‹ Considérations sur divers points de la morale chrétienneChapitre 220 sur 281 · VI. Distinctions à faire sur le scandale pris · texte numérisé non relu

VI. Distinctions à faire sur le scandale pris

Reconnaissons cependant que tout scandale reçu n'est pas un scandale donné ; qu'il peut se faire , qu'il n'est pas même très - rare que le scandale soit pris si mal à

propos et si injustement, qu'il n'entache nullement celui de qui il vient. Pour connaître quelles sont les circonstances dans lesquelles on est exempt de faute, quoiqu'on ait donné occasion à un scandale, il y a deux distinctions importantes à faire : l'une entre les diverses actions dont peut provenir le scandale , l'autre entre les diverses personnes qui peuvent le recevoir.

Les actions ( il s'agit ici de celles qui ne sont pas criminelles) peuvent être de trois espèces : les unes auxquelles ont est tenu , et qui sont des devoirs , soit de religion , soit d'état ; les autres qui , sans être positivement commandées , sont conseillées , et qui sont en elles-mêmes bonnes et louables ; les troisièmes qui sont indifférentes de leur nature , et que l'on peut à son gré pratiquer ou omettre. Les personnes qui se scandalisent des actions innocentes sont de deux sortes : les méchants et les faibles. Les premiers, cherchent des prétextes pour autoriser leurs vices , et des occasions de décrier la vertu; les seconds , par ignorance ou par scrupule , croient devoir s'offenser de choses qui sont légitimes.

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