XX. La crainte des peines est utile
Nous disons d'abord avec toute l'Eglise catholique , et contre les hérétiques du seizième siècle, que la douleur du péché conçue par la erainte des peines éternelles , non seulement n'est pas vicieuse, et ne rend pas l'homme coupable , mais est véritablement utile , et sert à 4a justification du pécheur; en le préparant à
recevoir dans le sacrement la grâce de la réconciliation (1). C'est cette crainte de l'enfer que l'Esprit saint appelle le commencement de la sagesse (2). Elle engage l'homme à s'abstenir de l'iniquité : elle lui en ôte même la volonté : et, diminuant peu à peu l'habitude du péché, elle finit par le détruire. Elle chasse ainsi le vice du cœur, et s'en empare; elle en aplanit les voies à la charité; renverse les barrières élevées pour en fermer l'entrée à cette reine des vertus; lui en ouvre les portes, l'y introduit, et lui remet l'empire qu'elle y avoit pris. Victorieuse de l'usurpateur, elle replace sur son trône la légitime souveraine.