‹ Considérations sur divers points de la morale chrétienne (volume 2)Chapitre 69 sur 157 · XX. Vice de différer sa pénitence sur le fondement de la mi · texte numérisé non relu

XX. Vice de différer sa pénitence sur le fondement de la mi

ricorde divine.

Et quel est donc le motif de cette étonnante sécurité qui tranquillise ainsi le pécheur suspendu sur l'abîme? Pourroit-on l'imaginer, si on ne le voyoit ? C'est la religion elle-même qui rassure contre les maux dont elle menace. C'est dans la miséricorde divine , - que le pécheur place son principal espoir. Il fonde sa grande confiance d'être dans tous les temps le maître de sa conversion , sur les secours de la grâce que Dieu nous a promis. Dernier subterfuge , plus funeste que tous les autres , parce qu'étant également vain , il est encore plus criminel.

La miséricorde du Seigneur est infinie. Elle désire plus que moi-même ma conversion. Elle m'ordonne d'espérer en elle avec une ferme confiance. Tel est le langage que tient le pécheur, pour justifier le délai de sa pénitence.

Les principes les plus vrais deviennent les plus dangereux, quand on en fait de fausses applications. Les maximes évidemment fausses séduisent peu de personnes u elles révoltent, et par elles mêmes avertissent du danger de s'y livrer. Il faut plus de réflexion pour découvrir le vice d'une conséquence , que pour apercevoir la fausseté d'un principe. Et l'ennemi du salut sait fort bien qu'il nous pervertira plus

facilement par des raisonnemens captieux , que par de fausses maximes.

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