‹ Considérations sur l'annexion [microforme]Chapitre 2 sur 3 · L. G. DESJARDINS · texte numérisé non relu

L. G. DESJARDINS

Québec, Août 1891.

Depuis quelque temps, plusieurs questions importantes ont plus ou moins intéressé l'opinion publique, sans toutefois entrer dans le domaine du mouvement politique pratique du pays. On parle assez souvent de la fédération impériale, de l’union commerciale du Canada avec les Etats-Unis, de la réciprocité sans restrictions, et de l'indépendance. Une seule de ces questions, la réciprocité commerciale illimitée, a, jusqu’à présent, été le sujet d’une discus-: sion parlementaire. Comme on pouvait s’y attendre, l'étude de ces divers changements à la situation actuelle, suggérés parles uns, combattus parles autres, a fourni à quelques partisans de l'annexion l’occasion d'exprimer leurs vues en faveur de l'union politique avec la République voisine. Cette expression d’opinion n’a, il est vrai, que très peu d’écho dans le pays. Mais les événements de la récente élection présidentielle, et surtout le résultat de cette lutte acharnée ont paru donner un peu de hardiesse et d'espérance à un certain nombre de ceux qui ont foi dans l’annexion, et dans les avantages qui en découleraient pour le Canada. Je n’en conclus pas à l’actualité de la question. Mais il peut être utile de ne pas

laisser circuler certaines idées sur ce sujet, dont on ne saurait nier l'importance, sans appeler l'attention publique sur les raisons si sérieses qui militent contre l'union politique encore bien timidement proposée.

Pour se former une opinion raisonnée et juste sur l'annexion, il me semble qu'il faut de toute nécessité considérer la question aux différents points de vue suivants :

Premièrement, l'annexion nous offrirait-elle une situation définitive ?

Secondement, le Canada trouverait-il dans ce nouvel ordre de choses les avantages que l’on suppose ?

Troisièmement, quelles conditions d'existence nationale et politique l'annexion ferait-elle à l’élément canadien-français ?

Si je puis répondre d’une manière négative aux questions qui précèdent, et qui embrassent tout le sujet dans son cadre le plus étendu, mes lecteurs conclueront facilement, avec moi, que l'annexion n’est pas désirable.

J'aborde la question par son côté le plus large, en premier lieu, en me demandant si au moins nous pourrions espérer trouver, dans l’union politique, une solution définitive du grand problème de notre

1t on tion itent ment

juste oute oints

une

1s ce sup-

tence l'élé-

e aux

tout teurs exion

ve, en nous ique»

notre

manière d’être comme nation. Je commence ainsi l'étude que je me propose de faire, parce que je crois devoir d’abord répondre aux partisans de l’annexion que ce qu’ils proposent ne s'offre pas avec Ce caractère de durée, de stabilité, que nous sommes en droit d'exiger comme condition première à un changement de régime politique.

Le moins que puissent faire ceux qui croient à l'annexion, c’est de nous démontrer qu’elle mettrait fin, autant qu'il est possible de les prévoir, à toutes les éventualités de l'avenir, pour nous assurer la permanence de l’ordre de choses auquel ils aspirent. Car, à quoi nous servirait de renoncer aux avantages certains et connus de notre situation actuelle, pour tenter une aventure aussi considérable, si nous devions être exposés, peut-être dans peu d’années, à de nouveaux changements dont nous ne saurions mesurer toute la dangereuse portée.

L'idée annexionniste n’est pas originaire du Canada. Elle a pris naissance aux Etats-Unis le jour où nos voisins, ayant entrepris de conquérir leur indépendance, nousont invités, mais sans succès, À nous unir à eux pour fonder une nation. Quelle est cette idée, telle qu’on la conçoit au-delà de la frontière, où il faut aller pour en trouver la signification la plus complète et la plus vraie ? C’est de réunir, sous la puissance du gouvernement républicain de Washington, au moins tout le continent de

l'Amérique du Nord. Les annexionnistes américains ne limitent pas leurs aspirations à l’union du Canada. Ils regardent de même au Sad, et ils se bercent de l’espoir que le jour n’est peut-être pas éloigné où le ; Mexique sera sous la protection du drapeau étoilé.

C'est le temps de se demander s’il est bien humainement possible qu'un pouvoir, s’exerçant sur une aussi vaste étendue de territoire, puissent durer longtemps. On ne saurait se dissimuler l'importance de cette question. Les obstacles à la stabilité de ce pouvoir découleraient de la nature républicaine du gouvernement d’un pays aussi immense, et de la diversité des races et des intérêts.

Je ne surprendrai personne en disant que l’idée annexionniste a été accueillie avec faveur au Canada surtout par ceux qui sont enthousiastes de la république. Je n’entends pas discuter les avantages et les inconvénients respectifs des diverses formes de gouvernement, parce que ce sujet n’entre pas nécessairement dans le cadre de cette étude. Maisil ya un point sur lequel je crois au moins que tout le monde doit être d'accord. C’est que la forme républicaine est la moins adaptée au gouvernement d’un pays d’une immense étendue, couverte d’une très nombreuse population.

