‹ Considérations sur l'analyse qualitativeChapitre 5 sur 8 · Lorsqu’on devra soumettre à un essai quelconque un · texte numérisé non relu

Lorsqu’on devra soumettre à un essai quelconque un

précipité nouvellement obtenu, il faudra d’abord le recueillir sur un filtre et le laver à l’eau distillée, pour enlever toutes les matières étrangères qui peuvent l’accompagner. Cette précaution ne doit jamais être négligée^ l’exemple suivant en fera sentir la nécessité. Si nous avions à appliquer les expérienlces des n.°- 4 et 5 (§. II) à l’hydroclil prate. de bismulb,, dans le but de constater l’acide de ce sel métallique, nous obtiendrions d’abord par le nitrate d’argent un précipité blanc de chlorure d’argent , remarquable par sa solubilité dans l’ammoniaque. Ce précipité ne se dissoudra cependant complètement dans cet alcali qu’autant qu’il aura été d’abord bien lavé j dans le cas contraire, la petite quantité de sel de bismuth qu’il retiendrait, donnerait avec l’ammoniaque un précipité blanc d’oxide de bismuth insoluble, qui pourrait être faussement attribué à la présence de l’acide hydriodique (voyez les n.°* 4 et 5 du §. II). J

5. ° Lorsqu’on sera arrivé à une dernière bifurcation , qui permettra de reconnaître immédiatement l’une des bases ou l’un des acides que l’on cherche à découvrir, il n’en faut pas moins, après avoir constaté la nature de celte substance, passer aux numéros suivons, afin de déterminer successivement les différentes matières, qui peuvent encore se trouver dans la même dissolution. Ainsi, par exemple, si l’on avait découvert.

par rexpérîence du n.® 4 (§• I)» le mercure ou le bismutli, il faudrait ensuite passer au n.° 5, quoiqu’on n’y soit point renvoyé par une indication expresse.

6° Lorsqu’on aura découvert et isolé une base ou un acide quelconque par la méthode que nous avons décrite, il ne faut pas s’arrêter à un premier essai j mais il faut faire sur la substance que l’on vient de trouver toutes les expénences qui servent à la caractériser, afin d’acquérir une certitude complète sur sa nature.

• 7.” Le cas d’analyse que nous avons pris pour exemple dans l’exposition de la méthode étant purement fictif, puisqu’on suppose réunies dans une même dissolution la plupart des substances inorganiques connues , ce qui ne se rencontre jamais dans la pratique, il est évident que l’on n’aura jamais besoin d’avoir recours à toutes les manipulations que nous avons indiquées. Nos recherches seront d’autant plus faciles et plus certaines, que les substances que nous devrons découvrir dans une même dissolution seront moins nombreuses : or, il est certain que les mélanges les plus compliqués que l’on puisse avoir à traiter, ne contiennent ordinairement pas audelà de cinq à six bases differentes.

Pour terminer ce que j’avais à dire sur la metbode en general, j’ajouterai que je me suis assuré par l’expérienee qu’elle peut être mise en pratique - sans la moindre difficulté. Plusieurs jiersonnes , peu familiarisées avec les procédés analytiques, ont pu, au moyen de cette méthode, reconnaître avec facilité des métaux, des alliages métalliques, des minérais avec leur gangue, des dissolutions salines complexes. Ayant ete à portée de faire moi -même un assez grand nombre d’essais, surtout d’analyse qualitative, j’ai pu vérifier suecessivement tous les pi'océdés de la méthode , pour éprouver leur exactitude et modifier ceux dont l’application rencontrait dans la pratique

des obstacles que des considérations théoriques n’avalent point pu faire apercevoir.

Pour mieux rendre raison de la marche analytique qui vient d’être exposée, j’ai essayé de résumer en deux tableaux synoptiques les divers procédés d’analyse que nous mettons en usage pour reconnaître les substances minérales Ces tableaux me paraissent présenter le double avantage, de faire retenir facilement la marche de la méthode, et de réunir sous un seul coup d’œil toutes les substances qui se ressemblent par leur manière d’agir sur certains réactifs. Si, par exemple, la dissolution que l’on examine précipitait par l’acide hydrosulfurique, nous pourrions voir de suite sur le premier tableau quelles sont les bases qui peuvent avoir donné Heu à ce précipité. Wous serions alors conduits à chercher la base inconnue parmi les oxides indiqués dans la colonne gauche de la première bifurcation, parmi les oxides d’antimoine, de bismuth, de mercure, d’argent, de plomb, d’étain, de cuivre, de platine et d’or. Si la liqueur ne précipitait point par l’acide bydrosulfurique, le même tableau ferait voir que la base inconnue n’est point du nombre de celles que nous venons de nommer et qu’il faut la chercher parmi les oxides de la colonne droite, les oxides de fer, de manganèse, de nickel, etc. Supposons maintenant que la liqueur inconnue précipite j^ar l’acide hydrosulfurique; dans ce cas il faut la soumettre aux essais qui ont été successivement indiqués dans les diverses colonnes où

1 Je dois beaucoup à l’amitié de M. F. Dournaj pour cette p.nrtic de mon travail.

ï’on s’occupe des bases qui précipitent par ce réactif. On commencera donc par étendre d’eau distillée la dissolution première; si elle devient laiteuse, elle contient de l’oxide d’antimoine, de mercure ou de bismuth. L’acide nitrique, versé sur le précipité obtenu par l’eau distillée, fera reconnaître l’antimoine, caractérisé par son insolubilité dans cet acide, tandis que le bismuth et le mercure, après avoir été dissous dans ce véhicule , seront précipités de nouveau par la potasse avec leur couleur caractéristique.

Il serait inutile de nous étendre davantage sur la manière de se servir de ces tableaux, puisque la marche à suivre est absolument la même que celle des I et II.

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