‹ Considérations sanitaires sur l'expédition de Madagascar et quelques autres expéditions coloniales, françaises et anglaisesChapitre 82 sur 133 · bfancards · texte numérisé non relu

bfancards

500 couchettes“d’hôpital ;

2.500 supports-brancards avec moustiquaires (système Strauss) ; literie complète ;

3 appareils pour la stérilisation de l’eau : 1 pour 20.000 litres, 2 pour 10.000 litres;

10 tentes Tollet ;

27 tentes Tortoise modifiées;

37 tentes coniques ;

9’0 l’expédition DE MADAGASCAR

62 baraques démontables (Wehrlin-Espitalier, ,

Et un approvisionnement de médicaments.

Le matériel médical de chaque bataillon était identique à celui des régiments de France, augmenté de 2 paniers de quinine et d’une tente à 16. Au total, 1 infirmerie de chaque bataillon avait huit paniers 2 de chirurgie; 2 de médicaments; 2 de quinine; 2 de réserve), et déplus huit sacs d’infirmiers. Une partie du matériel contenu dans les paniers est inutile : la collection d imprimés inutilisable en campagne ; les "bidons de brancardiers inutiles puisque chaque homme a son bidon.

Le transport de ce matériel se fait à dos de mulets ou sur des voitures Lefebvre. Chaque bataillon devait avoir pour son infirmerie 2 voitures Lefebvre et 11 mulets de bât. En réalité il y eut d'abord 3 mulets pour le transport du matériel et 2 mulets pour le transport des malades, puis ces moyens de transport furent même supprimés.

L’infirmerie avait aussi huit brancards à capote du nouveau modèle, avec toile de fond tendue au moyen de deux tringles fixées aux hampes par leurs extrémités et articulées en leur milieu. Ces brancards sont commodes et il suffirait pour les rendre excellents que le cadre fut en bambou, que la toile fût mobile pour pouvoir être lavée; enfin et surtout qu’ils fussent munis d'un abri suffisant contre la pluie et le soleil. Ils sont un peu courts.

Le transport des malades devait se Taire sur animaux de bât ou sur voitures Lefebvre. Les malades de 1 infirmerie régimentaire étaient nourris par les compagnies. L'infirmerie n’avait ni vivres, ni ustensiles de cuisine. Cette organisation ne rappelle en aucune manière celle des infirmeries régimentaires ou des infirmeries-ambulances. Les ambulances sont du type n° 3, dit d Algérie. Elles devaient comprendre :

5 médecins ;

2 officiers d’administration ;

22 infirmiers ;

12 voitures Lefebvre;

8 mulets de bât ;

10 mulets de cacolet ;

10 mulets de litière ;

In nombre approprié de coolies qui sera déterminé à Madagascar.

Des deux officiers d’administration l’un est chargé de 1 alimentation et de l’administration proprement dite, le second est spécialement affecté à la tenue de la comptabilité très compliquée des formations sanitaires. Celte complication des écritures rend seule nécessaire la présence du deuxième officier d’administration, de même qu elle entraine le transport d’une masse énorme de registres et d’imprimés, qu’on s'est empressé de laisser à l'arrière à la première occasion.

Le matériel de 1 ambulance comprend, avec l’approvisionnement de réserve, 12 cantines (ou paniers) de chirurgie et de pharmacie ; 6 cantines ou paniers de vivres et objets divers ; et six cantines d’administration ; puis des ballots de couvertures, de brancards, de bâches, de tonnelets.

Cet approvisionnement est fait pour être porté sur des mulets. Les colis sont trop lourds pour être portés par des hommes. Ils seront transportés en grande partie sur des voitures, ainsi que les malades.

L objection principale faite à l’emploi des mulets et des voitures pour le transport des malades, c’est qu'il leur est très défavorable, surtout dans les terrains aussi accidentés que ceux qu’on est appelé à parcourir. Les litières et les cacolets sur bêles de somme, employés dans (expédition anglaise du Soudan, avait donné les

9Q2 L’EXPÉDITION de MADAGASCAR

plus mauvais résultats. Les secousses imprimées aux malades par la bête de somme, très pénibles en te ram plat, deviennent intolérables et dangereuses sur un 1er rain rocailleux, inégal, raviné, sur les routes en corniche. Les secousses, les balancements, les heurt, le. chutes, rendent ce mode de transport intolérable dans une étape un peu longue, même pour des malades peu graves. Que dire alors de l’emploi de voitures non suspendues sur une route improvisée en terram acaden o .

Dans toutes les expéditions c’est le brancard, le hamac ou la litière, portés par des hommes, qui ont eu les préférences des médecins et surtout des malades. C est aussi ce mode de transport qui se prête le mieux aux nécessités du terrain et aux habitudes des indigènes.

