‹ Considérations su l'histoireChapitre 67 sur 136 · L'OR I K NT · texte numérisé non relu

L'OR I K NT

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tant de la vie, car la compatissance de Bouddha s’étend jusqu’aux animaux et jusqu’aux plantes qu’il croit sensibles; tous les êtres pour lui sont égaux devant la douleur. On voit les conséquences : les castes sont abolies, et si les dieux croulent c’est avec le sacerdoce qui les soutient. Voilà une première innovation ruineuse pour le brahmanisme ; uncseconde, qui s’v rattache, c’est que le salut ne se peut faire par autrui ; nul que l’être lui-même ne se délivre de la fatalité intérieure du désir qui le condamne personnellement à renaître. Jésus plus h mieux rachète des hommes par sa mort, Bouddha ne peut rien pour eux que de leur enseigner par son exemple à mourir radiralement. Universel dans son principe, son enseignement est individualiste dans son objet, et s’il le donne à tous il n'ignore pas que la voie du salut est ardue et qu’une élite seulement est capable d’arriver au nirvâna. Se tuer de corps serait chose facile mais qui manquerait le but; c’est d’anéantir les derniers restes du désir qu’il s’agit, et cela n’est pas à la portée de tous, cela n’est surtout pas l’œuvre d’un jour, ni d’une aunée, ni d’une existence pour la plupart : c’est la récompense de pratiques dont la suite ininterrompue et la rigueur surpassent la force moyenne. Que ceux qui lie peuvent arriver dès cetlo vie à devenir des bouddhas parfaits — des saints — s’appliquent autant que» possible à la charité envers le prochain, ils relâcheront au moins, ils affaibliront jusqu’à ce qu’ils parviennent à les rompre complètement les liens de la sensation, les entraves de la crainte et du plaisir qui les retiennent dans le cercle vicieux des métempsycoses. Quanta ceux qui se sentent au cœur la foi et le courage nécessaires pour rompre dès maintenant avec l’existence, qu’ils

soient les disciples de Bouddha, les lumières sur le chemin de la délivrance!

L’histoire nous montre le prosélytisme s’inspirant de l’orgueil Fanatique plus souvent que de la charité. Ce prosélvtisme-là, despotique et tranchant, traite de haut le peuple; il intimide au lieu de persuader, au besoin il tue, saccage, met le monde à l'eu et à sang. C'est le prosélytisme des Arabes sectateurs de Mahomet. L’ÉMise eatholique ne l’a pas ignoré dans son rêve fie l’empire universel des consciences. Calvin, parmi les réformateurs, n’en fut point exempt, car l’onction manque dans cette dîne sèche de juriste inquisiteur, dans cet esprit hautain qui ne s’humilie si bas devant Dieu ({ue pour s’élever avec quelques prédestinés au-dessus de la masse des réprouvés (jue la Fatalité de la condamnation repousse dans l’éternel abime.

Mais Jésus et Bouddha sont des prosélytes par amour.

« En ce moment Bhagavat, assis en présence d’une assemblée formée de plusieurs centaines de religieux, enseignait la loi. Bhagavat aperçut le respectable Samgha rakchita ; et du plus loin qu’il le vit, il adressa de nouveau la parole aux religieux : Voici le religieux Samgha rakchita qui vient avec un présent. Il n’y a pas pour Bhagavat de présent aussi précieux que le cadeau d’un homme à convertir L »

M. Hodgson a recueilli à la cour du Népal les livres bouddhiques dont la collection porte le titre de Sutras. Les Sutras, selon les autorités népalaises citées par M. Hodg*

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