‹ Considérations sur divers points de la morale chrétienne (volume 2)Chapitre 132 sur 157 · XIII. Et pour ceux qui en sont l'objet · texte numérisé non relu

XIII. Et pour ceux qui en sont l'objet

Aux troubles que la détraction suscite dans la société, joignez les maux douloureux dont elle accable les particuliers. L'Esprit saint emploie pour les faire sentir une expression bien énergique. Il dit que la plaie faite par la langue brise les os (i). Pécheur livré a ce vice funeste, pouvez-vous sans en être effrayé vous-même , contempler tous les infortunés que votre langue meurtrière a plongés dans le malheur. Lh pleure une jeune fille h qui vos propos légers ortt enlevé tout espoir d'établissement. Ici languit dans la misère un négociant dont vous avez perdu le crédit. Ailleurs gémit dans l'exil un sujet fidèle sur qui vos calomnies ont attiré la disgrâce du prince. Dans un autre endroit se consume en vains regrets un innocent que vous avez fait dépouiller de l'emploi qui faisoit la subsistance de sa famille. Plus loin reste dans l'inaction et la pauvreté un domestique à qui vos rapports ferment la porte de toutes les maisons, après l'avoir fait renvoyer de celle où il étoit entretenu. Dans le sanctuaire se lamente l'ecclésiastique qui , par vos diffamations , a

(i) Plaça linçux comminuet ossa. Eccli. xxvm. ai.

SU» EA DÊTRACTION. 52 i

perdu , avec sa réputation , la confiance de son troupeau. Cherchez un mal que la détraction ne puisse produire; je dis trop peu , qu'elle ne produise fréquemment, habituellement, continuellement.

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