III. I
donne le souverain Maître à tous ceux qu'il députe vers les hommes. Tel fut l'objet principal du ministère prophétique , telle est encore la plus essentielle fonction de celui dont il nous a revêtus. Quand, dans l'ancienne loi, il envoyoit aux enfans d'Israël ses serviteurs, les prophètes : Convertissez-vous, disoit-il par leur bouche, de vos voies détestables; rectifiez vos inclinations (i). Et nous voyons ces saints personnages , fidèles à son précepte , exhorter h la pénitence le peuple prévaricateur. Après de si longs siècles de celte prédication, le Verbe éternel descend lui-même parmi les hommes pour la continuer, et pour la confirmer de son autorité suprême. Venu, comme il le disoit , pour appeler, non les justes , mais les pécheurs à la pénitence (2) , il ouvre sa carrière évangéliqûe en disant au peuple de Juda : Faites pénitence, carie royaume des cieux est proche (5). Il s'étoit fait annoncer par un précurseur chargé
d'intimer le même précepte (4). H s'est donné
(1) Misique ad vos oinnes servos meos prophètes, consurgcns diluculo , mittensque et dicens : Convertimini unusquisque à via suâ pessimâ, et bona facite studia vestra. Jerem. xxxv. i5.
(a) Non veni vocarc justos, sed peccatorcs ad pœnitcntiatn. Ltic. v. 3a.
(3) Ex in de coepit Jésus pradicare et dicere : Pœnitentiam agite j appropinquavit enim regnuni cœlorum. Mat th. îv.
(4) Ycnit Joanncs Baptista pnedicana in deserto Judc*,
pour successeurs des apôtres , qui ont répandu sur la terre ses pressaptes exhortations à la pénitence (1) , et qui ont laissé , après eux , d'au- 1res successeurs, dont le devoir est de les renouveler en tout lieu et en tout temps; de les porter jusqu'aux extrémités du monde ; de les perpétuer jusqu'à la consommation des siècles. La pénitence est comme l'abrégé de la religion. Elle exerce la foi dans les mérites de Jésus- Christ dont elle tire sa vertu. Elle inspire l'espérance dans la miséricorde suprême qu'elle fléchit. Elle anime la charité du regret d'avoir offensé le plus tendre des pères, le plus bienfaisant des maîtres. Elle fait pratiquer l'humilité en avouant les fautes , la mortification en les expiant. Il n'y a pas de mal qu'elle ne répare , pas de bien qu'elle n'opère.
et dicens : Pœnitentjam agite 5 appropinquavit enim regnum «œlomm. Mat th. m. 1.
Venit in omoem regionem Jordan is praxlicans baptismum posnitentia» in remissionem pecca forum. Luc. jii. 3.
(1) Exeuntes pradicabant ut pœnitcntiam agerent. Marc, yi. 12.
His autem auditis, compuncti sunt corde, et dixerunt ad Petrnm et ad reliquos apostolos : Quid faciemus , viri fratres? Pctrus ver6 ad illos : Pœnitenliam, inquit, agite, et baptizetur unusquisque vestrmn in nomme Jesu Christi , in remiseionem peccatorum Testrorum u4ct. 11 • 37, 38.
Pœnitcmini igitur, et convertimini , ut deleantur peccata vestra. Ibid. m. 19.
Deus nunc annuntiat Lominibus ut omnes ubiquè pœnitentiam agant Ibid, xvii. 3o. Et alibi passim.
4 5tJB LA PÉNITENCE.
IL Verlu et sacrement de pénitence.
Pour se former une idée juste et précise de la pénitence» il faut la considérer dans ses différons états , et distinguer la vertu de pénitence du sacrement de pénitence; l'esprit, ou l'habitude de la pénitence , de l'acte de la pénitence. Quand, touché de la vue de ses fautes, l'homme en conçoit un vif regret, et prend la résolution de s'en punir, il possède la vertu de pénitence. Quand ensuite, mu par ce sentiment, il vient aux pieds du prêtre confesser ses péchés et en recevoir l'absolution , il reçoit le sacrement de pénitence. La vertu tire sa force de la bonté divine , qui a promis !e pardon au repentir : le sacrement reçoit son efficacité de l'institution de Jésus-Christ, qui a conféré à ses ministres le grand pouvoir de remettre les péchés.