Grandi Hichis, saints personnages d’un ordre supérieur
L’ORIENT
c Quand la durée de la dissolution fut à son terme, alors le Seigneur existant par lui-même, et qui n’est pas à la portée des sens externes, rendant perceptible ce monde avec les cinq éléments et les autres principes, resplendissant de l’éclat le plus pur, parut et dissipa l’obscurité, cest-à-dire développa la nature (P racrili).
« Celui que l’esprit seul peut percevoir, qui échappe aux organes des sens, qui est sans par tics visibles, éternel, l’âme de tous les êtres, que nul ne peut comprendre, déploya sa propre splendeur*
« Ayant résolu, dans sa pensée, de faire émaner de sa substance les diverses créatures, il produisit d’abord les eaux, dans lesquelles il déposa un germe. '
« Ce germe devint un œuf brillant comme l’or,
aussi éclatant que l’astre aux mille rayons, et dans lequel Y être suprême naquit lui-mêroesous la forme de Brahma, l’aïeul de tous les êtres. »
La différence entre le brahmanisme et le judaïsme éclate surtout dans leur manière de concevoir l’origine des choses. La genèse de Manou est celle de l’émanation, la genèse de Moïse celle de la création. La création est un acte, l’émanation une conséquence. Le flot émane de la source, l'étincelle du foyer, la chaleur et la lumière du ' feu : ainsi le monde sortit de Brahma, l’invisible et l’intangible. D'après Moïse Dieu a fait le monde de rien parce qu’il l’a voulu, il eût pu ne pas le faire, il pouvait le faire autrement ; Brahma et le monde sont une même ' substance, ils restent unis , Jéhovah et le monde substantiellement distincts restent séparés. Ormuzd et Jéhovah sont des volontés, des dieux militants et qui Invitent - au combat du bien leurs fidèles ; Brahma est l’être uni-
tlS . CONSIDÉRATIONS SUR L'HISTOIRE.
versel, immuable, qui demeure au centre du monde .et le remplit de sou essence, l’anime sans .eu être animé, le meut sans en être mû, eu constitue l’équilibre sans être jamais atteint pas ses désordres... Le devoir des hommes qui croient en lui c’est de remonter à leur source, de se résorber dans leur foyer : un être , qui meurt c’est un rayon qui s’éteint dans le soleil, c’est un pli qui s'efface dans la mer; c’èst le fini passager qui meurt dans l’infini éternel. « Lui, l’esprit suprême, est la vérité. Ainsique des milliers d’étincelles qui toutes ont" . la même forme pétillent et s'échappent d’un feu ardemment embrasé, ainsi, o mon bien-aimé, lesdifférents êtres sortent de l’esprit impérissable et retournent de non veau. à lui *. » .
Ces poètes de la transcendance ont devancé et souvent
dépassé Spinoza et Hegel, jls ont parlé comme le chartrain
Amauri de Bène, qui enseignait à Paris au xme siècle e t
professait cette hardiesse ; . .. * .
« La tin de toutes choses est de retourner en Dieu pour
ne faire qu’un avec lui. Tout est un, et tout est Dieu.
Dieu est l’essence de toutes les créatures. » • ^ .
Ils eussent également souscrit à ce§ propositions de David Dinantl .
« Il y a trois choses. Le principe indivisible duquel
• sont faits les corps, le principe indivisible dont sont faites les âmes, el le principe indivisible daus les substances éternelles, qui est appelé Dieu. Ces trois choses sont une
seule et même chose2. »
Si le problème de l’infini et du fini, do l'unité et de la
’ 1. Allmrva-VtfJa.
2, Henri Mar lin, Hitloirede Fraitte. • — ; '
L’ORIENT
diversité était susceptible d’être résolu par l'intelligence
humaine , les métaphysiciens de l’Inde n’auraient pas laissé à d’autres la teutation d’y revenir pour y échouer après eux eu des efforts également vains, parfois également admirables. Reconnaissons donc encore ici, d’un même coup, l’incompréhensibilité infinie de l'infini etl’évidence deses rapports avec le fini. Si l’Inde s était bornée à reconnaître la présence de l’infini dans le fini,, elle fût
restée dans les bornes de la nature humaine et dans la réalité de. la nature universelle: mais dans son ivresse
métaphysique, elle a effacé le fini dans l’infini ; en procédant ainsi elle s’est elle-même, par delà l’intelligible
et le réel, ensevelie vivante en Brahma, elle ne s’est.
plus étudiée qu a.n’être plus : elle est tombée dans le gouf-
fre de sa propre pensée. . ,
.. « L’homme sage rdnonce à la joie et dédaigne Faillie-
tion quand il a reconnu le Dieu... quand il a contracté -
une alliance intime avec cet être profondément caché,
difficile à apercevoir, être qui a pénétré dans la naturo où il demeure invisible, vieillard qui habite la caverne du cœur où il se tient mystérieusement debout dans l’a- Jjîme 1 » '
« Lui, l’uuique, le dominateur, l’esprit de tous les
êtres, qui varie sa forme unique, les sages qui le contemplent fixé dans l’esprit, à ceiix-là est la félicité éternelle et non aux autres 2. »
« Laissant à ses amis ses bonnes actions, à ses -ennemis ses fautes, le Sannvasi, en se livrant à une méditation pro-
fonde, s’élève jusqu’à Brahma, qui existe de toute éternité*