Les difficultés gouvernementales, qui augmentent naturellement avec l'expansion du territoire et ‘de la population, s'accroissent relativement dans de

cains 1ada.

it de où le oilé.

bien t sur lurer ance de ce Le du le la

’idée nada ‘épues et s de éces- | ya ut le ‘épud'un très

nenre et s de

plus grandes proportions avec la forme républicaine. J'appuie cette proposition sur l’enseignement certain de l’histoire du monde, quine nous offre pas d’exemple d’une république gouvernant, pendant une longue suite de siècles, un peuple très nombreux habitant un territoire très étendu. Les républiques de la Grèce, sous le double rapport de l'étendue et de la population, ne dépassèrent jamais des limites restreintes, dans lesquelles, je le sais, le génie humain s'épanouit avec un éclat éblouissant. La République romaine ne put se soutenir à l'apogée de puissance et de gloire qu’elle avait atteinte par de prodigieux efforts. Quand, à la grandeur morale, s'ajoutèrent celles du nombre et de l'étendue, la république se fit empire. De ce grand évènement découla la preuve qu'il y a peu de distance entre la liberté républicaine et le césarisme. Le monde en a eu un exemple bien frappant, en France, au commencement de ce siècle.

L'histoire des républiques italiennes, avec leur existence mouvementée, appuie fortement ma proposition.

On me répondra probablement qu’au moins l’histoire contemporaine me contredit formellement, et on me signalera l’existence des deux Républiques américaine et française. Je répliquerai que, quant à la France, le troisième essai du régime républicain, qui ne dure que depuis peu d'années, au milieu des tiraillements, des diflicultés, des misères que l’on

sait, ne peut certainement pas être invoqué à l’encontre de ma proposition. En premier lieu, le régime républicain ne s'exerce pas en France dans les conditions dont j'ai parlé, en disant que, de sa nature, il est le moins adapté au gouvernement d'un pays vaste et très peuplé. Le territoire de la France n’est pas bien considérable. Une république américaine, avec l'annexion du Canada et du Mexique, serait au moins trente fois plus étendue que la République française. À l'exiguité reiative du territoire, s'ajoute, en France, pour favoriser l'exercice et la stabilité du régime républicain, l'homogénéité de la population, une autre condition importante qui n’existerait pas aux Etats-Unis, surtout avec les annexions proposées.

Je sais qu’en France, la forme républicaine de gouvernement rencontre deux obstacles très sérieux ; le premier, celui qui vient des traditions monarchiques encore, quoiquon en dise, profondément enracinées dans le sol où elles ont si longtemps produit des fruits précieux de grandeur nationale ; le second, celui qui est né des excès qui ont signalé ses divers essais. Sous ce double rapport, j'admettrai volontiers que le gouvernement républicain ne s’exercerait pas dans les mêmes conditions aux Etats-Unis, agrandis jusqu'aux limites de tout le continent de l’Amérique du Nord. Mais je ne puis pas encore reconnaitre que le fait de l'existence de la République américaine contredise l’enseignement que j'ai tiré de l’histoire.

à l’enrégime ins les ature, pays ’est pas e, avec moins ançaise.

te, en lité du lation, Lait pas propo-

aine de érieux ; narchidément œtemps ionale ; signalé mettrai ain ne ns aux tout le 1e puis *e de la iement

Cette République existe depuis un peu plus d'un siècle. Pour une nation, ce n’est pas encore, on doit l’'admettre, une carrière bien longue. Sous le rapport de la durée, il me parait évident que l'expérience que l’on fait du régime républicain aux Etats-Unis, est très loin d'être suffisante pour autoriser les

partisans de cette forme de gouvernement, à nier l'enseignement de l'histoire sur l'instabilité des

institutions républicaines. Comme je n'écris pas sous l'empire de préjugés, mais avec le seul désir d'étudier sérieusement l'importante question que je traite, je reconnais, sans hésiter, qu'en somme l'essai du système républicain, aux Etats-Unis, est peut-être le plus heureux à signaler dans l’histoire du monde. Mais ne serait-ce pas le cas de dire que l'exception prouve la règle ?

Ce succès relatif n'a pas été obtenu sans de graves difficultés. Les débuts ont été pénibles, et ce n’est qu'après des embarras sérieux que l’on réussit à donner à la nouvelle République une constitution, bien imparfaite sans doute, mais susceptible de triompher de plusieurs des obstacles qu’elle rencontrerait au cours de l'épreuve à laquelle elle allait être soumise. La République américaine comptait à peine quatre-virgts ans d'existence, lorsque la guerre de sécession la conduisit tout près de sa perte. Elle a survécu, par un eflort suprême, au danger si

dec rt Ge nd

menaçant de cette lutte fratricide, Mais vingt années de paix et de prospérité matérielle n’ont pu mettre fin aux rivalités entre le Nord et le Sud, qui se sont manifestées, moins profondes qu'autrefois si l’on veut,

‘ cependant avec une énergie inquiétante, lors de la dernière élection présidentielle. L'irritation est encore si vive qu'il ne faudrait pas beaucoup d'imprudence de la part du parti victorieux, je ne veux pas dire pour renouveler les hostilités qui, pendant de longues et douloureuses années, ont ensanglanté le sol de la République, mais pour créer bien des entraves | sérieuses au fonctionnement harmonieux de la | constitution.

