‹ Considérations sur divers points de la morale chrétienne (volume 2)Chapitre 37 sur 157 · XXXIX. Intégrité de la confession · texte numérisé non relu

XXXIX. Intégrité de la confession

Car, et c'est, d'après le concile de Trente, fa doctrine de tous les maîtres de la vie spirirituelle , la confession est véritablement et suffisamment entière , quand elle a l'intégrité qu'ils appellent matérielle ; qui consiste à s'accuser de tous les péchés que , après un mûr examen , on a pu rappeler à sa mémoire. Quant à ceux que notre attention n'a pu saisir, et qui ont échappé à nos profondes recherches, nous n'avons pas la possibilité , et par conséquent pas l'obligation de les déclarer. Il suffit de demander en général la grâce d'en être purifié. Mais celui qui dans sa confession use volontairement de réticence , loin d'obtenir la rémission de ses péchés , se charge d'un nouveau crime plus grave encore. De ce tribunal d'où il devoit sortir innocent , il sort plus coupable qu'il n'y est entré. II a menti à lui-même et h sa conscience , il a menti à Dieu dans la personne de son représentant. Un seul péché mortel , sciemment omis , a rendu sa confession , non seulement nulle , mais sacrilège ; et la sentence d'absolution , que le malheureux h surprise sur la terre , est devenue pour lui » dans le ciel , un arrêt de condamnation. Telle doit être l'intégrité de notre confession; elle doit comprendre, non seulement tous les genres

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de péché mortel dont on a souillé son âme , mais le nombre de chaque espèce; présenter comme douteux ceux que Ton n'est pas assuré d'avoir commis , exprimer les circonstances qui changent la nature des actions, et celles qui en aggravent la mâlice,' déclarer si les offenses ont été commises avec connoissance ou par ignorance , avec réflexion ou légèreté , avec remords ou sans scrupule, par habitude ou en passant; en exposer les causes; en montrer les suites; énoncer si elles ont procédé de quelque passion; si elles ont engagé d'autres personnes à en commettre. En un mot, pour que la confession ait l'intégrité nécessaire , il faut qu'elle nous fasse connoître du prêtre qui , sur son exposé, doit nous juger, s'il étoit possible, comme Dieu nous connoît , mais au moins comme nous nous connoissons nous-mêmes.

Ce sont seulement les péchés mortels que le pécheur est strictement , et sous peine de sacrilège , tenu de révéler dans la confession. Ils en sont seuls la matière nécessaire. Mais combien de motifs doivent engager un vrai pénitent à révéler aussi les fautes vénielles dont sa conscience est chargée ! Les âmes pieuses qui ne commettent que ces légères transgressions, dont la fragilité humaine à tant de peine à se garantir, sont celles qui se reprochent le plus amèrement , qui confessent le plus douloureusement leurs péchés. Et toute offen-.e

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faite à Dieu ne doit-elle pas nous inspirer une vive horreur, un désir ardent d'en êlre déchargés? Ils témoignent bien peu d'amour pour leur père céleste, bien peu de désir de son amitié , ces pécheurs qui , pourvu qu'ils cessent d'être formellement ses ennemis , ne se mettent pas en peine de recouvrer la plénitude de ses bonnes grâces , et qui calculent jusqu'à quel point ils peuvent rester coupables envers lui , sans attirer sur leurs têtes ses éternels châtimens. Sont-ils même bien assurés de se tenir dans celte juste mesure où ils affectent de se placer? Peuvent-ils souvent être bien certains de la nature et du degré de grièveté de leurs prévarications? Connoissent-ils parfaitement cette ligne , sur certains points presque imperceptibles, qui sépare l'offense mortelle de celle qui n'est que vénielle ? Et le doute seul qu'ils doivent concevoir ne rend-il pas leur dissimulation coupable ?

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