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La pêche, reine des fruits, vient de Perse

tane, Persépolisont effacé Babylone et Ninive, en meme temps que l’ambition des conquêtes inhérente au régime despotique s’est surpassée dans les Xerxès et les Darius. Au temps de Darius, l’empire s’étendait des îles de la mer Égée jusqu’à F Himalaya, de la Nubie jusqu’aux steppes de l’Iaxarte, et depuis Cyrus les Perses formèrent une aristocratie à l’encontre des autres peuples subjugués : ils s’étaient affranchis de tout impôt ainsi que leur sol, et la coutume exista de bonne heure que les rois en reinettaut le pied sur la terre de leur origine, au retour de quelque conquête nouvelle ou de quelque excursion à travers les pays conquis, distribuassent chaque fois des largesses à tous les habD tants 4. Les Juifs captifs sont restés éblouis de ces magnificences. Le livre d’Esther nous raconte le festin qu’Assuérus donna, dans la ville de Suze, à tout le peuple : •

« La troisième année de son règne, il lit un festin... pour montrer les richesses de la gloire de son royaume.

« Les tapisseries de blanc, de vert et de pourpre tenaient avec des cordons de fin lin et d’écarlate à des anneaux d’argent et à des piliers de marbre ; les lits étaient d’or et d’argentsur un pavé de porphyre, de marbre, d’albâtre et de marbre tacheté.

« Et l’on donnait à boire en vaisselle d’or, qui était de diverses façons, et il y avait du vin royal en abondance, selon l’opulence du roi. »

L’énervement fatal devait sortir de ces somptuosités

t. Max Duncker.

L’ORIENT

qui ne laissent plus rien à faire qu'à jouir : dans ce bain de mollesse etde tièdes parfums Taine se détend et s’enivre; Alexandre qui s’y plongea un instant faillit s’y perdre; l’Orient faillit conquérir son conquérant. Ses officiers résistaient moins bien aux doux enveloppements du luxe asiatique : « Ignorez-vous, leur dit un jour le fils de Philippe, que le moyen de rendre nos victoires durables c’est de ne pas imiter les vaincus ? » Après les défaites de Darius, quand son vainqueur vit les bassins, les baignoires, les urnes, les boites à parfums, le tout d’or massif et d’un travail parfait ; quand il respira l’odeur délicieuse des aromates et des essences dont la chambre était embaumée; quand de là il fut passé dans la tento meme et qu’il eut admiré son élévation et sa grandeur, la magnificence des lits et des tables, la somptuosité et la délicatesse du souper, il se tourna vers ses amis et proféra ces paroles : « Voilà ce qu’on appelait être roi L » Les Perses, judicieux, sentaient eux-mêmes le danger, et par l'éducation tâchaient de réagir. Le satrape Tissapherne avait divers « paradis » près de Sardes, le plüs beau orné d’eaux courantes et de prairies, d’endroits de repos et d’ombrages délicieux, paradis royal au plus haut degré, nous apprend Plutarque. Gyrus, frère d’Artaxerxès, fit lui-même les honneurs de son parc à Lysandre, roi de Sparte. Tandis que le Grec admirait l’arrangement de toutes choses et respirait l’air embaumé de ce lieu de délicos, Gyrus lui dit : J’ai tout disposé et mesuré moi-même, et. j’ai planté de mes mains plus d’un arbre. Lysandre, d’un regard jeté sur les superbes vêtements, les bracelets et les

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