‹ Considérations sur divers points de la morale chrétienne (volume 2)Chapitre 151 sur 157 · XIII · texte numérisé non relu

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578 sur l'impureté.

utile qu'il n'y en eût pas. Celui-là rejette la religion, dont la religion gêne les passions. Or, de toutes les passions, l'impureté est celle qui est le plus gênée par la religion. Dans toutes les autres on cherche des prétextes , on invente des sophismes pour se justifier. L'ambitieux allègue la dignité de son rang, le vindicatif colore ses ressentimens par des motifs de justice, l'avare rejette sur l'économie ses gains sordides. Mais l'impudique ne peut pas avoir même ces fausses ressources. Quelque idée atténuée qu'il se fasse de son état, il lui est impossible , tant qu'il conserve un reste de foi , de se justifier, de se rassurer entièrement, d'étouffer tout rcprochejntérieur. Sa conscience lui dit comme Jean -Baptiste h Hérode : Il ne t'est pas permis (1). Et de même que ce prince incestueux fit mourir le saint précurseur , l'impudique cherche à détruire ce censeur intérieur si incommode. Que toutes lçs lumières de la foi s'éteignent, puisqu'elles font voir un Dieu armé contre cette passion. Les païens, pour autoriser leurs dissolutions, s'étoient fait des dieux impudiques. Dans l'impuissance d'ôter à son Dieu sa sainteté et sa juslice , le chrétien prend l'affreux parti de le nier. Ne pouvant en même temps croire et se satisfaire , il s'efforce d'arra-

(1) Dicebat enim illi Joanncs : Non liect tibi babere cam. Matth. xi y. 4.

sun l'impvrktk. 379

cher de son esprit l'idée de la Divinité. Tels ces infàines vieillards qui avoient entrepris de corrompre Suzanne , commencèrent par détourner les yeux, afin de ne plus voir le ciel , et de perdre toute idée des jugemcns divins (1).

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