‹ Considérations sur divers points de la morale chrétienneChapitre 48 sur 281 · LV. Satisfaction de vœu, on en réalité · texte numérisé non relu

LV. Satisfaction de vœu, on en réalité

L'Eglise , dans ses premiers siècles , n'admettait au bienfait de la réconciliation que ceux qui avaient terminé le cours de leurs œuvres satisfactoires. Ainsi en usa saint Paul envers l'incestueux de Corinthe : ainsi en agit saint Jean , à l'égard du brigand qu'il avait converti : ainsi l'avaient réglé les célèbres canons pénitentiaux qui ont fait pendant longtemps la loi des ministres du sacrement. L'Eglise , qui varie sa discipline selon Fexigence des cas , qui l'adapte aux besoins de ses enfants , qui la proportionne à leur faiblesse , a depuis longtemps adouci la sévérité de cette règle. Elle permet d'absoudre celui qui n'a pas encore complété sa satisfaction : mais elle exige toujours la résolution et la promesse de la terminer. De là résulte la distinction entre la satisfaction promise et la satisfaction effectuée ; ou , comme s'exprime l'école , entre la satisfaction dans le vœu , et la satis-

(i) Seraper mortificationem Jesu in corpore nostro circumferentes,. ut et vita JebU luanifestetur in corporibus nostris. i Cor. 4; lo.

SUR LA PÉNITENŒ. 85

faction en réalité. La première , qui est le ferme propos de satisfaire pour ses péchés , est toujours une partie essentielle du sacrement : sans elle il ne peut y avoir de rémission des péchés. La satisfaction réelle est une partie non pas essentielle , mais intégrante du sacrement. Elle n'est pas essentielle; parce qu'avant qu'elle soit exécutée , la coulpe est pardonnée, et la peine éternelle remise : si la mort , ou quelque autre cause , empêchait de l'effectuer , le pénitent n'en serait pas moins rentré en grâce devant Dieu. Elle est intégrante : parce qu'elle complète le sacrement , qui réunit toutes ses parties, qui a produit tous ses elTets , quand la peine temporelle est enfin rachetée par les œuvres satisfactoires.

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