laine,
« 1 toile caoutchoutée (système Valdezo) ou 1 toile d.
Le!tl Dans' cette dernière on roule le pantalon de drap, la vareuse de molleton, la flanelle de rechange, la chemise avec un mouchoir. La couverture est pliée en anneau Les paquetages sont mis au convoi et portés par des coolies « L'homme porte : les cartouches de réserve, les vivres de la journée (et souvent pour 3 ou 4 jours si 1 on manque de coolies), cuiller, couteau gamelle individuelle, nécessaire d'armes, brosses, chiffons dans les musettes ; un bidon avec quart ; 120 cartouches dans 3 cartouchières ; au total 15 kilogrammes au maximum, y compris le fusil. Chaque journée de vivres en plus pe*e 800 grammes, c’est un poids maximum qu il serait dangereux de dépasser. » . . ,
Ces conseils d’un officier expérimenté donnes a a veille de l’expédition iront pas été suivis, et les soldat* de Madagascar ont porté sur eux leur sac avec des vivres, 120 cartouches, la musette avec des petites vivres , au total plus de 30 kilogrammes. 11 faut ajouter que bien des officiers faisaient, quand ils le pouvaient, por par les mulets les vêtements de drap et couvertures
délivrés à Suberbieville.
Un magasin de réserve devait être créé a la base d’opérations; 1 .500 collections d’effets, et plus lard c es bourgerons de laine et des pantalons de drap destines
aux conducteurs auxiliaires, y furent réunis.
L'envoi de 80 grandes tentes et de 1.200 tentes a
. fut résolu.