ÏJ. — ANATOMIE DU REIN
Situation. — Les reins occupent la région postérieure de l'abdomen. Ils sont couchés sur les côtés du rachis à la hauteur des deux dernières vertèbres dorsales et des deux ou trois premières lombaires.
L'’extrémité supérieure s’étend jusqu’à la onzième côte, l'extrémité inférieure arrive à l’apophyse transverse de la troisième vertèbre lombaire du côté gauche et la dépasse un peu du côté droit.
Direction. — Les reins sont allongés dans le sens
vertical, mais leur grand axe est oblique de haut en
bas et de dedans en dehors. D'autre part, leur axe transversal est oblique de dedans en dehors et d'avant en arrière.
Dimensions.— Lerein présente en moyenne 12 centimètres de longueur sur 7 de largeur et 3 d’épaisseur.
Moyens de fixité. — Les reins sont maintenus en position : 10 par leurs vaisseaux ; 20 par le péritoine ; 30 par la capsule rénale ou fascia rénal; 4° par la pression intra-abdominale.
1° Vaisseaux. — Le pédicule vasculaire empêche le rein de se déplacer en dehors et limite sa mobilité de haut en bas.
20 PÉRITOINE. — Il passe tendu sur la face antérieure du rein et, arrivé au bord convexe de la glande, il se continue avec le péritoine pariétal.
Lorsqu'on essaie de mobiliser le rein dans son atmosphère cellulo-adipeuse, et que le péritoine est en place, on voit que le rein glisse au-dessous du péritoine dans une certaine étendue au delà de laquelle la séreuse suit les mouvements qu’on imprime au rein ; au-dessus et au-dessous du rein, le péritoine se plisse pendant ces mouvements étendus (Albarran).
30 CAPSULE RÉNALE. — Le fascia rénal est formé de la facon suivante :
En arrivant au bord externe du rein le fascia propria se divise en deux feuillets : un feuillet antérieur qui s'étale sur la face antérieure du rein et un feuillet
postérieur qui passe sur la face postérieure entre
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cette face et la paroi abdominale. Ce dernier tapisse le carré lombaire recouvert de son aponévrose et le psoas, puis s’insère en dedans aux corps vertébraux et aux disques intervertébraux. Le feuillet antérieur s'étale sur la face antérieure, passe au-devant du hile et des gros vaisseaux prévertébraux et vient sur la ligne médiane se fusionner avec celui du côté opposé. Du côté gauche le feuillet antérieur est un peu plus épais que du côté droit; cette disposition est due, ainsi que l’a démontré Zuckerkandl,au développement du mésentère primitif. En haut, ces deux feuillets passent sur les faces de la capsule surrénale, se fusionnent et contractent de fortes adhérences avec la face inférieure du diaphragme. En bas, les deux feuillets se rapprochent mais sans se fusionner et continuent à descendre isolément pour venir se perdre dans le tissu cellulaire de la fosse iliaque interne.
Il résulte que le fascia rénal forme au rein et à la capsule surrénale une loge commune, loge rénale, et que cette loge est fermée en haut et en dehors. Le rein peut sortir de sa loge dans certains cas, il peut donc le faire suivant deux directions, en dedans et en bas.
Le fascia rénal, outre ses adhérences en haut avec le diaphragme, sa coniinuité en dehors avec le fascia propria, est encore fixé par des adhérences celluieuses avec le péritoine et avec la paroi lombaire.
Le rein à son tour n’est pas libre dans sa loge fibreuse, il est maintenu par des éléments graisseux,
des éléments cellulo-conjonctifs et vasculaires.
Le rôle de la graisse est plutôt accessoire, mais sa disparition rapide peut contribuer à faciliter la mobilisation. |
Ce qui fixe le rein dans sa capsule,ce sont les éléments cellulo-conjonctifs et même vasculaires qui de toute sa surface rayonnent vers la face interne de celte capsule. [ls sont surtout accentués au niveau de l'extrémité supérieure et au niveau du hile.
