‹ Considérations sur divers points de la morale chrétienne (volume 2)Chapitre 14 sur 157 · XV. Deux parties dans la contrition · texte numérisé non relu

XV. Deux parties dans la contrition

Les protestans , qui ont répandu leur doctrine erronée sur toutes les parties du sacrement de pénitence , ont prétendu réduire la contrition à la simple résolution de ne plus commettre de péché, et au commencement d'une nouvelle vie. Mais l'Eglise catholique enseigne , et son dernier concile général l'a déBni , que la contrition a deux parties ; Tune pour le passé, qui est la détestation, le regret amer des péchés commis; l'autre pour l'avenir, qui est la forte résolution de n'en plus commettre (2) .

(1) Statue tibi speculam : pone tibi amaritudines : dirige cor tuum in viam rectam. Jerem. xxxi ai .

(3) Contritio, qu* primum locum inter dictos pœnitenti»

Que nos frères séparés de nous considèrent que le nom même de contrition exprime le brisement du cœur. Qu'ils fassent attention que, s'il ne peut y avoir de regret sans ferme propos, réciproquement il ne peut exister de ferme propos sans regret. Ce sont deux choses inséparablement unies. Celui-là ne déteste, ne regrette pas sincèrement ses péehés , qui est dans la disposition de les renouveler; et de même il ne peut pas avoir une résolution ferme de ne plus retomber dans ses fautes , l'homme qui y conserve de l'attachement , qui n'est pas affligé de s'en être souillé. Qu'ils parcourent enfin tous les exemples de pénitens que présentent les saintes Ecritures : en trouveront-ils un seul qui n'ait mérité son pardon par sa profonde affliction? Ils changeoient de vie, parce qu'ils étoient douloureusement peinés de celle qu'ils avoient menée.

Tel est donc l'ordre , telle est la correspondance de ces deux parties , sans la réunion desquelles il ne peut y avoir de véritable contrition. La vivacité du regret est le principe de la ferme résolution : et la fermeté de la résolution est

actus habet, animi dolor, ac detestatio est de peccato commisse) , cumproposito non peccandi de caetero. Conc. Trid. doctrina de sacrant, pcenit. cap, rr.

DecJarat içitur, sancta synodus , hanc contritioncm, non solùm cessationem à peccato et vitae novae propositum et in olioationem, sed veteris ctiam odium coutinerc. Ihid.

2 8 StJR LA PÉNITENCE.

l'effet nécessaire et le signe certain du vif regret. Pécheur, que la grâce a touché , vous désirez savoir si vous êtes véritablement pénétré de cette sincère contrition qui réconcilie avec Dieu. Jugez-en par vos résolutions. Vous sentez-vous , non plus ces velléités de conversion , ces demi-volontés de changement , ces projets vagues d'une meilleure vie, trop communs dans la carrière de la pénitence , et qui ne font que rassurer les prévaricateurs en les aveuglant ; mais une détermination forte , assurée , efficace , et de fuir le péché , et de retrancher tout ce qui peut vous y porter. Voyez le cultivateur qui a découvert dans son champ une plante venimeuse : il ne se contente pas d'en couper les branches , ou même d'abattre le tronc : il va dans le fond de sa terre extirper jusqu'aux deraières racines. De même , qu'il ne vous suffise pas de vouloir ôter le péché de la superficie de Votre âme. Prenez le parti de l'y déraciner. Pénétrez dans votre intérieur. Résolvez -vous fortement aux précautions les plus assujettissantes,

aux sacrifices les plus pénibles, à la fuite de* occasions les plus flatteuses, à une résistance continue , opiniâtre , contre les tentations de tout genre , soit contrariantes , soit séduisantes. Si vous n'êtes pas fermement dans ces courageuses dispositions, vous n'avez rien de la vraie contrition : vous n'êtes, ni réellement décidé à fuir le péché, ni affligé de l'avoir commis.

SUR Là PÉNITENCE.

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