CHAPITRE III
De l’action de divers excitants
sur la sécrétion gastrique
Les excitants de la sécrétion gastrique employés en clinique n'ont pas tous la même action sur la sécrétion gastrique,
Knud. Faber établit des degrés différents d’insuffisance gastrique d’après la réaction aux divers excitants. Dans 22 cas ou la réaction après repas d'Ewald était négative au congo et 4 autres ou, avec des repas répétés, la réaction était en partie négative et en partie positive, Cet auteur fit une recherche comparée, avec prélèvements fractionnés, de l’action du repas à l'alcool et de l'injection d’histamine sur la sécrétion. Elle révéla que le repas à l'alcool excitait faiblement la sécrétion gastrique et que l’action la plus forte était observée avec l’histamine et un repas comprenant des biscottes.
Après injection d’histamine, la réaction au congo devint
positive dans les cas ou elle était variable avec le repas d’E-
wald; le même résultat fut obtenu dans 8 cas sur 22 qui présentaient une réaction négative au congo après le repas d'Ewald.
L'injection d’histamine ne semble avoir aucune action nette sur la quantité de la sécrétion. Par contre, elle déterminerait une augmentation de la teneur du suc gastrique en pepsine. Cette action se manifesterait, d’après Knud Faber, plus rapidement, plus fortement et d'une façon plus constante que sur la sécrétion de l’acide. L'augmentation de la teneur en pepsine peut être considérable, même dans les cas où l’on ne constate pas la moindre production d'acide.
Dans l’achylie, la concentration totale des chlorures est ordinairement basse, mais elle peut dans certains cas s’approcher de la normale 0,227% à 0,568% (d’après Iorham, Strond et Huffman; la courbe des chlorures est plus élevée que celle de l’acidité, une injection d’histamine les rapproche.
Dans les observations de Knud Faber, où aucune action de l'histamine n'existait sur la production acide, on n’observait aucune action sur la concentration du chlorure.
Dans la plupart des cas, il y avait association d’une faible teneur en chlore et d'une faible teneur en pepsine. La relation que cet auteur avait signalée déjà au Congrès de Elsrlin en 1926, entre Ja concentration de la pepsine et du
chlore, n'est nullement constante.
Il est indispensable de s'assurer que l’anachlorhydrie
observée après un premier tubage est réelle et persistante. Il arrive fréquemment que la secrétion soit inhibée par la peur du tube, par le dégoût pour le repas d’évreuve. Pour éviter ces causes d'erreurs fréquentes, le malade doit être mis en confiance, le repas d'épreuve doit être absorbé lentement et bien mastiqué.
Nous rapportons plus loin 3 observations de malades chez lesquels le tubage à la sonde de Faucher avait ramené un contenu gastrique sans acide libre. À la suite d’une préparation plus minuftieuse du malade, un examen var prélèvement fractionné à la sonde duodenale a donné dans ces 3 cas des résultats différents. Il a montré qu’il n’y avait pas de trouble de la sécrétion dans le premier cas (obs. V), dans le second (obs. VI), il y avait un retard dans l’apparition de l’acide libre, alors que seul le troisième (obs. VIT) restait anachlorhydrique. Il eut été intéressant, dans ce cas, d'étudier l'effet de l'injection d’histamine, nous n’avons pas eu l’occasion de 12 pratiquer. Il n’en reste pas moins évident qu'il faut se garder de conclure trop rapidement à l'existence d'une anachlorhydrie, cette conclusion n’est nas possible après un seul
tubage fait sans avoir pris les précautions nécessaires. OBSERVATION V H. L. 55 ans, marié, employé de commerce. Se plaint
de sensation de tension épigastrique et de douleurs surve-
nant surtout la nuit, 3-4 heures après le repas. Dans la jour-
née, les repas sont suivis d’une sensation de pesanteur qui ne persiste pas.
À. P. Il y a 20 ans, à l’âge de 38 ans, le malade aurait souffert de l'estomac 2 à 3 heures après les repas. N'’aurait jamais été malade. À été hospitalisé l’an dern‘er pour
fracture ‘du bras.
Maladie actuelle. — Son début remonte à trois mois; le malade est réveillé entre 20 et 24 heures par des douleurs épigastriques ; il ne peut se rendormir ; les douleurs seraient soulagées par un vomissement liquide et jaunâtre (!) L'’ap-
pétit est conservé. Pas de constipation.
Examen actuel. — Malade amaïigri. Acné couperosique de la face, pas d’adénopathie, la palpitation abdominale réveille un point douloureux épigastrique.
L'examen des autres appareils est sans partiiularité. Un tubage ramène un contenu gastrique sans acide libre.
Acide libre 6
Acide total 0,73 Digestion BRELSRE MARNE PRESS = 2 mm +} Digestion PHEpropren 20708 = iVMM
Le lendemain nous faisons chez ce malade un nouveau
tubage (à la sonde d’Einhorm laissée à demeure). Tubage à jeun :
Acide libre 0,62 Acide total 1,35
Dipestontau PEER = 7 mm
Digestion au PH propre ...... = 4 mm
Tubage après repas d’évpreuve :
après 30 minutes.
Acide libre o,5s Acide total 1,17
DiseSHONn M AUMEETR RP An ER = 4 mm
Digestion au PH propre ...,.... in
Après 1 heure :
DIPÉSUONTAUSPENPEL RES RTS =
Acide libre 0,65 Acide total 1,53
5 mm Digestion au PA propre #1." sin Après 1 heure 20 : Acide libre 0,62 Acide fotal 1,17 DiIsESTONnAURPBElEER er UNE = 8 mm DisesHonauNPEEPrOpre re art Hoi
Après 1 heure 40 :
Acide libre 0,37 Acide tota] 1,10 Digestion au PH 2 = 6 mm
Digestion au PH propre 5 mm
tDf
Après 2 heures 20 :
Acide libre o Acide total o,52 Digestion au PH 2 — traces Digestion au PH propre s 1/2 mm