4o PRESSION INTRA-ABDOMINALE. — Elle a la plus grande influence sur la fixité du rein (Weiïsker et Heitzka). Les expériences de Volkofet Delitzine (1) ont confirmé ce fait. Ils ont démontré que sur le cadavre placé debout les reins s’abaissent lorsque le ventre estouvert. Cetabaissement s’observe encore lorsqu'on se borne à affaiblir la paroi abdominale en enlevant des muscles.
Conformation extérieure. Rapports.—Chaquerein a la forme d’un haricot (Haller), dont le bord concave ou hile serait tourné en dedans. Sa face antérieure légèrement bombée, unie et régulière chez l'adulte, plus ou moins bosselée chezle fœtus, regarde en avant et un peu en dehors ; elle est revêtue par le péritoine. À droite elle est en rapport : 1° avec la face inférieure du foie qui la recouvre dans ses trois quarts supérieurs ; 2 avec le côlon ascendant et la
portion iniliale du côlon transverse pour son quart
1. Volkoff et Delitzine. Soc. des médecins russes de Saint- Pétersbourg, 12 décembre 1897. Méd. mod., 1897.
Ad
inférieur ; 3 avec la deuxième portion du duodénum qui descend verticalement le long de la partie interne, en croisant au niveau duhile les vaisseaux rénaux et leurs divisions À gauche, elle répond successivement à la queue du pancréas en haut, à la rate en haut et en dehors, au côlon transverse en bas.
La face postérieure à peu près plane regarde en arrière et en dedans. Elle répond aux onzième et douzième côtes et aux deux apophyses transverses des deux premières vertèbres lombaires, dont elle est séparée: en haut par le sinus pleural et le diaphragme, en bas par le muscle carré des lombes, le feuillet antérieur de l’aponévrose du transverse et une dépendance de ce feuillet : le ligament fibreux décrit par Henlé et Récamier. Ce ligament qui part du sommet des apophyses transverses de la première et deuxième lombaires pour aller en haut et en dehors s’insérer à la douzième côte si cet os présente sa longueur normale, ou à la onzième et douzième si cette dernière est courte, a toujours son bord inférieur au même niveau et l’extrémité inférieure du rein la dépasse à peine. Cette disposition anatomique empêche de sentir le rein, à l’état normal, lorsqu'on place les doigts au-dessous de la dernière côte.
L’extrémité supérieure répond à la onzième côte et dans sa partie supéro-interne à la capsule surrénale.
L’extrémité inférieure à une ligne horizontale passant par l’apophyse transverse de la troisième ver-
Le JS
tèbre lombaire. La distance qui la sépare de la crête iliaque, est en moyenne de 5 centimètres pour le côté gauche, 3 cm. 5 à 4 centimètres pour le côté droit.
Le bord externe, convexe et arrondi, déborde un peu à sa partie inférieure le bord externe du carré des lombes et des muscles spinaux ; à droite, il répond au foie dans sa plus grande étendue, à gauche à la rate et au côlon descendant.
Le bordinterne concave répond au muscle psoas ; arrondi en haut et en bas, il présente à sa partie moyenne une échancrure très nette, le hile, par où passent tous les organes, vaisseaux, nerfs et canal excréteur qui se rendent aurein ou en partent, et constituent le pédicule.
Mobilité normale du rein. — Le rein n’est pas immobile dans sa loge. Les mouvements respiratoires influent sur lui : il descend pendant l’inspiration et remonte lors de l'expiration; de même les changements d’attitude du sujet, il descend dans la station debout.
Dans ses mouvements normaux le rein glisse dans son enveloppe graisseuse, tandis que l'enveloppe fibreuse reste fixe.
La mobilité varie beaucoup suivant les sujets. Cependant on peut en moyenne évaluer la course du rein à 3 ou à centimètres. Elle est plus marquée chez les femmes que chez les hommes.