À MES MAITRES DE LA FACULTÉ DE MÉDECINE DE STRASBOURG
Introduction
Dans les services de médecine outillés pour les examens systématiques du chimisme gastrique, l'observation de l’anachlorhydrie, c’est-à-dire de l’absence de l'acide chlorhydrique libre est fréquente,
Sa découverte est parfois fortuite. Elle ne se traduit alors par aucun signe clinique. Dans d’autres cas, les signes fonctionnels de la série stomacale conduisent à l’anaiyse du suc gastrique.
Il peut être utile aussi de l’interroger soit pour orienter un diagnostic, soit pour établir une thérapeutique (cancer estomac). Dans certains cas enfin, comme dans les anémies à types pernicieux, elle représente un symptôme constant que l’on est certain de trouver et que l’on détermine pour conférer à l’entite morbide son entière physionomie clinique.
L'absence d’acide libre est-elle un symptôme de second plan ? Son rôle, au contraire, est-il essentiel, comme le pensent certains auteurs surtout allemands et américains, tant
en pathologie gastrique qu’en pathologie générale et va-t-el-
roi
le même jusqu'à mériter de constituer un véritable chapitre de nosologie générale ?
Sans doute est-il plus sage de se ranger à un avis éclectique analogue à celui qui a conduit le Professeur Merklen à écrire à son sujet:
« En réalité, on y confond des faits disparates; la grosse question des anachlornydries avec anémie, avec anémie à type pernicieux, représente un ensemble qui doit être mis à part. Que des traits de passage les relient aux anachlorhydries des dyspepsies banales, c’est plus que probable, à telle enseigne qu'on s'est efforcé d'expliquer celles-ci par celles-là. Demeurons cependant, sur le terrain clinique, où l’une et l’autre émergent de façon bien dissemblables, car là est l'important dans notre ignorance actuelle des données mieux établies. »
La question, on le voit, est plus complexe qu’elle ne le pataît au premier abord. Elle l’est encore plus lorsqu'on se rend compte de l’imprécision de la terminologie, encombrée de mots créés sous l'impulsion d'’interprétations vieillies, sans parler de la réelle difficulté de serrer la question par des méthodes de recherches rigoureuses.
Les travaux de physicochimie moderne ont, en effet, profondément marqué ce problème des secrétions gastriques. Ils ont des exigences qu'il est difficile de satisfaire en clinique, et leurs difficultés d'application justifient pour une
large part que la question n'ait pas encore donné toute sa
OR
mesure. Aussi, n’avons-nous encore d'autre objectif que de nous limiter ici à un essai de synthèse des recherches contemporaines. Nous les exposerons, les analyserons et, à la lueur de nos propres expériences, nous les commenterons.
À l'occasion de faits observés, nous avons tenté cet essai, guidés par la grande expérience clinique et les claires notions puisées dans l’enseignement de M. le Professeur MERKLEN, que nous remercions vivement de l'assistance qu'il a bien voulu nous prêter pour notre thèse.
Nous remercions Mademoiselle ACHARD de nous avoir initié aux méthodes électrométriques de mesure du Ph et le Docteur Paul BLUM d’avoir bien voulu nous autoriser à tra-
vailler âu laboratoire d’hydrologie.
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