LES ANACHLORHYDRIES DU CANCER DE L’ESTOMAC
Nous serons brefs sur la question de l’insuffisance secrétoire dans le cancer de l'estomac.
« C’est sans contredit, écrit M. Lœæper, dans le cancer de l’estomac que le chimisme gastrique donne ses résultats les plus constants et les plus démonstratifs, ceux en un mot, dont la valeur diagnostique est la moins discutable. Dans le cancer et l’ulcère gastrique, ces résultats s'opposent -point par point. Ici c’est presque toujours l’hyperchlorhÿdrie, l’abondance de l’acide chlorhydrique libre, la richesse de la pepsine, là c'est à peu près constamment l’hyperchlorhydrie, l’absence de l’Hcl libre et l’hypopepsie.
Quel que soit le procédé employé, méthode de pesées de Hayem, méthodes colorimétriques de Topfer-Robin, simplifie encore l’emploi du tube B. V. les conclusions des auteurs sont les mêmes. »
Voici quelques statistiques sur fréquence de l'anachlor-
hydrie chez les malades atteints du cancer de l'estomac.
Sont anachlorhydriques :
D'apréstHayemAReonee nee 80 % D'après Boas (125 cas) 77 % D'après Schutz (189 cas) 90 %
DéaprésiRUlIMETER Are 88 % D'après iSchules "Acer 880% D'apres arche ER AERe 7H
des cancéreux de l’estomac (95 % seraient hypochlorhydriques)
M. Lœper, sur 24 cas observés, a trouvé 16 anachlohydriques, 7 autres hypochlorhydriques, 1 seul malade avait un taux d’acide élevé après repas d'épreuve et à jeun.
31 % de tous les anachlorhydriques observés par Boas étaient des cancéreux.
Quel est le rôle du siège du cancer sur le chimisme ? D'après M. Loeper, il ne semble oas l’influencer .Cet auteur n'a pas trouvé une fréquence plus grande d’anachlorhydries dans les cancers des faces ou des courbures que dans les cancers du pylore, Boas pense au contraire qu’elle est plus fréquente dans les cancers envahissants du fondus que dans les cancers circulaires du pylore.
Il ne faut pas dans cette question perdre de vue que d'une part l’anachlorhydrie transitoire est fréquente dans toutes les lésions organiques et d’autre part dans les ulcères en voie de transformation cancéreuse, l'apparition du néo-
plasme ne coïncide pas toujours avec un abaissement du taux
ES
d'Hci pour pérmettre de caractériser la transformation maligne de l’ulcère, à un stade ou une intervention chirurgicale serait des plus urgentes et efficaces.
Il en est de même pour la diminution progressive du taux de l’Hcl libre qui a une imoortance très grande comme élément de diagnostique et qui peut être simulée par la poikylochylie des autres lésions non cancéreuses de l'estomac.
Tel'es sont brièvement résumées les notions importantes et bien connues sur l’anachlorhydrie dans le cancer de l’estomac.
La teneur du suc gastrique en pepsine a une valeur tout à fait secondaire. Elle fait rarement défaut et il n’existe pas de parallelisme entrè le taux de l’acide et la valeur en pepsine du suc.
Signalons que Glasner avait pensé que: dans les cancers fundiques il y avait diminution parallèle de pepsine et du ferment lab, dans les cancers pyloriques, le lab était conservé et la pepsine absente. Ces conceptions sont trop schématiques pour être vraies, elles n’ont pas résisté à des examens plus étendus. |
Nous n'insisterons pas davantage sur les intéressantes questions du rôle des acides de fermentation dans les estomacs anachlorhydriques des cancers de l’estomac et de leur production, ni sur l’action des enzymes microbiennes et celtulaires comme suppléant de l'insuffisance secrétoire gastri-
que. Ces problèmes dépassent le cadre de notre exposé.