XLIX. Les maux de la vie
Elle ne borne pas même là son indulgente bonté. Outre les pénitences imposées par le confesseur, outre celles que nous subissons volontairement , les traverses, les misères, les tribulations que nous éprouvons naturellement dans le cours de la vie , sont , et le concile de Trente l'enseigne , de véritables satisfactions pour nos péchés. Si nous les recevons dans cette vue , si nous les supportons avec une patience chrétienne , la clémence infinie daigne les accepter en expiation (i). Ainsi cet amour immense, cet amour divin, porte son indulgence jusqu'à faire la réparation du péché des fléaux qui sont le châtiment du péché. Il nous fait trouver le remède dans les effets mêmes de
(i) Docet praterea tantam esse divina* munincentix largitatcln, ut non solùm pœnis sponte à nobis pro vindicando susceptis , aut sacerdotis arbitrio pro mensurâ delicti impositts, sed ctiara, quod maximum amoris argumentant est, temporalibus flagcllis à Deo inflictis, et à nobis patienter toleratis, apud Deum Patrem , per Chris tum Jesum satisfacere valeanms. Conc. Trid, docUrina de sacram, pœnit. cap* ix.
SUR LA PÉNITENCE» lo;
notre mal. 11$ ont connu ce grand bienfait de la grâce divine les saints personnages, dès le temps .de l'ancienne loi; et la libératrice d'Israël , qui disoit à ses concitoyens : Reconnoissant que la rigueur de nos maux est inférieure à la grièveté de nos offenses , soyons persuadés que c'est pour notre réformation , et non pour notre perte qu'ils nous sont infligés ( 1 ) ; et le saint modèle de patience , qui déclare heureux celui qui est corrigé par Dieu , qui guérit quand il blesse , et dont la main en frappant rend la santé (2) ; et le prophète qui , en déplorant si énergiquement les maux de sa patrie, demande cependant au Seigneur de le châtier pourvu qùe ce ne soit pas dans sa fureur (È).