Les deux obstacles du nombr: et de l'étendue, que j'ai signalés comme plus grands avec la forme républicaine, n'étaient pas considérables pendant les premières années de l'Union américaine. Une autre cause rendait aussi relativement plus facile l'essai de ce régime aux Etats-Unis. La nouvelle nation, grâce à sa situation dans le continent nou- | vellement ouvert à la civilisation, n'avait pas à craindre l'agression extérieure. Ni, comme je l’ai admis, la république a, après tout, obtenu plus de succès aux Etats-Unis qu'ailleurs, c’est qu'aussi, en somme, “lle y a existé dans des circonstances plus favorables qui n’ont pas, à une exception près, soumis | à l'épreuve d’une trop grande tension le peu de force | de cohésion de ce système de gouvernement. Au début, le territoire soumis à l'autorité du gouverne-

t années 1h mettre

se sont ’on veut, brs de la st encore rudence pas dire longues sol de la ntraves

de la

étendue, la forme pendant 6e. Une is facile iouvelle ent nout pas à e je l’ai plus de ussi, en ces plus , Soumis de force nt. Au uverne-

ment de Washington n'était pas très étendu, comparativement à ce qu'il seraitiavec l'union politique de tout le continent de l'Amérique du Nord. De plus, la population était peu nombreuse et bien plus homogène qu aujourd’hui.

Peut-on sérieusement me contredire lorsque, m'appuyant toujours sur les enseignements de l'histoire, je conclus à l'instabilité relativement plus grande des institutions républicaines. J'ai déjà signalé le peu de distance qui sépare la liberté républicaine du césarisme. J'ai cité, pour exemples, l'empire romain et le premier empire français. J’aurais bien pu ajouter le second empire, qui remplaça si vite la deuxième république française.

Ce aui se passe actuellement en France, ce qui s’est passé, il y a peu d'années encore, aux Etats-Unis, ne corrobore-t-il pas mes vues. Pour tout observateur réfléchi, les événements que je vais indiquer sont très significatifs. À ceux qui, étonnés sans doute eux-mêmes que la république ait pu vivre sur le sol français depuis dix-huit ans, s'en réjouissent, et commencent à croire à la durée de ce régime dans notre ancienne mère-patrie, je conseille de ne point perdre de vue ce que veut dire, en réalité, le mouvement boulangiste. Quant à moi, dans ce courant, passager peut-être, je vois la preuve combien peu la république est acclimatée en France. Si, parce qu’un général a pu, un jour, et peut-être sans

' raisons suffisamment plausibles, être considéré comme l’homme de la revanche nationale, il a obtenu tant de vogue, que deviendrait la république en face d’un soldat victorieux après avoir accompli seulement la moitié des prodiges militaires de Bonaparte dans sa première campagne d'Italie. S'imagine-t-on que l'homme de guerre qui, à la tête de l’armée française, tirerait de l'Allemagne une vengeance éclatante et glorieuse des profondes humiliations de la défaite de 1870, n'aurait pas le chemin tout droit ouvert jusqu'au cœur même de Paris, où, nouveau César, il pourrait, à son gré, s'emparer du commandement suprême, et s'asseoir sur un trône impérial. C’est que, et l’histoire le dit encore, le prestige de la gloire militaire remue le plus fortement les imaginations'dans les républiques, parce que cette forme de gouvernement favorise à un haut degré l'extrême mobilité des impressions générales, et l’exaltation des sentiments nationaux, dont les factions abusent trop souvent, mais que l’homme de génie, heureux sur les champs de bataille, personnifie dans toute leur grandeur aux yeux du peuple enthousiaste. (C’est ce que fût Napoléon. Quand il revint d'Egypte, bien que la république existât encore de nom, il était aussi bien empereur que le jour où les chambres françaises lui élevèrent un trône er: ie priant d'y monter.

On n’a pas dû oublier si vite le mouvement qui signalera à l’attention de l'historien des Etats-Unis,

‘ré com-

obtenu ique en ccompli ires de d'Italie.

À la tête ‘ne une ofondes t pas le ême de on gré, s’asseoir re le dit mue le bliques, orise à ressions ionaux, ais que ataille, 2ux du poléon.

ublique ipereur 2vérent

nt qui s-Unis,

la campagne de l'élection présidentielle, où il fut si fortement question du troisième terme du général Grant. Plusieurs des principaux organes de l’opinion publique, et les républicains en très grand nombre, combattirent vigoureusement la candidature du général, parce qu'ils voyaient poindre le césarisme dans ce projet d’une troisième présidence de la République par la même personne. Ils accusaient carrément le général Grant d’aspirer à la dignité impériale. Ces craintes furent même partagées par des républicains, membres du même parti politique que le général. Plus tard, on pourra peut-être plus facilement dégager la vérité historique de ces événements, alors que les passions qui contribuaient à les produire, et probablement à leur donner une signification exagérée, seront complètement éteintes. Mais, tout de même, il y a lieu de croire que les appréhensions que je rappelle n'étaient pas sans fondement assez sérieux. Quelle était la pensée intime du général Grant lui-même, on ne saurait le dire avec plausibilité. Mais d'après la polémique de la presse, les discussions publiques et les intrigues de l’époque, il n’est pas douteux que dans l'entourage du général et parmi ses admirateurs, bien des gens réêvaient pour leur chef une autre digaité que celle de la présidence d’une république. À tout événement, le cri d'alarme fut jeté, et la proposition du troisième terme fut repoussée par la convention républicaine.

