VI. Signes auxquels on peut la reconnaître
0 vous qui lisez cet écrit , arrêtez-vous ici ; nous vous en conjurons pour l'intérêt essentiel de votre bonheur éternel , et même pour celui de cette vie. Faites en ce moment un retour sur vous-même : examinez-vous avec une attention scrupuleuse ; jugez-vous avec une impartiale sévérité. Portez dans tous les replis de votre conscience la sonde de votre attention ; et cherchez s'il ne s'y cache pas quelque sentiment obscur d'envie. Voici à quels signes vous pourrez le reconnaître. Quand vous avez blâmé le bien qui était fait à quelqu'un , quels étaient sur cette personne vos sentiments? Si on la louait devant vous , si on se réjouissait de son bonheur , n'en ressentiez-vous pas une peine secrète ? Si au contraire vous l'entendiez décrier ^ n'éprouviez- vous pas une satisfaction intérieure ? Allez plus loin : dans l'improbation que vous donniez à sa fortune , ne se mêlait-il pas une comparaison , ou formelle , ou tacite avec vous-même ? Ne vous jugiez-vous pas plus digne d'obtenir , plus capable d'exercer l'emploi? JNe cherchez pas à vous abuser plus longtemps. Faites cette recherche intérieure , avec toute la sincérité que demande son importance, avec tout le soin qu'exige sa difficulté.