‹ Considérations sur 255 éclats intraoculaires extraits à l'Electro-aimant géantChapitre 10 sur 36 · PP · texte numérisé non relu

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lectro-aimant q

92 éclats industriels extraits

(Reproduction agrandie de 3/2)

sage de couteau, dans deux autres cas enfin de trous que l’on forait dans l’acier à l’aide d’une poinçonneuse.

Sur 147 éclats que nous avons examinés, nous n’en trouvons qu’une vingtaine qui sont vraiment atypiques. La plupart des autres nous offre les variations d’un même thème : celui d’un volume à section triangulaire, mais en ajoutant à ce terme un correctif essentiel à savoir que ce triangle de section est presque toujours curviligne par au moins l’un de ses côtés; ce volume a la forme d’un biseau à grande base convexe et à petite base rectiligne ou concave. Nous pouvons le comparer à une côte d’orange dont la largeur et la longueur varient à l'infini, et dont l'épaisseur peut s’effacer jusqu’à devenir infime. Les faces en sont lisses ou très légèrement rugueuses, et le bord mince peut être très effilé parfois tranchant comme une lame de rasoir; souvent aussi, il est irrégulier, ébrêché. Dans la moitié des cas, les deux extrémités se replient et se recourbent en formant des crochets qui peuvent gêner considérablement l’extraction en s’aggrippant aux tissus oculaires. Le bord convexe est, le plus souvent, régulier, c’est à son niveau que l’on trouve la plus grande épaisseur.

Les éclats dont les formes correspondent à celle que nous venons de décrire sont la grande majorité; nous les appellerons les éclats industriels typiques.

Nous avons observé plusieurs fois des éclats dont les formes étaient assez semblables à celles des éclats typiques : la seule différence résidait dans ce fait que la plus grande épaisseur au lieu de se trouver sur l’un des bords était mesurée dans le centre des éclats. Nous

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avions alors l'éclat lenticulaire, ovoiïde, biconvexe. Nous avons vu aussi de véritables lames et des éclats tellement effilés et minces qu’ils ressemblaient étrangement à de minuscules baïonnettes à base triangulaire et de longueur considérable — 25 millimètres dans un cas.

En somme, ces corps sont remarquablement armés pour agir par section nette des membranes ou des vaisseaux oculaires. Lie contre, leur régularité semble ne les rendre qu’assez rarements susceptibles d’agir par dilascération, à moins que, bien entendu, ils ne soient animés d’un mouvement hélicoïdal ou de bascule lors de leur projection. Enfin, ils ne présentent que très rarement des anfractuosités réelles capables d'offrir asile aux germes infectieux.

b) Leurs dimensions.

Pour résumer nos mesures, nous suivrons la méthode que nous avons employée jusqu’à maintenant, et nous résumerons dans deux tableaux les dimensions minima et maxima.

Voici leur classification en prenant pour base la mesure de l’épaisseur : |

Jusqu’à 0 m/m 25.... 13 soit environ 8 % — O0 m/m 50.... 45 soit environ 31 % — 0 m/m 75.... 39 soit environ 28 % Du 1m/m ».... 22 soit environ 15 % x tm 608 pe rst7 soit environ 12 % — 2m/m ».... 4 soit environ 3 % æ, 3 m/m ». 6 soit environ 4 %

Au-dessus de 3 m/m'».,.. 1 soit environ 0,7 C2

Nous voyons donc :

1° Que les écats de frès faible épaisseur —— moins de 0 millimetre 25 —— sont la minorité, quoique en nombre appréciable, étant donné leurs dimensions minimes : 8 %.

2° Que les éclats de faible épaisseur — jusqu’à 0 millimètre 50 — sont en très grand nombre : 45, soit 31 %.

3° Que la majorité — 54 % environ ont une épaisseur moyenne qui n’est pas inférieure à O0 millimètre 50 et n’excède pas 1 millimetre 50.

4° Qu’enfin les éclats de forte épaisseur — audessus de 1 millimètre 50, ne représentent qu'environ 7 % du total général.

Si nous les classons par ordre de longueur, nous

aVORS :

Jusqu'à 1 m/m ».... 8 soit environ 5 % 2 2 m/m ».... 31 soit environ 22 % = 3 m/m » A4 soit environ 30 % Æ Ho e .. -Isoit environs 15-% = 5 m/m >» 18 soit environ 12 % Le PEL C0 15 soit environ 10 % Le MODEM >. 757 LS rsoit environ. 2 % Au-dessus de 10 m/m ».. 9 soit environ 6 %

Donc :

1° Les éclats industriels de faible longueur, sont en très petit nombre : 5 %.

2° Les éclats industriels ont, pour la plupart, des longueurs moyennes n'excédant par 3 millimètres ;

52 % d'entre eux entrent dans cette catégorie.

3° Les éclats de grande longueur — jusqu'à 7 millimètres 50 ——, sont aussi en proportion considérable : 35 %.