Je suis loin de penser que le succès d’un dessein comme celui que l’on prêtait à M. Grant et à un grand nombre de ses yrurtisans aurait, dans les circonstances, été possible, s'ils en eussent réellement tenté l'exécution avec persévérance. Sans vouloir rappetisser l’homme, ni méconnaiître sa valeur militaire, il est certain que l’ancien général en chef de l’armée du Nord n'était pas marqué du sceau du génie, et n'avait pas le prestige puissant d’un fondateur d’empire. Mais qu’au sein de la République américaine, et en pleine paix, on ait pu sérieusement discuter la probabiiité d’une tentative comme celle que l’on supposait faire partie des projets d'avenir d'un général heureux, c’est un fait en lui-même étonnant. Il prouve que les institutions républicaines, par leur défaut d’unité, et l'impulsion qu’elles communiquent à la versatilité des idées, des aspirations, des intrigues et des ambitions, sont les plus exposées à succomber devant l'enthousiasme que soulève la gloire militaire Qu'on y réfléchisse bien, eton verra qu'après tout ce phénomène est le fruit de la nature même des choses. La force, la puissance, est dans l'unité. Quand le génie, et la gloire, qui en est l’auréole, incarnent cette unité dans une personnalité, iln’y a pas de république qui y tienne. C'est du moins l’histoire du monde jusqu’à présent. Rien n'indique qu'il n’en sera pas de même dans l'avenir.

À la tête des légions du Nord, au lieu du général Grant, placez Bonaparte, mutipliant les victoires,

1 dessein et à un dans les ellement vouloir ur milichef de ceau du n fondaublique asem ent ne celle d'avenir i-même licaines, es comrations, xposées lève la n verra nature st dans en est inalité, ‘est du

Rien avenir.

œénéral ctoires,

el |

exaltant l'enthousiasme du soldat jusqu’au délire, subjaguant le Nud en quelques mois, et dites-moi si vous pouvez affirmer qu'avec le héros vainqueur, commandant à six cent mille hommes armés dont il aurait été l’idole, la république de Washington aurait longtemps existé !

On a beau dire, le siècle qui a vu le premier empire français, et qui voit, de nos jours, l'empire militaire allemand, ne diffère guère des autres. Comme de tout temps, le monde continue à osciller entre les essais de liberté politique extrême avec le républicanisme dans certains pays, et les aspirations à la grandeur par le moyen de la force et de la gloire. D'ailleurs, la Providence a voulu que toutes les institutions humaines fussent périssables Mais aussi longtemps qu’il y aura des sociétés politiques, aussi longtemps il sera vrai que le régime qui a essentiellement le moins d'unité, sera le moins stable, et le plus faible contre les secousses intérieures aux quelles aucune nation ne peut espérer pouvoir toujours échapper. Avant de dire que la règle générale ne s'applique pas aux Etats-Unis, il serait assurément plus sage d'attendre que la république y ait subi une épreuve beaucoup plus décisive.

De tout ce qui précède, je conclus que la nature républicaine des intitutions serait une des causes de l'instabilité d’une union de tout le continent de l'Amérique du Nord sous un même gouvernement.

Je désire être bien compris. Ni je doute de la possibilité d’une union durable de tout le continent de l'Amérique du Nord, à cause de la forme républicaine que, dans les circonstances, il faudrait inévitablement lui donner, il ne s’en suit pas que j'y croirais dans le cas où l’on pourrait établir d’autres institutions. L'empire, la monarchie, absolue ou constitutionnelle, tout système de gouvernement, enfin, est, par la nature même des choses, soumis aux dangers qui découlent de ces deux difficiles conditions d'existence : la trop grande étendue du territoire, et l'extrême population. Je le répète, par un décret inéluctable de la Providence, dont l’on chercherait vainement à pénétrer le secret, toutes les institutions humaines sont périssables Comme l'homme lui-même, dans son individualité, elles s’acheminent rapidement vers leur déclin,souvent du jour même où elles ont atteint tout le développement et toute la force dont elles sont susceptibles. Les empires, les monarchies, ont passé à l'instar des républiques, obéissant, comme tout ce qui arrive à l'existence sur la terre. aux lois du double mouvement de la vie qui s’épanouit dans la jeunesse, et de la décripitude qui finit par la destruction. Pour les nations, comme pour les individus, les passions, les abus, le mépris des principes de l'ordre et de la justice, sont autant de causes de décadence morale et physique, et, conséquemment, du dépérissement

oute de la continent me répudrait inés que j'y : d’autres solue ou rnement, , Soumis difficiles ndue du ète, par [ont l’on t, toutes Comme té, elles avent du >pement es. Les star des arrive à mouveesse, et n. Pour )ASSIONS, et de la morale sement

certain des institutions gouvernementales. Ue qui est vrai de tous les régimes imaginés jusqu’à aujourd'hui pour la gouverne des sociétés politiques, parce que l’homme ne peut aspirer à fonder rien | d’une permanence qui défie les assauts du temps, | l’est à un plus haut degré de la république, à cause | de l'énergie croissante du principe de dissolution en | proportion du défaut d'unité dans les éléments

constitutifs de cet ordre de choses.

