Ibid. Ut. XII
L’ORIENT
Indous. Indra fut préposé à la garde de la meilleure et de la plus importante, le Nord au souille rafraîchissant et pur; Yama occupa la région souterraine dans la brûlante contrée du Sud; les autres régions appartinrent à Surja dieu du soleil, à Vaju dieu du vent, à Agni dieu du feu, à Varuna devenu le dieu de l’Océan en ses limites extrêmes, àTschandra dieu de la lune, à Kuvera dieu de l’abondance. Lors de l’émanation du monde, ces huit dieux gardiens émanèrent les premiers de Brahma, après eux vinrent les esprits de l’air, après ceux-ci les hommes
purs et saints, puis les castes chacune à son rang; aux
hommes succédèrent les animaux selon leur espèce, les arbres, les plantes, les herbes, les pierres, enfin la matière inanimée. Cette échelle qui de Brahma descendait aux dernières existences, et de ces existences remontait à Brahma1, ne suffit bientôt plus et les livres de Manou se trouvèrent dépassés. Le peuple poussant à une diver* sité plus grande des dieux et s’efforçant de les ramener plus près de lui, augmenta leur nombre en même temps qu’il les dépouillait de tout caractère abstrait et les figurait davantage afin de se les mieux figurer : c’était une sorte de retour qu’il tentait vers les sources védiques dont le courant de la pensée abstraite l’avait éloigné de plus en plus. Mais la naïveté perdue et la fraîcheur des origines dissipée 11e se retrouvent jamais ; le peuple ne fit plus que de la superstition sans poésie. A Brahma et aux huit dieux gardiens du inonde, l’imagination populaire associa d’autres dieux qui, comme il arrive toujours dans ces éditions successives, effacèrent les an-