‹ Considérations sur divers points de la morale chrétienneChapitre 44 sur 281 · XLIX. Les maux de la vie · texte numérisé non relu

XLIX. Les maux de la vie

Elle ne borne pas même là son indulgente bonté. Outie les pénitences imposées par le confesseur , outre celles que nous subissons volontairement , les traverses , les misères , les tribulations que nous éprouvons naturellement dans le cours de la vie , sont , et le concile de Trente l'enseigne , de véritables satisfactions pour nos péchés. Si nous les recevons dans cette vue , si nous les supportons avec une patience chrétienne , la clémence infinie daigne les accepter en expiation (1). Ainsi cet amour immense , cet amour divin , porte son indulgence jusqu'à faire la réparation du péché des fléaux qui sont le châtiment du péché. Il nous fait trouver le remède dans les effets mêmes de notre mal. Ils ont connu ce grand bienfait de la grâce divine les saints personnages , dès le temps de l'ancienne loi ; et la libératrice d'Israël , qui disait à ses concitoyens : Reconnaissant que la rigueur de nos maux est inférieure à la grièveté de nos offenses , soyons persuadés que c'est pour notre réformation , et non pour notre perte qu'ils nous sont infligés (2) ; et le

(r) Docet praeterea tantam esse divinae munificentiae largitalem, ut non solum pœnis sponte a nobis pro vindicando susceptis, aut sacerdotis arbitrio pro mensura delicti impositis , sed etiam , quod maximum amoris argumentum est, temporalibus flagellis a Dco inflictis , et a nobis patienter toleratis , apud Denm Patrem , per Christum Jesum satisfacere valeamus. Conc. Trid. doctrina de sacram. pœnit. cap. 9.

(2) Reputanles peccatis nostris baec ipsa supplicia minora esse

saint modèle de patience, qui déclare heureux celui qui est corrigé par Dieu , qui guérit quand il blesse , et dont la main en frappant rend la santé (1); et le prophète qui , en déplorant si énergiquenient les maux de sa patrie, demande cependant au Seigneur de le châtier poui'vu que ce ne soit pas dans sa fureur (2).

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