Pour bien se rendre compte de l'extrême difficulté du muintien durable d'une union politique de tout le continent, il est évident qu'il ne faut pas se limiter à juger dans quelles conditions ce régime fonctionnerait au point de départ, et pendant les quelques années qui en suivraient l'établissement. Ce serait avoir d’un aussi vaste horizon une perspective trop bornée. Ceux qui ne peuvent voir au-delà ne sont pas? compétents à nous faire éviter les écueils que leur regard ne saurait atteindre dans le lointain, Avant de dire qu'il serait opportun de tenter la grande entreprise de cette union, c'est un devoir d'interroger l'avenir autant que possible, pour prévoir ce qu’il réserverait à ce pouvoir embrassant tout le continent.

L'union proposée, ou du moins telle que les annexionnistes américains aspirent à la compléter, s’étendrait à un territoire de plus de sept millions de milles carrés. On ne saurait nier que, dès le début, le fait seui de cette vaste étendue sur laquelle

l’action gouvernementale devrait s'exercer, serait un obstacle sérieux à la stabilité du nouveau régime. Si l’on contredit ma proposition, en me citant, l'empire britannique et l'empire russe, dont l’autorité dans l’un et l’autre cas, s'exerce sur des territoires encore plus considérables, je répondrai que si, en effet, il y à une certaine parité sur ce point, il n'y a que bien peu d’analogie sous les autres rapports.

Le drapeau britannique flotte sur tous les continents. Le génie politique anglais, si merveilleusement secondé par l'esprit commercial hors ligne qui caractérise le peuple le plus pratique du monde. a réussi à édifier le plus vaste empire qui ait jamais existé. Mais pour la plus grande partie, c’est un empire colonial. Pour conserver ses colonies, l'Angleterre a dû leur reconnaître le droit de se gouverner elles-mêmes, à tel point qu’elles constituent, pour ainsi dire, autant de nations indépendantes, au moins pour toute la gouverne de leurs propres affaires. Quant à l'empire des Indes, la différence entre l’activité fébrile de l'Amérique du Nord, et l’immobilité asiatique, est si grande, que les partisans de l’annexion admettront qu'il n’y a pas de comparaison à faire entre les difficultés de gouvernement que l'étendue du territoire peut produire dans les deux cas.

L'empire russe a une étendue de territoire de plus de huit millions de milles carrés, et actuellement

serait un , régime.

e citant, l'autorité erritoires le si, en il n'ya ports.

tous les merveilors ligne 1 monde.

t jamais c'est un l’'Angle-

a ah math té 2m

une population totale d’au-delà de cent millions d'âmes. On devra admettre, je crois, que ce colossal empire a des conditions d’existeace essentiellement différentes de celles qui seraient le partage certain d'une république de tout le continent de l'Amérique du Nord. Je suis partisan trop sincère et trop convaincu de la vraie et saine liberté politique, pour ne pas savoir toutes les raisons justes à invoquer contre le gouvernement autocratique de la Russie. Mais quoiqu'on puisse penser de ce régime, on ne peut nier qu’il puise dans son unité un élément puissant de durée. Les traditions de l’absolutisme se continuent de temps immémorial dans ces vastes contrées.

Presque toute la population de la Russie est en Europe, et concentrée sur une partie relativement peu considérable du territoire de l’empire. Tous les ressorts de ce gouvernement si autoritaire sont là, et s'exercent avec vigueur jusqu'aux extrémités du nord et de l’est, où ils rencontrent très peu de résistance chez des populations éparses au milieu d'immenses solitudes, et formées depuis des siècles à des habitudes de soumission. Autant qu’on en peut juger par le passé, il n'est pas probable que la plus grande partie de la Russie d'Asie et le nord de la Russie d'Europe soient jamais habités par un peuple bien remuant, dont les aspirations et la rivalité des intérêts seraient une menace grandissante pour le maintien de l’empire.

L'union politique de tout le continent de l’Amé. rique du Nord réunirait, au début, une population d'environ quatre-vingt millions d’âmes. C'est assurément déjà beaucoup, mais ce n’est qu'un faible commencement. Ceux qui croient si facile qu’un même pouvoir puisse s'exercer, avec quelques chances de durée, sur un territoire aussi vaste, ont-ils sérieusement pensé au chiffre que la population peut atteindre dans un avenir encore bien prochain ?

Des économistes distingués, qui ont étudié les prodigieuses ressources de ce continent, sont convaincus quil peut nourrir une immense population. Quelques-uns ont dit qu'un jour les Etats-Unis auraient plus de cinq cent millions d’âmes. Ils avaient raison. Le territoire du Canada peut aussi commodément contenir des centaines de millions d'habitants. Ajoutez ce que peut contenir le Mexique, et vous obtenez sûrement le chiffre d’un milliard. Mais sans aller si loin dans l’avenir, il ne saurait y avoir l’ombre d’un doute que dans cinquante ans, l'Amérique du Nord aura une population d'au moins deux cent millions, et de trois cent cinquante à quatre cent millions dans un siècle. Quel est le téméraire qui s’imagine que l’entreprise d'assurer la permanence de l’existence d’une république de deux, de trois, de quatre cent millions d'habitants, soit

chose facile.

