VII. Cas où on ne doit pas craindre de scandaliser
Deux vérités sont certaines à la seule inspection : la première , que la crainte de scandaliser ne doit pas empêcher de remplir un devoir. Le soin de notre âme est le principal , le seul qui doive nous occuper , puisque enfin c'est pour opérer notre salut , que nous travaillons à celui des autres. Il serait ridicule de dire qu'il faut pécher soi-même, pour ne pas donner aux autres un prétexte mal fondé de pécher. La seconde vérité est , qu'on ne doit pas non plus être arrêté par la crainte de donner aux impies un scandale. Cette sorte d'hommes se scandalise de tout , même des vertus les plus admirables. Vous feriez des miracles, comme Jésus-Christ, qu'ils s'en scandaliseraient encore , comme les pharisiens de ceux du divin Sauveur. Ou plutôt , ils ne se scandalisent réellement 1 de rien. Ils affectent de tout prendre en mauvaise part ,
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pour se donner le droit odieux de tout critiquer ; de traiter la piété d'hypocrisie, le zèle de fanatisme, la foi de superstition , la charité d'intérêt , l'humilité de raffinement de vanité. De tels hommes ne valent pas la peine qu'on s'embarrasse de leurs jugements et de leurs discours. Ce n'est pas la dépravation , c'est la faiblesse que nous devons respecter et ménager. Ce sont nos frères faibles, dont nous devons craindre de troubler les consciences trop délicates. C'est sur nos actions , soit religieuses de leur nature , quoique non prescrites , soit indifférentes en elles - mêmes , que doivent porter nos précautions.