IV. La attraction comijinnec par l'Ecriture sainte
Il faudroit ignorer profondément la loi de Dieu pour douter qu'elle condamne la détraction. Il y a peu de péchés plus positivement interdits, peu de vices plus fréquemment proscrits dans les livres saints. Quel est l'homme, dit le roi prophète , qui chérit la vie, qui désire voir les jours heureux? Garantis ta langue du mal , et que de tes lèvres il ne sorte point de paroles méchantes (i). Le Sage ordonne de se préserver de la détraction : et il déclare que les paroles de ce genre ne seront point proférées en vain (2). Saint Paul comprend ce péché parmi les crimes les plus énormes, qui excluent du royaume des cieux (3). Et l'apôtre saint Jacques, défendant les détractions mutuelles, ajoute que celui qui juge son frère, ou nuit à sa réputation , juge la loi elle-même , et lui fait tort (4). Il seroit trop long de parcourir tous
(i) Quis cslhomo qui vult vitam, diligit dics viderc bonos? Prohibe linguam tuam h malo , et labia tua non loquanlur do- Jum. P salin, xxxm. i3. i4«
(a) A detractionc pai cite lingua» : cruoniam sermo obscurus invacuumnon ibit. Sap. i. il.
(3) Nolitc errare : neque fornicarii, neque idolis servientes, neque adulterii , neque molles, neque masculorum concubltorcs , neque fures , neque avari , neque malcdici , neque rapacesreftnum Dei possidebunt. i. Cor. vu 9, 10.
(4) Nolitc dctralierc altcrutrum, fratres. Qui detrabit fratri, aut qui judicat fratrem suum, detrabit Jcgi , ctjudical legcm. Jac. iv. 11.
SUR LA d£tràction. 5<>7
les textes sacrés qui condamnent ce vice, et en annoncent la punition.