Aux difficultés qui découleraient de l'instabilité plus grande des institutions républicaines, de l’éten.

del’Amé.

opulation 8. C’est l'un faible cile qu’un ues chane, ont-ils opulation rochain ?

itudié les sont con- >pulation.

tats-Unis mes. Ils eut aussi millions Mexique, milliard.

saurait y

e l’éten-

due du territoire, de la grandeur immédiate, mais surtout prochaine, du nombre de la population, pour rendre peu solide et peu durable l’union politique du continent, s’ajouteraient celles que produirait la diversité des races et des intérêts. Ces dernières seraient probablement les plus graves.

C’est une vérité de sens commun, démontrée d’ailleurs par l'expérience des siècles, que moins la population d'un paÿs est homogène, plus difficile est l’art du gouvernement. Les ŒHtats-Unis, le Canada, tels qu'ils sont constitués aujourd’hui, ont déjà à résoudre le redoutable problème de gouverner avec ordre et avec succès des races diverses, qui se réunissent dans le monde nouveau, avec les traditions, les préjugés, les aspirations qu’elles apportent de l’ancien. Grrâce à la liberté dont elles jouissent sur ce sol encore si jeune et si fécond de l'Amérique, et à l’espace aux limites si reculées qu'elles y trouvent pour s’y établir et se développer, ce problème a été jusqu’à présent d’une solution relativement plus facile, Mais ces deux causes deviendront naturellement moins favorables en proportion de l'occupation plus grande du territoire, et de l’accroissement plus rapide de la population. Ily a là un sujet de sérieuses méditations pour les hommes d'Etat, et pour tous ceux qui interrogent l'avenir afin d'essayer d’en pénétrer quelque peu les secrets.

Les annexionnistes de toutes nuances, aux Etats- Unis et au Canada,—du moins chez nous ils sont

peu nombreux — ont-ils réellement réfléchi à la grandeur de la tâche de diriger, en paix, les destinées d'une union politique de tout lecontinent ? Tiennentils suffisamment compte des difficultés d'harmonise: tous ces éléments tendant plutôt à se heurter, sous l'impulsion du conflit de la diversité des intérêts et des aspirations des différents groupes nationaux ? Quand les populations, se dénombrant par centaines de millions, commenceront à se trouver à l'étroit sur ce territoire pourtant si vaste de l'Amérique, il est évident que les difficultés gouvernementales seront beaucoup augmentées.

Ce problème de gouvernement, que je crois pour ainsi dire insoluble dans l’avenir d'une union poli-

‘tique continentale, il se pose déjà aux Etats-Unis et

au Canada avec leurs institutions actuelles, me dirat-on. Je l'admets. Mais n'est-il pas assez grave, sans qu'on le complique outre mesure, en tentant de le résoudre dans des conditions qui multiplieraient les obstacles au succès des efforts des gouvernants.

Nous retrouvons en Amérique la ‘plupart des groupes nalionaux de l’Europe, N'y a-t-il pas matière à de profondes réflexions sur ce mouvement des races d'un continent à l’autre. Bien présomptueux serait celui qui oserait prédire comment ces étonnantes migrations de peuples finiront par se constituer définitivement de ce côté de l’Atlantique. Quels sont les desseins de la Providence à ce sujet ?

fléchi à la es destinées ? Tiennentharmonise: eurter, sous intérêts et nationaux ?

ar centaines r à l'étroit nérique, il nementales

e crois pour union poliats-Unis et »s, me dirasez grave, tentant de iplieraient uvernants.

upart des a-t-il pas ouvement présomp-

Nul ne le sait, Mais quand on a lu un peu l’histoire du monde, que l’on connaît les vicissitudes et la destruction des empires le plus solidement établis, les transformations auxquelles sont sujets les peuples et leurs institutions, on ne s’illusionne pas au point de croire qu’il soit bien facile de doter du même système de gouvernement, et d’une manière permanente,tout un continent, vaste,exubérant de richesses, et épris de la liberté politique.

De toutes les considérations qui précèdent, en réponse à la première question que j'ai poste, en demandant si l’annexion nous ferait au moins une situation définitive, on peut sürement conclure que l’union politique du continent, à laquelle aspirent certains esprits inquets et trop portés à l'illusion, ne s'offre pas avec des garanties de durée et de stabilité qui puissent nous assurer que nous y trouverions pour longtemps la paix, l’ordre et la prospérité. Nous entrerions dans un inconnu nouveau, soumis à bien plus d'éventualités, de risques et de dangers que l’on peut en prévoir avec le régime actuel. Cette union de tout le continent pourrait bien n'avoir qu'une existence éphémère, et ce grand édifice, que l’on aurait vainement cru solide, s’eflondrerait rapidement, parce que l'on aurait osé le construire en oubliant, avec témérité, les lois des proportions essentielles à toutes les œuvres humaines pour leur permettre de vivre. Qui peut dire ce qui

suivrait l'écroulement, et dans quelles conditions nous sortirions des décombres ! Infiniment mieux vaut donc ne pas tenter pareille aventure, et se contenter des horizons de prospérité, de développement, de grandeur nationale, et de véritable liberté politique que la confédération des provinces nous a ouverts.

