‹ Considérations sur l'anatomie pathologique et le traitement du rein mobileChapitre 21 sur 70 · chapitre · texte numérisé non relu

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Etude du rein.

Situation. — Le rein mobile se rencontre sur divers points et sa descente commandée par le trajet des fascias ne peut se faire que dans deux directions, en dedans vers la colonne vertébrale, ou,

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en bas vers la crête iliaque. On a continué de donner trois degrés au rein mobile : dans le premier, le rein est simplement abaissé ; son extrémité inférieure peut être sentie par la palpation, mais son extrémité supérieure se trouve encore au niveau des côtes; dans le deuxième il se trouve en entier au-dessous des côtes, on peut insinuer le doigt entre celles-ci et son extrémité supérieure. Dans le troisième qui constitue le vrai rein flottant, la glande n’a plus de rapports avec la paroi lombaire, elle est devenue abdominale et peut descendre jusque dans le bassin, se déplacer en dedans au delà de la ligne médiane.

Huit reins mobiles ont pu être examinés à l’autopsie, cinq droits et trois gauches, et voici les diverses situations qu'ils occupaient :

‘Legueu trouvait deux reins, droit et gauche, quittant complètement la région lombaire pour veuir se placer dans la région ombihcale.

Pasteau, qui a publié deux observations pour quatre reins mobiles, nous montre dans la première le rein droit descendu jusqu'à la fosse iliaque, son extrémité inférieure était située à 3 centimètres au-dessous de la crête iliaque ; le rein gauche avait son extrémité inférieure à 2 centimètres au-dessus de cette crête. Dans la deuxième, le rein droit était complètement dans la fosse iliaque ; le rein gauche avait glissé le long de la paroi postérieure de l’abdomen et son extrémité inférieure arrivait à 2 centimètres de la crête iliaque.

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Le rein droit occupait la fosse lombaire et en grande partie la fosse iliaque pour ses deux tiers inférieurs dans le cas de Glantenay et Gosset : et dans celui de Fredet il était situé dans l’espace compris entre le bord supérieur de la troisième et de la cinquième lombaires, son extrémité inférieure répondait à la partie haute de la fosse iliaque.

Région ombilicale, partie inférieure de la région lombaire, fosse illiaque et en partie ces deux régions, telles sont les différentes situations dans lesquelles les autopsies nous ont montré le rein mobile. Mais il peut en occuper d’autres; ainsi nous signalerons le cas de M. Hamonic (1) qui trouva un rein mobile derrière l'estomac, à cheval sur la colonne vertébrale et au-dessous de l’appendice xiphoïde.

Le rein se déplace seul, la capsule ne le suit pas dans son déplacement.

Direction. — Le trajet des fascias règle la descente du rein, mais un second facteur interviendra à son tour pour modifier le sens du déplacement : c’est le pédicule rénal.

Le rein mobile fait ordinairement son parcours en deux étapes : il descend d’abord verticalement, parallèlement à la ligne médiane, et cela tant que son pédicule le lui permet. Lorsque l’élongation de ce dernier est à son maximum, si le rein continue à

1. Hamonic. Rein mobile avec déplacement deil’organe derrière l’estomac. Rev, clin. d'androl. et de gynécol. Paris, 1902, p. 51-55.

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se déplacer il ne peut le faire qu’en se rapprochant de la ligne médiane, car il est amarré par son pédicule. Il décrit alors une courbe dont le centre est au niveau du point d’origine de ses vaisseaux; son bord convexe devient inférieur et le hile regarde en haut et en dedans.

C'est ainsi que Legueu trouva les deux reins dans la région ombilicale en situation transversale. Les vaisseaux avaient alteint leur maximum d’élongation et amarré par eux, lerein avait opéré le deuxième temps de la descente et s'était dirigé vers la ligne médiane.

Au contraire, Glantenay et Gosset constataient que le rein droit était en situation nettement verticale et il n'y avait même pas tendance à un rapprochement de l'extrémité inférieure vers la ligne médiane. Mais dans leur cas, le pédicule laissait au rein une grande liberté, grâce à la traction exercée sur la veine cave.

Pasteau dans sa première autopsie trouva le rein droit dirigé obliquement en bas et en dedans, ainsi que le rein gauche. Dans la deuxième, le rein gauche était fortement oblique en baset en dedans, la face antérieure regardait directement en avant. Oblique encore était le rein droit de Fredet: le grand axe était incliné en dehors et formait avec la transversale un angle de 45°, le bord interne était devenu supérieur.

Les choses se passent ordinairement ainsi dans les reins mobiles à grand déplacement et l’on trouve

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les reins, soil verticaux, soit obliques, soit horizontaux. Mais il peut arriver que dans sa course, le rein éprouve un mouvement de rotation autour de ses axes propres. Il peut tourner autour de son axe vertical, de telle sorte que dans certains cas le bord externe devient antérieur. Albarran déclare que bien souvent, pendant ses opérations de rein mobile, il a remarqué ce mouvement de rotation du rein autour de son axe vertical, et que le plus souvent on n'arrive pas directement sur le bord convexe du rein, mais bien sur sa face postérieure. Watson (1), qui a fait huit autopsies de rein mobile, a également noté ce fait.

Le bord externe, peut aussi par un mouvement inverse, devenir postérieur et même interne. C’est ce qu'il ressort de l’autopsie de Deville (2) : le bord convexe du rein droit regarde la colonne vertébrale, et son bord concave avec le bassinet et l'uretère est en dehors.

Une autre variété est constituée par le rein mobile tournant autour de son axe transversal. L’extrémité supérieure se trouve portée en arrière, et l'extrémité inférieure en avant: il est en rétroversion. Nous trouvons cette variété dans la deuxième autopsie de Pasteau, le rein droit a une direction horizontale et antéro-postérieure et l'extrémité inférieure est deve-

1. Watson. Journal of. anatom. and gen. urinary diseases, 1897, page 315.

2, Deville. Bull. Soc. anat., 1846, p. 377.

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nue antérieure. Nous ajouterons que ce rein avait subi en outre un mouvement de rotation autour de son axe vertical, car sa face antérieure était devenue externe et un peu supérieure, et la face postérieure interne et un peu inférieure. Albarran (1) relate également le cas d’une deses opérées, chez qui il trouva le rein en très forte rétroversion. Walther a aussi opéré une malade, dont l'extrémité inférieure du rein basculait en avant et comprimait l'uretère.

Inversement, le rein peut être en antéversion, l’extrémité supérieure devient antérieure. Potain (2) a appelé l'attention sur cette variété, il l’a attribuée à une colite muco-membraneuse ; l’inflammation du tissu périrénal aboutirait à la disparition du tissu graisseux, et, le rein n'étant plus soutenu en avant, se placerait en antéversion. Comme M. Albarran, nous trouvons cette explication très ingénieuse, et nous pensons que l'inflammation périrénale ne pourrait avoir d'autre effet que de transformer le tissu graisseux en tissu fibreux et par là même de fixer le rein. On constate dans les opérations que certains reins sont dépourvus de graisse, et ne sont point en antéversion. Il en était ainsi dans l’autopsie faite par Legueu.

Walther (3) rapporte un cas dans lequel le rein

1. Albarran. Ann, des mal. des org. gén. urin., 1893, p.385. 2. Potain. Gaz. des hôpitaux, 21 août 1890.

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