‹ Considérations sur 255 éclats intraoculaires extraits à l'Electro-aimant géantChapitre 4 sur 36 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Etude des éclats magnétiques extraits des milieux de l'œil

Nous nous occuperons successivement des éclats dus aux projectiles de guerre et des éclats d’origine industrielle, nous efforçant de bien mettre en évidence les différences qui les caractérisent au point de vue des formes et surtout au point de vue des dimensions. Nous verrons rapidement les poids par la suite.

Cette partie de notre travail repose sur un examen complet que nous avons pu faire des 255 éclats magnétiques qui ont été conservés au laboratoire de la clinique ophtalmologique de Lyon, parmi les 305 qui ont été extraits à l’aide de l’électro-aimant géant de M. le Professeur Rollet, depuis sa construction en 1911. |

Comme la seule étude de la forme mérite le reproche d’être trop subjective, puisque nous avons affaire

à des corps que nous sommes obligé, dans un grand

nombre de cas, de décrire par comparaison avec des objets usuels de la vie courante pour éviter la fastidieuse description géométrique, et que, par conséquent, les erreurs d’interprétation peuvent être nombreuses, nous avons cru utile d’y ajouter des mesures qui, par leurs résultats d'ensemble, nous aideront à bien mettre en relief les caractères différentiels des éclats magnétiques qui font l’objet de ce travail.

Ces mesures doivent être très précises et être exécutées au moyen d’un instrument très sensible; nous avons eu, en effet, à examiner des corps dont la plus grande dimension ne dépassait pas un millimètre, certains d’entre eux même n’avaient pas un dixième de millimètre d'épaisseur.

Nous étions donc dans l'obligation d’avoir recours à un micromètre. Si l’on parcourt les traités de physique médicale, on voit que, pour mesurer les faibles dimensions, il existe deux appareils construits d’après

le principe du vernier, le palmer et le sphéromètre.

Nous ne pouvions nous servir du sphéromètre par suite des trop grandes difficultés que nous aurions rencontrées pour maintenir le corps étranger dans le sens à mesurer entre le marbre et la branche mobile de l’instrument; le sphéromètre n’est, en effet, utile que pour la mesure des dimensions des objets à surface planes. Nous avons donc pensé au palmer. Cet instrument est formé d’un bâtis en forme de U, dont l’une des branches est percée d’un trou fileté où est engagée une tige filetée elle aussi, qui peut être ame-

née jusqu’au contact de l’autre branche du bâtis. Elle est surmontée d’un tambour cylindrique dont la circonférence est divisée en 100 graduations qui correspondent chacun à 1/100 de millimètre. En faisant tourner ce tambour, c’est-à-dire en écartant ou rapprohant la tige mobile de la branche fixe de lappareil, on fait défiler ces graduations devant un repère fixe, gravé sur le bâtis sous la forme d’un trait divisé en plusieurs parties égales qui correspondent chacune à 1 millimètre.

Supposons que nous ayons un fragment métallique à mesurer. Après avoir remonté la branche mobile jus- qu’à la limite, ce qui découvre les graduations gravées sur le bâtis le long du repère fixe, l’on dépose le corps étranger sur la branche fixe. La branche mobile est alors rapprochée du corps à mesurer jusqu’à arriver à son contact, et au fur et à mesure de son mouvement de progression, les graduations du bâtis disparaissent sous son tambour, à raison d’une graduation par tour complet de celui-ci. Supposons qu’au moment où le contact s'établit, il n’y ait plus que deux graduations visibles le long du repère fixe : nous obtenons alors la première partie de notre mesure :° 2 millimètres. Puis, nous recherchons celle des graduations du tambour de la branche mobile qui est juste dans le prolongement du repère fixe; si c’est, par exemple, la graduation 59, il s’agit de 59 centiemes de millimètre, à ajouter aux 2 millimètres précédemment trouvés, pour obtenir la mesure exacte du corps : 2 millimètres 59.

Mais le palmer courant ne pouvait pas encore nous

être très utile; nous étions obligé de le tenir immobile d’une main pendant que nous déposions, avec l’autre main, le corps à mesurer sur la branche fixe, et qu’un aide manœuvrait la branche mobile; et, de plus, il était très mal aisé de maintenir un corps minuscule sur la surface exiguë de la branche fixe. Cet appareil n’était donc pas pratique.

M. le Professeur Rollet fit alors construire, suivant ses indications (1), un micromètre, dérivé du palmer

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