Le brancard réglementaire est bon en temps ordinaire, mais le malade n’est pas suffisamment protégé , il g isse lorsque le terrain est en pente, et les 4 homme, qui sont nécessaires pour le porter, débordant le bramai . ont besoin d’une route assez large pour pouvoir passer

à deux de front. .

Les brancards-hamacs du Dr Martine », du D Ramalh . répondent en partie à ces nécessités. Les « dhoohes » et les « dandies » usités dans l’Inde sont les modèles du genre.' Ce moyen de transport est depuis longtemps

recommandé b

Les tentes Torloise et les tentes Tollet constituent un matériel bien lourd pour une expédition coloniale. Les abris à ossature de bambous en toile à voile, composes de travées qu’on peut assembler en aussi grand nombre

Martine, Notes sur un brancard-hamac. in Arch. med.

2 Ramally, Nouveau mode de suspension des tançai ■' p marche en terrain accidenté, in Arch. mèd. milit., 1894.

3 Zuber, Histoire médicale de la campagne des Anglais en Lgypte en 1882, in Arch. med. milit., 1885. - Reynaud, loc.-cit.

que l'on veut, sont bien préférables. Le type créé pour le Dahomey serait susceptible, avec quelques perfectionnements, de rendre les meilleurs services.

D une manière générale, les abris destinés aux formations sanitaires mobiles, et les appareils de transport des malades doivent être légers (bambous et toile) et divisibles en parties susceptibles d’être portées par un homme. Les hôpitaux de campagne, très largement dotés en matériel, étaient appelés dans cette guerre à suppléer aux hôpitaux permanents qu’il serait impossible de trouver ou de créer sur la ligne de l’arrière. C’est à eux que va incomber le rôle de premier échelon des évacuations et de réserve des approvisionnements pour les ambulances. A cet effet, ils devront être munis de ressources importantes en médicaments, personnel de coolies, animaux de bât, moyens de transport.

Les baraques démontables Espitalier-Werhlin ', les

1. Chaque baraque peut contenir 30 malades; elle présente des cabinets de service, magasin, réfectoires et vérandas sur les grands côtés.

Pour chaque baraque ou pavillon, la charpente, en tubes de Ter, est composée d’un certain nombre de fermes identiques, chacune d’elles constituée par deux montants (tubes de 0,60 pour 100) formant colonnes, en rapport à leur partie supérieure avec des arbalétriers (tubes en fer de 40 millimètres) assemblés au faitage par des manchons et dont l’autre extrémité repose sur une deuxième rangée de eolonnettes extérieures qui délimiteront la véranda; deux autres tubes formant tirant, assemblés sur la colonne-support à 70 centimètres au-dessous de son sommet, réunissant le faîtage et ces eolonnettes. Les fermes sont assemblées entre elles par deux pannes placées symétriquement au faîtage et tout près de lui, par des liaisons établies entre les têtes de colonnes intérieures et extérieures. Des feuilles de tôle galvanisée, boulonnées les unes aux autres et placées immédiatement sur les arbalétriers, forment la toiture.

Les plafonds, séparés de la toiture par un intervalle de 70 centimètres, reposent sur les tirants ; les planchers, appuyés sur'dps traverses posées elles-mêmes sur des béquilles en fer élevées de 90 centimètres et ados-

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tentes-abris qui figurent à 1 approvisionnement, permettent d’hospitaliser simultanément 2.500 malades. Cela représente l/6e de l’effectif combattant. En ajoutant aux 15.000 combattants (soldats et officiers) 7.000 conducteurs, on obtient un total minimum de 22.000 hommes. Donc la proportion des places disponibles dans les hôpitaux n’est plus que 1/9° de l’effectif, puisqu'il n'y a pas d’hôpitaux spéciaux pour les indigènes.

Le service de santé était certainement « doté dans des proportions de largesse sans précédent dans nos expéditions coloniales ». Mais ces prévisions étaient-elles suffisantes? Les renseignements recueillis par les commissions d’études faisaient ressortir l'insalubrité générale du littoral de l’île et la grande difficulté des communications. La quantité de matériel était-elle assez grande, dans ces conditions, pour faire face aux besoins piobables ? La '-proportion paraît suffisante si les troupe^ européennes traversent rapidement les terres basses malsaines pour gagner les hauteurs salubres. Sinon, il faut se souvenir que, du mois d’août au mois de décembre 1893, en cinq mois , les 1.423 soldats européens du corps du Dahomey ont donné 1.092 malades, soit plus des deux tiers de l’effectif. Dans la même période, les 2.158 soldats indigènes ont donné 52/ malades, soit un quart de leur effectif.

