Albarran. Association française de chirurgie
Ou
devenu un /ocus minoris resistentiæ, et l'infection peut se développer quelquefois très rapidement ; mais cela n’est pas absolu, on peut voir des rétentions répétées chez des femmes qui ne font point d'infection.
Les petites rétentions inconnues, signalées par Michon, Pasteau et Albarran, peuvent-elles favoriser son infection ? cela n’est pas impossible, le bon fonctionnement du rein semble altéré, et quand on examine le produit de la rétention on trouve une diminution des éléments : ainsi 3 grammes d’urée au lieu de 10.
L’infection peut se faire par voie ascendante ou voie descendante.
L’infection ascendante semble nette dans le cas que rapporte Martineau (1); il s'agissait d’une malade dont le rein droit était mobile depuis vingt-cinq ans; elle fut atteinte de vaginite, puis de cystite et enfin de pyélonéphrite. Dans la thèse de Walch nous trouvons un cas à peu près semblable : une malade d’Albarran atteinte de mobilité rénale droite est sondée pour rétention d'urine, les jours suivants les urines sont troubles et bientôt se déclarent les signes de pyélonéphrite ascendante.
L'infection descendante est aussi constatée à la suite d’une maladie infectieuse, angine, grippe, etc. On trouve alors dans le rein mobile tous les symptômes de pyélonéphrite. Ainsi en était-il chez un
1, Martineau. Th. Paris, 1868,
malade d’Albarran Cet homme, à la suite d’une grippe qui le tint longtemps à la chambre, se plaint de douleurs lombaires extrémement vives et les urines sont uniformément troubles, en même temps que le rein droit est mobile, un peu gros et douloureux.Nous-même, avons pu voir évoluer, sous nos yeux une pyonéphrose dans un rein mobile à l’hôpital Necker. Il s'agissait d’une jeune fille de 21 ans, vierge, qui avait eu de l’incontinence infantile et qui rentrait pour cystite subaiguë. Le rein droit était très descendu, mais ne présentait aucune sensibilité particulière. Deux divisions faites à deux reprises différentes permirent de recueillir des urines limpides des deux côtés. La cystite n’était pas tuberculeuse, et rien n’obligeait à croire à une cystite partie du vagin. Un mois après survint une angine avec fièvre pendant deux jours, puis ébauche d’apyrexie et enfin pyrexie avec oscillation, en même temps le rein était devenu douloureux, avait augmenté de volume et les urines étaient plus purulentes.
Ces pyélo-néphrites traitées par la néphropexie guérissent ; il n’est donc pas douteux qu’elles soient sous la dépendance de la mobilité rénale, des congestions dont le rein mobile est fréquemment l’objet, et des petites rétentions. Albarran, Pasteau, Walch, etc., en ont cité des observations.
Ces affections que nous avons signalées jusqu'ici, sont des complications inhérentes au rein mobile. Il en existe d’autres : le rein mobile, par le fait de sa mobilité, n'échappe pas en effet aux affections du
| — 67 RER rein ordinaire ; mais sans les créer de toutes pièces ne peut-il pas devenir une cause prédisposante sérieuse. Certains auteurs l'ont admis pour la lithiase rénale, pour le cancer.
Lithiase rénale. — Les calculs peuvent se développer dans un rein mobile; y a-t-il simple coïncidence, - Où faut-il incriminer la mobilité rénale d'aider à leur formation ? Pour Morris cette coïncidence est rare.
W.. Bruce-Clarke(1) rapporte à ce sujet une observation bien intéressante : une femme de 24 ans éprouvait depuis des années dans la région lombaire de violentes douleurs du côté gauche de l'abdomen. Elle rendait quelques calculs phosphatiques accompagnés d’hématurie. Le rein gauche fut incisé et il s’en échappa de l'urine et de la gravelle phosphatique; il fut fixé en place, et trois mois après, le rein droit étant devenu mobile, fut fixé à son tour. Depuis les calculs n’ont plus reparu et l’état de la malade est devenu excellent.
Le même auteur cite encore trois autres cas de lithiase dans le rein mobile, sur trente reins de ce genre, il avait trouvé quatre fois cette affection. Jordon-Llyod (2), Mac Cosh Andrews (3), Howard March (4), etc., en rapportent également quelques
observations.