Mahabharatâ
la séparation de tous les êtres. Néanmoins que l’homme ne perde jamais de vue, dans les évolutions de ce destin, le bien, sur lequel on doit toujours fixer les yeux, car le destin même embrasse dans sa marche le devoir, l’utile et l’agréable 4. »
« Telle que s’affaisse une maison devenue vieille, bieu qu’épaisse et jusque-là solide, tels s’affaissent les hommes arrivés au point où la mort peut jeter sur eux son lacet. La mort marche avec eux, la mort s'arrête avec eux, et la mort s’en retourne avec eux quand ils ont fait un chemin assez long. Les jours et les nuits de tout ce qui respire ici-bas s’écoulent et tarissent bientôt chaque durée de la vie, comme les rayons du soleil au temps chaud tarissent l’eau des étangs. Pourquoi pleures-tu sur un autre? Pleure, hélas! sur toi-même, car, soit que tu reposes ou soit que tu marches, ta vie se consume incessamment. Les rides sont venues sillonner vos membres, l’hiver de la vie a blanchi vos cheveux, la vieillesse a brisé l’homme, quelle chose maintenant peut-il faire d’où lui vienne du plaisir? Les hommes se réjouissent quand l'astre du jour s’est levé sur l’horizon : arrive-t-il sur son couchant ils se réjouissent encore, et personne ne s’aperçoit qu’il a marché lui-même vers la fin de sa vie! Les ■êtres animés ont du plaisir à voir la fleur nouvelle qui vient succéder à la fleur dans le renouvellement des saisons, et ne sentent pas que leur vie coule en même temps vers sa fin en passant avec elles par ces mêmes successions.
« Nul être animé n’est entré dans la vie sous