‹ Considérations sur divers points de la morale chrétienneChapitre 18 sur 281 · XX. La crainte des peines est utile · texte numérisé non relu

XX. La crainte des peines est utile

]\ous disons d'abord avec toute l'Eglise catholique, et contre les hérétiques du seizième siècle , que la douleur du péché conçue par la crainte des peines éternelles , non-seulement n'est pas vicieuse, et ne rend pas l'homme

(i) Remittuntar ei peccata inalta,qaoniam dilexitraultum. Luc. 7; 47.

SUR LA PÉx\ITENCE. 27

coupable , mais est véritablement utile , et sert à la justification du pécheur , en le préparant à recevoir dans le sacrement la grâce de- la réconciliation (1). C'est cette crainte de l'enfer que l'Esprit saint appelle le commencement de la sagesse (2). Elle engage l'homme à s'abstenir de l'iniquité : elle lui en ôte même la volonté : et , diminuant peu à peu l'habitude du péché , elle finit par le détruire. Elle chasse ainsi le vice du cœur, et s'en empare ; elle en aplanit les voies à la charité ; renverse les barrières élevées pour en fermer l'entrée à cette reine des vertus ; lui en ouvre les portes , l'y introduit , et lui remet l'empire qu'elle y avait pris. Victorieuse de l'usurpateur , elle replace sur son trône la légitime souveraine.

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