Je posais, en commençant cette étude, la question suivante :

Secondement, le Canada trouverait-il dans ce nouvel ordre de choses les avantages que l’on suppose ?

J’entre dans le vif du sujet, en entreprenant de répondre.

Que devrions-nous chercher dans l'annexion du Canada aux Etats-Unis ? Evidemment, une situation meilleure, plus favorable que celle que nous occupons actuellement. Si nous n'avions pas lieu d'espérer pouvoir améliorer notre sort, il serait bien inutile, extravagant même, de renoncer à ce que nous avons pour courir après l’incertain. Mais cette situation meilleure, en réalité, la trouverions nous? C’est précisément le point sur lequel il importe de se former une opinion saine et éclairée.

conditions ment mieux ture, et se développeable liberté inces nous

la question

-il dans ce l’on suppo-

renant de

nexion du > situation occupons d'espérer n inutile, us avons situation 7 C’est

Les institutions gouvernementales doivent avoir pour but de favoriser le quadruple progrès religieux, moral, intellectuel et matériel des peuples. Il n'est pas nécessaire de faire de longues considérations philosophiques pour le prouver. Tout le monde sait que cette proposition est vraie. Dans les conditions d'existence sociale et politique que l'annexion nous ferait, serions-nous mieux en état, qu'à présent, de réaliser un plus grand progrès sous ses quatre formes à la fois les plus véritables et les plus générales ? Je n'ignore pas que les membres du groupe des annexionnistes canadiens ont surtouten vue les avantages matériels qui, suivant eux, découleraient certainement de l’union du Canada avec la République américaine. Mais tout en reconnaissant l'importance des intérêts matériels, je ne saurais leur donner la première place, ni admettre qu'ils doivent primer tous les autres, lorsqu'il s’agit d'assurer l'avenir d’un peuple. Les intérêts de l’ordre moral et intellectuel leur sont bien supérieurs. Pour les nations, comme pour les individus, ceux-là ne sont vraiment importants et dignes de sollicitude, qu’en autant qu'ils sont un instrument, un moyen efficace de progrès pour ceux-ci.

Personne, que je sache, n’a encore prétendu que l'union politique continentale favoriserait davantage notre avancement sous le rapport moral et intellectuel. Je n'ai donc pas à réfuter sur ce point aucune idée fausse émise en faveur de l'annexion.

Aussi suis-je convaincu que je ne rencontrerai pas de contradicteur, en disant que le régime actuel est, pour le moins, aussi favorable aux intérêts que les institutions politiques doivent surtout protéger et promouvoir. Nans faire de comparaison inutile entre notre état social et celui de nos voisins, je puis bien affirmer que nous n'avons rien à leur envier., Dans notre situation présente, il nous est aussi loisible, sinon plus, de travailler avec succès à notre progrès moral et intellectuel, qu'on pourrait le faire avec l'annexion. Ni, de l’aveu de tout le monde, nous n'avons absolument rien à gagner pour nos intérêts supérieurs dans une union de tout le continent, pourquoi la désirer ?

La question politique a bien aussi son importance. Sur ce point, je serais vite entrainé à discuter lesquelles, de nos institutions, ou de celles des Etats-Unis, sont les meilleures. Mais, en réalité, ce sujet n'est point en débat. parce que, de nos jours du moins, les annexionnistes n’argumentent plus pour démontrer la supériorité du régime américain sur le nôtre. Chez nous, la responsabilité ministérielle est la pierre angulaire de tout notre système de gouvernement constitutionnel. C’est bien différent aux Etats-Unis, où le Président choisit ses ministres à son gré, sans tenir compte s'ils jouissent, ou non, de la confiance de Ja majorité des représentants de la nation. À tous les points de vue, nous avons autant de liberté politique que dans la républi-

ral pas de ictuel est.

ts que les rotéger et n inutile 1S, je puis

ur envier. ,

est aussi ès à notre ut le faire e monde, pour nos ut le con-

n importrainé à de celles ‘éalité, ce 10$ Jours ent plus éricain ministésystème n difféisit ses uissent

présen-

e, nous

épubli-

que de Washington, avec cette différence importante,

qu'elle est ici plus vraie, mieux pondérée, et qu’elle

s'exerce dans de bien meilleures conditions &’équili-

bre qui la garantissent contre les dangers des excès.

Mais pourquoi pousser plus loin cette comparaison ©?

Il est maintenant admis que l'annexion ne nous

donnerait pas un ordre politique préférable à celui qui nous régit depuis plus de vingt ans.

Si l'union politique continentale ne nous offre nullement la perspective d'un plus grand progrès moral et intellectuel; si les institutions dont elle nous doterait sont loin d'être supérieures aux nôtres, que reste-t-il en faveur de ce changement? Ce qui reste, me répondront les annexionnistes, c'est la certitude d’une prospérité matérielle inouie. Et ils nous feront un tableau éblouissant de ce que deviendrait le Canada, au point de vue de la richesse s’il était annexé aux Etats-Unis.

