XXI. Elle doit opérer le regret des fautes
Nous disons ensuite , avec tous les docteurs, qu'il faut distinguer deux choses ; la crainte des peines , et la douleur du péché conçue par la crainte des peines. La crainte seule n'est pas une nouvelle offense, connue \e prétend Luther ; mais , tant qu'elle reste stérile , et qu'elle n'engendre pas la détestation des offenses , elle est impuissante à la justification. Et c'est ici un écueil auquel échouent beaucoup de pécheurs. Ce ne sont pas leurs péchés qu'ils haïssent , ce sont les supplices dont il seront punis. Ils craignent de brûler, et non de pécher. Ils ne sont pas convertis , ils ne sont que timides. Leur
(i) Si qais dixerit eam contritionem qnae paratur per discussionein, collectioneiu , et detestationem peccatoruin, qua quis recogitat aunus sucs in amaiitudine aniinae suae, ponderando peccatoraiu suornm gravitatem , inultitudinem, fœditatem , arnissionera aeternse beatitudinis, et aeternse damnafionis incursuni, coin proposito raelioris vitse, non esse veram et uliiera dolorein, nec piitparalioneni ad giatiam, sed lacère horainem hypocrilam, et niagis peccatoreiu ; demum illani esse dolorem coactam , et non liberum, ac voluntariuui , aiia thema sit. Conc. Trid. de sacrum, pœnit. can. 5.
(2) Initiumsapientiœ timor Doraini. P^a//«. iro; 10.
prétendue pénitence n'est que le désir que le crime reste impuni. Ils s'affligent de ce que Dieu est juste , et non de ce qu'ils l'ont offensé. S'ils n'avaient pas la perspective des tourments infligés au péché , ils continueraient de s'y livrer avec plaisir. Regarderaient-ils comme converti le scélérat qui , lorsqu'on le conduit au supplice, est affligé de subir la mort, et non des crimes qui la lui ont méritée ? Le loup , dit saint Augustin , fuit par la peur des bergers : mais il reste toujours loup. Craindre le châtiment, sans haïr l'offense, n'est pas une contrition. La contrition , toute contrition consiste essentiellement dans le regi-et du péché. Si elle n'en détache pas le cœur , elle est nulle -