II. Consid. sur la Mor. Chrét
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fants Tobservation exacte des devoirs, l'exercice fidèle des fonctions de leur état. Elle vous ordonne donc de travailler à les en rendre capables. Ce doit être le but principal de vos enseignements. Ils doivent être dirigés vers les professions que vous prévoyez devoir être un jour embrassées par vos enfants. Vous devez tendre à les rendre dignes de leur vocation, à les mettre en état d'en remplir les obligations, de manière à mériter l'estime des hommes et les récompenses de Dieu. Un autre grand motif vous engage encore à ne pas négliger cette partie de l'éducation. C'est de donner à leur esprit une solidité, qui ne s'acquiert que par l'habitude de la réflexion et l'usage du travail. S'ils ne la prennent pas dans leurs premières années, pensez-vous qu'ils la rencontrent au milieu des dissipations du monde ? Quelle honte ne sera-ce pas pour eux, et elle se réfléchira sur vous, si, à leur entrée dans les sociétés, ils se trouvent, par leur ignorance, au-dessous de tous les autres, ne sachant pas même ce qu'il est ignominieux d'ignorer I Quelques grâces avec lesquelles ils se présenteront, quelques talents agréables qu'ils produiront, pourront d'abord les faire rechercher; mais bientôt leur futilité reconnue les fera abandonner, semblables à ces fruits de belle apparence sur lesquels l'œil se porte avec satisfaction, mais que leur insipidité fait rejeter dès qu'ils ont été goûtés. Considérez encore un autre malheur, que leur prépare le désœuvrement auquel vous les accoutumez. C'est l'oisiveté, à laquelle vous condamnez toute leur vie, et qui va être un fardeau continuel pour eux et ponr les autres. Sans parler de tous les vices qu'elle traîne à sa suite, auxquels vous les dévouez, et dont vous vous rendez responsables, envisagez seulement l'objet qui vous intéresse le plus, qui vous attache uniquement, leiu-s succès dans le monde. Père aveugle, où avez-vous vu un jeune homme inappliqué devenir un homme studieux ? Où avez-vous vu un homme sans étude se faire honneur dans les postes qu'il occupait ? En n'accoutumant pas de bonne heure votre fils au travail, vous vous
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préparez la douleur, ou de le voir rejeté de tous les emplois par son incapacité; ou, si malgré son incapacité il parvient à en obtenir, de l'y voir avili, et devenu l'objet du mépris universel. Et vous aussi, mère mondaine, uniquement occupée de rendre votre fille agréable et fêtée dans le monde, ne croyez pas que, pour cet objet même, ce soit une chose indifférente d'orner son esprit de connaissances utiles. Quel esprit prendra-t-elle au milieu des vanités et des frivolités dont elle sera entourée, si vous n'avez pas pris soin de lui former de bonne heure un esprit solide ? Elle n'aura pas, il est vrai, à exercer des fonctions aussi étendues que les hommes; ainsi il n'est pas absolument nécessaire que son instruction le soit autant. Mais ne la destinez-vous pas à avoir un ménage à conduire, une maison à régler, des enfants à élever ? Le Sage l'a prononcé, il y a bien des siècles, cet oracle que l'on voit tous les jours s'accomplir. La femme sensée élève l'édifice de sa maison : celle qui ne l'est pas, renverse la maison la plus élevée (1).