Je le déclare franchement tout de suite, je ne puis pas partager ces illusions. Je ne crois pas que l'annexion aurait, sous le rapport matériel, les résultats supposés par ses partisans. Il se trouve des gens qui regrettent que le Canada ne soit pas entré dès le début, dans l'union américaine, parce qu'ils sont fermement d'opinion que notre pays aurait fait beaucoup plus de progrès. On peut faire sur le passé des considérations qui nous aideront dans nos prévisions sur l'avenir.

ES es

Est-on bien sûr que nous aurions progressé davantage, si nous avions fait partie de la république voisine ? Avant de répondre affirmativement à cette question, il est bon d'étudier un peu l’histoire du développement matériel du continent. Quand les Etats-Unis ont obtenu leur indépendance, ils comptaient déjà une population d'environ quatre millions. Toutes les provinces anglaises dans l'Amérique du Nord n'avaient pas plus de deux cent mille âmes à la même époque. Du littoral de l'Atlantique, jusq'aux Etats du Sud, la population de la république s’est avancée, comme une maré. montante, vers l’ouest, où elle à trouvé l’une des plus fertiles et des plus vastes régions agricoles de l'univers. Quand même le Canada aurait été annexé, ce mouvement de la population n'aurait pas davantage pris la direction du Nord.

Deux œuvres très importautes ont beaucoup favorisé le progrès du Canada ; ce sont la construction de notre magnifique système de canalisation, et celle de notre réseau de chemins de fer. Pour exécuter ces travaux, nous avons contracté des obligations nationales pour un montant élevé. L'annexion nous aurait-elle dotés plus vite et plus efficacement de ces deux puissants instruments de notre progrès matériel ? Je ne le crois pas. Retournons un instant au commencement du siècle. Prétendre juger ce qui aurait été, d’après l’état de choses tel qu'on le constate aujourd’hui, c’est s’exposer à errer gravement. Il faut donc remonter au point de départ.

progressé épublique ent à cette istoire du Quand les ils comp.

millions.

rique du > âmes à , jusq'aux que s’est s l’ouest, des plus nd même nt de la

lirection

eaucoup onstrucation, et rexécuobligainexion cement progrès ns un étendre ses tel à errer départ.

Lorsque de l’île du Prince-Edouard au lac Supérieur nous n’étions qu’au nombre de trois à quatre cent mille, il est indubitable que notre influence politique au congrès de Washington aurait été bien minime. Qu’auraient pu y faire pour nous, les quelques rares représentants que nous y aurions eus ? À cette époque les quelques millions d'Américains étaient surtout groupés dans les Etats du Sud et de la Nouvelle-Angleterre. Il est tout à fait vraisemblable de supposer qu'en autant que le congrès aurait pu contribuer au développement matériel de la république, les représentants du Sud et de la Nouvelle-Angleterre aurait pensé à leurs Etats avant de s'occuper de nous. Quand a commencé la prodigieuse colonisation de l’ouest, s'imagine-t-on que les puissantes cités de New-York, Boston, Philadelphie, Baltimore. n'auraient pas été intéressées à s'opposer à l’amélioration de la route du St-Laurent, Comment aurions-nous pu combattre avec succès cette hostilité, lorsque nous aurions été à peu près sans influence à Washington, où nos rivaux auraient été tout puissants ? Qu'on y réfléchisse bien, et l'on se convaincra vite que je ne fais pas là une vaine supposition.

On oublie aussi qu'avec l'annexion les frais de la construction de nos canaux auraient été à la charge de notre budget local de l'Etat Nos revenus des douanes et de l’accise seraient allésà Washington, tandis que pour payer l'intérêt et l'amortissement

mu LT PRES Ada

des emprunts d'Etat qu'il NOUS aurait fallu faire POUr améliorer 1 route du St-Laurent, nous n’aurions eu d’autres ressources que la taxe directe. Dans ces circonstances, est-il certain que nous aurions pu entreprendre l'œuvre si importante du plus vaste SYstème de Canalisation du Monde ? Et sans les Canaux quelle part aurions-nous du Commerce de l'ouest ? Que seraient Montréal, Québec, Toronto ?

SI nous avions dû attendre du Congrès les Sübrentions Pour nos chemins de fer, n'aVons-nous PAS raïson de résumer que NOUS y aurions rencontré lhostilité ‘de l'influence politique et Commerciale des grands centres du littoral américain, parce que nOS principales lignes sont rivales de celles qui leur #PPortent le trafic de l'ouest.

Le S0Uvernement a Washington aurait-il], comme celui d'Ottawa, Construit le Chemin de fer Intercolonial à ses frais, pour relier ces Parties du Continent, et nous donner des Ports d'hiver 2?

Qu'on se rappelle bien Ja Situation lorsque nous aVons entrepris l’œuvre colossale qu chemin de fer du Pacifique. Leg travaux de « l’Union Pacific »” aMéricain étaient terminés depuis peu. La COMpagnie du * Northern Pacific ” luttait contre de bien Srandes difficultés. Le projet de notre chemin ameuta tous les Srands intétêts des lignes américaines entre l’ouest et Chicago, New-York et Boston.

Page 1