Eugène Burnoaf, Introduction au boudllùtme
L’ORIENT
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blés à des démons, qu’elle lut saisie d’un vif mécontentement. Pourquoi donc es-tu triste, lui dit sa belle-mère. Sumâgadhâ répondit : O ma mère, si les personnages respectables sont ainsi faits, comment seront donc les ' pécheurs? »
Le corps n’a pas de droits aux yeux de l’ascète; pourvu que l’ânio soit nette, qu’importe la chair? l’ascétisme a toujours marché de compagnie avec la malpropreté. Les bouddhistes, avant l’établissement des monastères, n’allaient pas aussi loin que les brahmanes dans le mépris du corps, ils appréciaient encore la beauté :
« La femme de Bouddha Rakchita mit au monde un fils beau, agréable à voir, ravissant, ayant le teint blanc, la peau couleur d’or ; sa tête avait la forme d’un parasol1, ses bras étaient longs, son front large, ses sourcils réunis, son nez proéminent2. »
Bouddha est un dialecticien doux, pénétrant et triste; une influence persuasive se dégage de ses lèvres et de sa personne. Il aime à converser avec les humbles et les pauvres sans dédaigner les théologiens et les philosophes. Un jour il s’endormit dans l’assemblée de ses auditeurs, pi es de la ville de Râdjagrika, dans un bois de bambous, au lieu nommé Karanda nivâpa. S'étant réveillé, il prit la parole pour enseigner à l’assemblée une loi agréable, « douce comme le miel de l’abeille et pleine de saveur. » « Un mendiant vit Bhaguvat qui enseignait la loi, placé au milieu d’un cercle qui se déployait dechaque côté comme le croissant de la lune. »