Au moment d’établir les prévisions du materiel né* < >saire à la première expédition des Ashantis, le Dr Home

sées ii la parlie inférieure des montants, sont formés par des panneaux en bois ou des dalles en aggloméré montées sur armature métallique ; les murailles extérieures, les parois des chambres, simples ou doubles et par suite avec matelas d’air, sont constituées soit par ces panneaux en agglomérés engagés eux-mômes dans des montants, en fer ou en bois, et accrochés les uns aux autres, soit plus simplement par des treillages en fer garnis d’une sorte de feutrage imputrescible (fibres de coco). (Médecine moderne, 2 février lS'Jô).

estimait que : « une troupe européenne choisie , débarquée seulement le jour de la mise en marche, et vis-à-vis de laquelle toutes les précautions sanitaires auront été prises, et opérant dans ce pays pendant six semaines ou deux mois, peut compter au bout de cette période sur 30 ou 10 pour 100 d’indisponibles, à l’exclusion des blessés ». Grâce aux mesures prises, la morbidité fut seulement de 17 pour 100.

Le D' Home demandait 12 hamacs pour 100 hommes d’effectif. Le corps expéditionnaire de Madagascar sera doté de 3.600 brancards, soit environ 1 pour 3 combattants ; mais il n’est pas question encore de porteurs pour la manipulation de cet énorme matériel.

La proportion des places disponibles. dans les formations sanitaires est moins satisfaisante.

Ces préparatifs représentent néanmoins un progrès énorme sur tout ce qui a été fait en France jusqu’à ce jour.

Personnel médical. — Le personnel médical appelé à faire fonctionner l’ensemble de ces formations se compose de :

70 médecins : 30 de la « Guerre », 20 de la « Marine » ;

8 pharmaciens ;

22 officiers d’administration.

Ce personnel est réparti ainsi qu’il suit :

26 médecins dans les bataillons d’infanterie (2 par bataillon) ;

10 médecins aux ambulances actives ;

20 médecins aux hôpitaux de campagne ;

3 médecins à l’hôpital d’évacuation ;

6 médecins pour le sanatorium ;

Les autres médecins distribués entre divers services.

Au total : 78 officiers (médecins ou pharmaciens) pour 13.000 combattants ; soit une proportion de :

5 officiers du corps de santé pour 1 .000 hommes d'effectif. — C’est peu. pour une guerre où les médecins auront plus à faire que les combattants !

L’effectif des médecins du corps expéditionnaire anglais des Ashantis (1893) était de 84 pour 4.931 combattants (Européens et noirs), soit / 7 officiers du corps de santé pour 1 .000 hommes d’ effectif ; — pour avoir une proportion semblable à Madagascar, il eût fallut envoyer 280 médecins , et non 78.

L’effectif des médecins était hors de proportion avec le matériel préparé. En supposant qu’il n’y eût que 2.500 malades (chiffre des places prévu dans les formations sanitaires) il ne restait pas de médecins disponibles pour la conduite des convois de malades et le service des stations d’étapes. Comment allait être assuré le service des évacuations de l’avant sur l’hôpital-base, sur un parcours de 5Û0 kilomètres avec 4 hôpitaux de campagne dispersés sur cette immense ligne, et avec un nombre de médecins aussi faible ?

Un sanatorium pour 500 malades devait être créé sur les côtes de Madagascar. Son emplacement devait être choisi par une commission composée d'un colonel d'artillerie , d’un chef de bataillon du génie et d'un médecinmajor de lre classe. Le choix de cette mission s’arrêta sur Nossi-Comba, l’ilot qui est situé dans la baie de Passandava, en lace de Nossi-Bé.

Un navire-hôpital contenant 350 lits était mouillé sur rade de Majunga.

Le service de santé pouvait disposer ainsi de 850 places destinées aux malades qu’il serait nécessaire de soustraire aux influences du sol de Madagascar.-

Pendant la campagne d’Abyssinie, les Anglais avaient mis à profit plus largement les services des navires-hôpitaux si favorables aux malades atteints de maladies

endémiques. Trois navires contenant ensemble 665 places étaient mouillés dans la baie d’Aduiis, recevaient les malades elles rapatriaient' au besoin. Les mêmes dispositions furent prises pour la campagne du Soudan (1885).

L’encombrement était soigneusement évité sur ces navires où chaque malade avait un espace cubique de 30 à 33 mètres cubes.

Les organisateurs de l’expédition de Madagascar ne mettent qu’un navire-hôpital à la fois à Majunga. Sept autres navires de la flotte de transport, pouvant contenir ensemble plus de 2.000 malades, restaient inutiles pendant ce temps dans les eaux du port de Toulon.

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