‹ Considérations sur l'application des différents traitements de la conjonctivite granuleuse et en particulier du traitement par les scarifications, le curettage et le brossageChapitre 12 sur 14 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

(Personnelle.)

Recucillie à l'hôpital civil d'Oran, service de M. le D' Mondot.

G. M., âgée de 16 ans, a des granulations depuis cinq ans. Granulations diffuses ; aspect lardacé des conjonctivites; pannus tenuis; photophobie. Antécédents scrofuleux.

1? septembre 1891. — Brossages. Mieux très sensible dès les premiers jours. Vue plus nette.

Vient à la visite du matin à l'hôpital d'Oran tous les deux jours, incision de quelques granulations saillantes et éparses. Lavages au sublimé. Guérie dans les premiers jours d'octobre, vient pour la dernière fois le 9 octobre.

OBSERVAÆTON VI

(Personnelle.)

Hôpital civil d'Oran (service du docteur Mondot.)

L. R., âgée de 30 ans a des granulations dans 0. G. depuis un an. A déjà fait un ‘premier séjour à l'hôpital d'Oran où ellea subi le traitement par le sulfate de cuivre.

Deuxième entrée le 24 août 1891. Granulations diffuses dans 0. G. Pas de pannus. Vue nulle.

9 septembre. — Brossage.

13 septembre. — Toute inflammation à disparu, mais encore de nombreuses

granulations.

1er octobre. — On pratique un deuxième brossage. 8 octobre. — Encore quelques granulations surtout à la paupière supérieure,

“ornée ulcérée, la vue encore un peu troublée. 20 octobre. — Sort guérie.

Malheureusement tous ces malades nous ne les avons plus revus après leur sortie de l'hôpital et il serait bon, certes, pour affirmer la guérison radicale et définitive des granulations, de les revoir pendant un temps assez long. Depuis leur sortie de l'hôpital les malades ontils eu des récidives, n’en ont-ils pas eu, nous ne le savons pas. Il est évident que le résultat pour le moment a été excellent, mais C’est là tout ce que nous pouvons affirmer.

Voici une observation prise à l'hôpital d'Oran. La malade porteuse de granulations depuis son bas âge est sortie guérie de l'hôpital, nous l'avons revue un an après et elle nous a avoué n'avoir pas eu de

récidives.

OBSER NATION

(Personnelle.)

C. H..., 17 ans. — À des granulations depuis son bas âge. À entendu dire autour d'elle qu'elle les avait contractées par le sein de sa mère qui allaitait un autre enfant porteur de granulations.

Le traitement au nitrate, essayé à plusieurs reprises, n’a prodnit aucun effet.

Entrée à l'hôpital d'Oran le 29 août 1891 : Conjonctivite granuleuse intense, vision nette, un peu de suppuration; conjonctives absolument farcies de granulations.

30 août. — Traitement au nitrate.

{+ septembre. — Brossage.

2 septembre. — Suppuration très intense, état fébrile assez marqué, vue un peu trouble.

3 septembre. — La douleur a disparu; encore un peu de suppuration, la vue revient, pas de fièvre.

10 septembre. — Vue bonne. Sa conjonctive présente encore quelques granulations.

13 septembre, — Sort de l'hôpital presque guérie, mais elle continue à venir tous les deux jours se présenter à la visite du matin. Chaque fois on lui lave les conjonctives au sublimé au 1/500, et on lui fait des pulvérisations boriquées. L'amélioration s'accentue de plus en plus.

Le ?7 octobre, il y a 5 jours que la malade n’est plus revenue à la visite. La dernière fois, il n’y avait plus trace de granulations, les conjonctives étaient lisses.

Nous avons vu cette malade vers le milieu d'avril 1892; depuis son traitement à hôpital, elle n'avait plus eu de poussée granuleuse ; de même en août 1892.

Voilà certainement une observation très concluante d’une conjonetivite granuleuse chronique radicalement guérie par le brossage.

Faut-il cependant, se basant sur cette observation, aller donner comme radical le traitement du docteur Parier? Non certes, à notre avis. Il ne faut pas faire avec le brossage comme on fit il y a quelques années avec le jeguirity, les inoculations de pus blennorhagique, le sous-acétate de plomb.

On a eu toujours ce grand tort, une fois l'efficacité d’un traitement reconnue dans certains cas, de vouloir par trop le généraliser. Comme nous l’avons déjà dit précédemment, il n’y a pas un seul traitement des granulations, mais des traitements des granulations; telle est l'opinion du professeur Panas, nous nous y rangeons complètement.

Dans la première partie de notre travail, nous avons nettement limité les cas où tel ou tel traitement devait être appliqué; or, le traitement chirurgical par le brossage ne fait pas exception à la règle. Comme tous les autres traitements chirurgicaux : scarification, excision, hersage, il ne faudra l'appliquer que dans les cas chroniques.

Principalement on devra traiter les granuleux par le brossage lorsque l’on constatera une grande abondance de granulations anciennes avec une infiltration granuleuse considérable de la conjonctive.

Ce seront là les cas d'élection du traitement par le brossage.

Dans les cas aigus on n’aura la plupart du temps que des insuccès

comme dans notre observation VIII. M. le D° Darier prétend amener tout au moins une certaine amélioration dans les cas aigus. Cette amélioration nous sommes loin de la constater dans notre

observation VIIT.

OBSEERNEATIONCN EL

(Personnelle)

Recueïillie dans le service de M. le professeur Badal.

D..., M..., âgée de i6 ans;

Entre à l'hôpital Saint-André le 3 juin 1892. — A des granulations depuis l’âge de 4 ans. — Poussées presque tous les ans et surtout en hiver. — Pas d’antécédents à noter. — Aucun traitement n’a encore été suivi.

Présente une conjonctivite granuleuse double aiguë sans pannus. — Kératite ulcéreuse dans 0. G; ptosis, photophobie, douleurs ciliaires, et infiltration de la cornée dans 0. D.

13 juin. — Brossage.

14 juin. — Un peu de mieux. Le sublimé a provoqué chez cette malade des ulcérations des paupières.

ler juillet. — L'amélioration n’a pas progressé, — On a mis un collyre à l’atropine et l’action de ce collyre semble avoir été plutôt nuisible. — On constate encore de très nombreuses granulations qui font que le 4 juillet on pratique un nouveau brossage.

Ce second brossage reste sans aucune action. — Il semble plutôt avoir été défavorable.

On abandonne définitivement ce traitement pour en revenir aux cautérisations par le sulfate de cuivre.

Comme on le voit, l’insuccès a été complet, il a fallu abandonner

le traitement chirurgical pour en revenir aux Cautérisations, le seul

re traitement réellement efficace dans les ophtalmies granuleuses aiguës sans infiltration granuleuse de la conjonctive.

Il est évident qu’il y a des exceptions; partout la preuve en est dans l’observation suivante :

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