4 Les très gros éclats de longueur exagérée, — dé-

passant 7 millimètres 50 —, représentent encore 8 %.

De l’examen d'ensemble de ces deux tableaux, il résulte que l’éclat industriel a une épaisseur moyenne qui n’excède pas 1 millimètre 50 et peut être évaluée à environ O0 millimètre 75, tandis que sa longueur moyenne dépasse légèrement 4 millimètres. Contrairement à Haab, qui trouvait pour cette catégorie d’éclats une longueur moyenne égale au triple de l’épaisseur, nous avons observé, dans les 2/3 des cas, des longueurs supérieures au triple des épaisseurs, et notre statistique nous montre que le rapport entre l'épaisseur moyenne et la longueur moyenne, serait plutôt égal à environ 5.

Cette donnée précise, nous permet de remarquer que les éclats industriels ont le plus souvent une forme allongée qui doit faciliter leur extraction par lélectro-aimant. M. le Professeur Rollet a, en effet, démontré qu’un fil de fer mince, long de 40 millimètres, est attiré par son électro-aimant à une distance de 27 centimètres, alors que le petit cube de fer de même volume et de même poids ne s’élance qu’à 8 centimètres, c’est-à-dire, d’après la loi des distances, nécessite le déploiement d’une force électro-magnétique dix fois plus grande.

Par ailleurs, nous constatons que ce sont les éclats industriels qui présentent les plus grandes variations de dimensions, parmi l’ensemble de la collection de la clinique.

ST ver

En prenant pour base le volume moyen, nous voyons que le plus petit éclat a les dimensions suivantes :

C’est un minuscule fragment d’acier lamellaire, de forme ovoïde irrégulière, à bords coupants :

FINAISS OUT 0 RONA Ar er: ARE OT ENT OL PATOEUT TS PRO ne ie 0 m/m 16 ÉCOUTER Cr ER Ne 0 m/m 71 Poids (M: Portéret) :.:...:.:. 0 mgr. 2

Tandis que le plus volumineux, très irrégulier, absolument atypique, mesure :

ÉDAISSEUT me CN RE 2 m/m 30 PARENT RSS ER PRET 5 m/m 91 PORSUCUR L SRE A oc 19:m/m "1 POI SR EE mn Re ere 843 mgr.

Si nous recherchons les plus grands écarts dans le sens de l’épaisseur, nous trouvons comme plus petite épaisseur : 0 millimètre 07. C’est l'épaisseur de léclat dont nous avons parlé plus haut et qui est le moins volumineux des éclats industriels. Cette épaisseur est aussi la plus minime que nous ayons mesurée.

Et comme plus grande épaisseur : 4 millimètres 65.

Il s’agit d’une chevrotine de fer, calibre 000, dont le plus petit diamètre est 4 millimètres 65 et le plus grand 4 millimètres 82.

C’est surtout dans le sens de la longueur que les éclats industriels présentent les plus grandes variations de dimensions.

CM

La plus petite longueur observée est 0 millimetre 44.

Il s’agit d’un éclat d’acier irrégulièrement ovoide,

lenticulaire biconvexe.

ÉDAISSEUL A PT NN O0 m/m 38 Lara ere OP EARrS 0 m/m 41 Longueur rer ar Res 0 m/m 44 Poids (Prof. Agr. Florence).... 0 mgr. 44

La plus grande longueur que nous ayons vue est : 27 millimètres 3.

Il s’agit d’un éclat d’acier détaché par un coup de marteau, en, tige très longue et très mince, en tous point comparable à une minuscule baïonnette, à base quadrangulaire et extrémité pointue très fine :

EDAISSeULE ES TILL ETIRUONATS 0 m/m 59 HATSeUT rt UP eee 0 m/m 97 LODÉUÉULTE AE TER I DRE nr ST TT

C) Éeurs poids.

Nous avons condensé dans ce tableau le résume analytique des pesées des éclats industriels :

Jusqu’à MAMA TASER 18 soit environ 125 % — PET DOC Re 15 soit environ 10 % MP 0 0 V6 à 1 CR. 26 soit environ 18 % . DM IE CC tr 15.soit environ 10 % TO NT NE UN 23 soit environ 16 %

220" m/MmUr RTS 13 soit environ 9 %

—- 50 MAMIE 11 soit environ 7,5 % — AO / TA RU. 7 soit environ 5 % ——- 60in/meS eue 8 soit environ 5 % — 100 m/m »...... 4 soit environ 2,5 % =. “500m/mr 0 ct 4 soit environ 25 % Au-dessus de 500 m/m . 3 soit environ 2 %

De ce simple relevé, il résulte, à première vue que :

1° Les éclats industriels négligés jusqu'ici comme « impondérables >» — dont le plus lourd ne pèse que 0 milligramme 8, représentent 12,5 % de l’ensemble—; ce qui est énorme, si l’on veut bien réfléchir à leurs dimensions microscopiques.

