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tituent ce que nous appelons les grands facteurs de la tolérance des éclats intraoculaires magnétiques, et sont au nombre de quatre :
Le corps étranger doit être de forme régulière et de dimensions restreintes, —— aseptique, — de composition chimique non irritante pour l’œil, — localisé dans une région peu susceptible.
En premier lieu, l'éclat magnétique qui a pénétré dans le globe oculaire, ne sera toléré que s’il a des formes régulières et des dimensions minimes. Un éclat volumineux, anfractueux, projeté avec une vitesse de translation parfois très grande, causera de grands désordres qui commanderont l’énucléation précoce. Même en admettant qu’il n'ait pas produit des lésions nécessitant immédiatement cette intervention, il ne pourra rester longtemps inaperçu par la suite, et sera extrait pour mettre fin aux phénomènes d’intolérance de début qu’il provoquera.
Au contraire, un fragment minuscule, à bords tranchants, à surfaces régulières, pénètrera facilement au travers des membranes de l’œil en les perforant par section nette et en n’occasicnnant que des dégâts minimes, avec des phénomènes d’intolérance immédiate, assez peu marqués, ou assez vite atténués, pour écarter de l’esprit du blessé, l’idée de la possibilité de la pénétration de l’éclat, comme nous l’avons d’ailleurs fait remarquer.
Le corps étranger pourra alors s’enkyster et être toléré, mais à condition que par sa composition chimique, il ne puisse produire dans l’œil des phénomènes réactionnels généralisés, qui hâteront l'apparition de l’intolérance tardive.
Nous savons que les corps étrangers intraoculaires magnétiques sont de composition assez variable ; ce sont des fragments d’acier, de fer, de fonte, ou d’alliages spéciaux, obtenus par adjonction au fer ou à l'acier de métaux magnétiques eux-mêmes : cobalt, nickel —, ou peu magnétique, comme le tungstène, l'aluminium, — qui forment la classe des ferros, — phosphore (acier employé dans la fabrication de certaines grenades). |
Au contact des tissus oculaires, ils s’oxydent et leurs sels imprègnent peu à peu tout le voisinage, pour donner des lésions de sidérose, qui apparaissent assez rapidement. Certains auteurs disent que ces lésions, quand elles sont localisées aux alentours des fragments métalliques qui les ont provoquées, peuvent favoriser leur enkystement. La tolérance est alors parfaite, malheureusement elle n’est jamais définitive. La cloison kystique n’est pas étanche et les sels de fer arrivent à diffuser dans tout le globe oculaire, en provoquant des lésions graves, dont le pronostic est à peu près fatal pour la vie de l’œil. — « L’on peut cependant se demander si une particule de fer extrèmement ténue (poids 0 milligramme 04), ne peut pas, à la longue, disparaître par dissolution dans les liquides oculaires » (1).
Les signes physiques de la sidérose varient avec la localisation du corps étranger ; il en est un, cependant, qui est constant dans tous les cas : la coloration
brun rougeâtre que prennent les tissus atteints de cet-
(1) Professeur Rollet. — Communications à la Soc. d'Opht, de Lyon, 8 Novembre 1921,
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te affection. La vision devient trouble et le champ visuel se rétrécit jusqu’à devenir pnuctiforme ; très souvent, on observe de l’héméralopie et de la dischromatopsie qui traduisent les premiers malaises de la rétine.
La période de tolérance est terminée et celle des troubles graves commence, et, si l’on n'intervient pas rapidement pour extraire le corps étranger, l’on n’aura peu de chances de préserver l’œil des lésions définitives qui le rendront inutilisable et disgracieux, et commanderont l’énucléation, — sans oublier la possibilité de l’apparition de l’ophtalmie sympathique, qui viendra menacer l’autre œil.
M. le Professeur Rollet et le Docteur Aurand ont fait des recherches expérimentales sur l’action intraoculaire des principaux métaux, autres que le fer et ses dérivés, qui entrent dans la composition des alliages modernes. Ils ont vu que le chrome, et surtout le nickel, avaient une action inflammatoire comparable à celle du cuivre : ils déterminent « des suppurations chimiques, des lésions dégénératives de la rétine et une hyalite chronique sclérosante ». — Ces métaux sont donc intolérables pour l’œil presque au même titre que le fer et ses dérivés.
L’asepsie des éclats intraoculaires est la troisième des conditions indispensables pour qu’ils puissent être tolérés. Elle est très rarement réalisée pour les éclats de guerre typiques, qui, par leurs formes tourmentées et leurs surfaces anfractueuses, offrent aux germes infectieux des refuges profonds, où ils seront à l’abri des réactions de défense de l’organisme. Ce-
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pendant, si le blessé est en bon état de résistance physiologique, il n’est pas impossible qu’un corps étranser, qui aurait entraîné avec lui des germes septiques à virulence atténuée, puisse s’enkyster sans provoquer de suppuration.
Enfin et surtout, le corps étranger intraoculaire sera toléré s’il est inclus dans des milieux qui sont peu susceptibles et ne réagissent que très peu à l’irritation qu’il provoquera. Les observations de tolérance vraie des milieux oculaires pour les corps étrangers magnétiques, sont rares. Elles nous permettent cependant de constater des grandes différences dans la susceptibilité des diverses régions de l’œil, et même l'intolérance absolue de certaines régions.