‹ Considérations sur divers points de la morale chrétienne (volume 2)Chapitre 49 sur 157 · LV. Satisfaction de vœu, ou en rcalitc · texte numérisé non relu

LV. Satisfaction de vœu, ou en rcalitc

L'Eglise , daus ses premiers siècles , n'admettoit au bienfait de la réconciliation que ceux qui avoient terminé le cours de leurs œuvres satisfactoires. Ainsi en usa saint Paul envers l'incestueux de Corinthe : ainsi en agit saint Jean , à l'égard du brigand qu'il avoit converti : ainsi l'avoient réglé les célèbres canons pénitenliaux qui ont fait pendant longtemps la loi des ministres du sacrement. L'Eglise, qui varie sa discipline selon l'exigence des cas , qui l'adapte aux besoins de ses enfans, qui la proportionne à leur foiblesse , a depuis long temps adouci la sévérité de cette règle. Elle permet d'absoudre celui qui n'a pas encore complété sa satisfaction; mais elle exige toujours la résolution et la promesse de la terminer. De là résulte la distinction entre la satisfaction promise et la satisfaction effectuée ; ou , comme s'exprime l'école , entre la satisfac-

tion dans le vœu , et la satisfaction en réalité* La première, qui est le ferme propos de satisfaire pour ses péchés , est toujours une partie essentielle du sacrement : sans elle il ne peut y avoir de rémission des péchés. La satisfaction réelle est une partie non pas essentielle, mais intégrante du sacrement. Elle n'est pas essentielle; parce qu'avant qu'elle soit exécutée, la coulpe est pardonnée, et la peine éternelle remise : si la mort , ou quelque autre cause , cmpéchoitde l'effectuer, le pénitent n'en seroit pas moins rentré en grâce devant Dieu. Elle est intégrante: parce qu'elle complète le sacrement , qui réunit toutes ses parties , qui a produit tous ses effets, quand la peine temporelle est enfin rachetée par les œuvres salis factoires.

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