20 Que la majorité a un poids pluiôt faible — n'excédant pas 5 milligrammes, — 50 %, et que méme, la plupart des éclats de cette catégorie n'’atteignent pas 3 milligrammes, ont peu donc fixer arbitriarement le poids moyen de l'éclat industriel à 3 milligrammes environ.

3° Les poids moyens de 5 à 10 milligrammes, sont peu nombreux : 16 %.

4° Les poids considérables, de 10 à 100 milligranimes, sont en proportion élevée : près de 30 %.

5° Enfin les poids très élevés, au-dessus de 100 mil-

ligrammes, occupent un pourcentage bas de 4,5 %.

Cette étude systématique des éclats magnétiques intra-oculaires, qui ont été extraits à l’aide de l’électro-aimant géant de M. le Professeur Rollet, nous montre que la distinction que nous faisions entre éclats de guerre et éclats industriels est établie sur

ou

des bases solides et indiscutables. Nous résumerons ici, et opposerons leurs principales caractéristiques, nous réservant de démontrer dans un autre chapitre l'intérêt pratique de cette distinction pour le pronostic différent des blessures qu’ils ont occasionnées.

Nous ne voulons pas revenir sur la forme des deux catégories d’éclats; les descriptions que nous en avons données sont suffisamment caractéristiques pour qu’il ne soit point nécessaire de les rapprocher pour en montrer les différences. Nous ferons simplement remarquer qu’elles sont loin d’être exclusives et qu’elles ne correspondent qu’à la majorité des cas. Ceci dit, nous allons comparer nos résultats métriques et les discuter.

En résumé, nous avons vu que l'épaisseur moyenne des éclats de guerre est plus considérable que celle des éclats industriels : celle des premiers peut être évaluée à environ 1 millimètre 75, tandis que celle des seconds n’est que de 0 millimètre 75.

Les éclats de guerre de très faible épaisseur — moins de O0 millimètre 25, sont en moins grand nombre (environ 2 %), que les éclats industriels correspondants (8 %).

Les éclats de guerre de moins de 1 millimètre d’épaisseur représentent 52 % de leur nombre total, tandis que les éclats industriels d'épaisseur similaire, constituent 80 % de leur ensemble. .

Enfin les fortes épaisseurs — plus de 2 millimètres, -— s’observent plus fréquemment parmi les éclats de

guerre (9,5 %) que parmi les éclats industriels

L'étude des longueurs ne nous fournit pas, chose curieuse, des arguments aussi probants que celle des épaisseurs pour justifier notre distinction. Les deux tableaux où nous avons classé, par leurs longueurs, éclats de guerre et éclats industriels, nous montrent que leur répartition est à peu près la même ; nous notons cependant la plus grande fréquence des éclats industriels de grande longueur — au-dessus de 7 millimètres 5, qui ont un pourcentage de 8,2%, tandis que les éclats de guerre correspondants, ne sont que 4,5 % du nombre total.

Nous avons donc, en fin de compte, une différence assez sensible entre les épaisseurs moyennes et une similitude des longueurs moyennes. Nous avons vu précédemment que le rapport de l’épaisseur à la longueur des éclats industriels était égal à 5. Comme la longueur moyenne des éclats de guerre est la même que celle des éclats industriels et que, par contre, l'épaisseur moyenne des premiers est plus considérable que celle des seconds, il est évident que le rapport longueur/épaisseur des éclats de guerre est moins élevé : environ 3. C’est là, à notre sens, une des différences les plus caractéristiques que l’on puisse établir entre la majorité des éclats de guerre et des éclats industriels.

Si maintenant nous prenons les poids comme ter- . me de comparaison; nous voyons que l'éclat industriel est, en moyenne, beaucoup moins lourd - — 3 milligrammes — que l’éclat de guerre — 10 milligrammes.

D'autre part, les éclats dénommés à tort « impon-

ur Han

dérables » par Haab — dont le poids ne dépassent pas un milligramme — sont fréquents dans l’ensemble des éclats industriels — 12,5 % —, tandis qu’ils ne représentent que 2,5 % du nombre total des éclats de guerre.

Signalons en passant que 4 éclats industriels, dont les pesées exactes avaient été faites par M. le Professeur Agrégé Florence, et qui figurent dans la thèse de Donneaud, ont été égarés depuis ; voici, à titre documentaire, les résultats de ces pesées : |

NU 19) OU More RS 0 gr. 00048 RS NÉ ER A En 0 gr. 00031 NO 240 PEUR AE A 0 gr. 00027 Ne ete Net one 0 gr. 00004

(Ce dernier, à l'extrême limite de la susceptibilité de la balance de Kühlmann.)

Enfin, il est remarquable que le pourcentage des éclats très lourds plus — de 100 milligrammes —, soit, pour les éclats de guerre, à peine le double — 10 % environ — de celui des éclats industriels correspondant — 5 % environ.

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