‹ Considérations sur l'application des différents traitements de la conjonctivite granuleuse et en particulier du traitement par les scarifications, le curettage et le brossageChapitre 13 sur 14 · OBSERVATION IX · texte numérisé non relu

OBSERVATION IX

(Personnelle)

H6pilal civil d'Oran.

J. J..., âgée de 21 ans, se présente à l'hôpital avec une poussée absolument aiguë de conjonctivite granuleuse. Cette poussée remonte à huit jours,

Entre à l'hôpital d'Oran le 30 août. On applique le traitement au nitrate, mars avec peu de succès. |

ler septembre 1891. — Brossage.

3 septembre. — La suppuration diminue; la vue très trouble à l'entrée à l'hôpital s’éclaircit peu à peu.

septembre. — La plus grande partie des granulations a disparu.

8 septembre — Sort absolument guérie avec une vue normale,

Voilà un cas de conjonctivite granuleuse aiguë guérie par le brossage et cela dans l’espace de 8 jours seulement. Cest là un excellent résultat, mais c’est aussi une exception.

En somme, voilà un nouveau traitement chirurgical qui, comme tous les autres traitements chirurgicaux, ne doit être appliqué, pour donner de bons résultats, que dans les cas chroniques. Dans ces cas chroniques faut-il encore faire des différences.

Sera-t-il bon dans les cas de conjonctivite granuleuse chronique avec granulations peu nombreuses, mais très saillantes, exubérantes? Oui, certes, il pourra donner de bons résultats, mais ce ne

sera pas encore le traitement que nous choisirons de préférence.

SU Pour des granulations exubérantes et polypeuses nous lui préfèrerons la simple incision des granulations. Cette incision sera facile en admettant que les granulations soient peu nombreuses et très saillantes.

Dans le cas où ces granulations seront simplement cantonnées dans les culs-de-sac, nous lui préfèrerons l’excision de ces culs-desac préconisée par Galezowski.

Mais là où nous en reviendrons toujours au brossage d’Abadie, ce sera dans les cas de granulations chroniques nombreuses avec infiltrations granuleuses. Nous ne saurions trop le répéter, nous ne faisons pas du brossage le traitement unique et par excellence de toutes les granulations.

Quelquefois même nous serons d'avis d'aider le brossage par un peu de massage, comme l’a fait quelquefois M. le Dr Latrille, entre

autres, chez la malade dont nous reproduisons maintenant l’observation.

OBS VEN EIONCX

(Dr Latritle). Opér ée aux ambulances urbaines de Bacalan.

X.., àgé de 5 ans, a été traitée pendant deux ou trois ans pour conjonctivite eranuleuse de 0. G. Les traitements appliqués jusqu'à ce jour n’ont donné qu’une amélioration passagère. Dans les premiers jours de mai se présente à la consultation des ambulances urbaines à Bacalan.

On constate un vieux trachome de la paupière supérieure gauche avec quelques grapulations faisant saillie dans le cul-de-sac. La cornée absolument opaque dans sa totalité présente un début de staphylome. Cercle perikératique complet, très intense. Tonicité de l'œil normale. Vision nulle. Après trois ou quatre séances de cautérisations au sulfate de cuivre, l'amélioration obtenue étant insignifiante, on pratique le brossage dans la première quinzaine de juin.

TT

Œdème, sécrétion abondante. Lavages au sublimée à 1/500. Vaporisations boriquées.

Très rapidement la cornée s’éclaircit. Aujourd’hui :

? juillet. — Le cercle périkératiqüe a complètement disparu. La cornée est transparente dans ses deux tiers supérieurs; dansle tiers inférieur, il reste une opacification grisâtre qui tend à disparaître. Une fois la période aiguë passée, on a fait tous les jours du massage avec la pommade au précipité jaune. La petite malade compte à présent les doigts à 3 mètres de distance.

Le 15 juillet la conjonctive est absolument lisse; plus de granulations, la vue est revenue normale.

A dater de ce jour on ne revoit plus la malade à la consultation hebdomadaire des ambulances. On la considère à juste titre comme guérie.

Plusieurs semaines après, on voit reven.r la petite malade qui se plaint encore; on pratique le massage qui améliore son état d’une facon très notable.

. Le brossage, malgré les bons résultats qu'il donne, a bien quelques inconvénients, mais ces inconvénients sont minimes.

D'abord c’est une opération, et quand on annonce au malade qu’il va falloir l’endormir cela l’effraye; il a connu d’autres granuleux guéris par « la pierre bleue », il ne raisonne pas, il hésite longtemps, quelquefois il repousse complètement toute opération.

M. le D' Lagrange a reproché au brossage de laisser des granulations intactes; nous avons répondu précédemment à cette accusation, et ce ne sera pas en tout cas le hersage qui remédiera à ce prétendu inconvénient.

Notre confrère et ami, le docteur Nogué, prétend que la brosse à dents seule ne peut atteindre les culs-de-sac. Cela est vrai quand la fente palpébrale n'est pas assez ouverte; dans ces cas, mais dans ces cas seuls, on devra avoir recours à la canthoplastie.

On à prétendu également que le brossage était fréquemment suivi de symblepharon. Pour notre part, nous ne l’avons jamais constaté. Les auteurs qui ont avancé ce fait, s'ils l’ont constaté, auront probablement oublié de faire à leurs malades des lavages quotidiens au sublimé à 1/500 et des pulvérisations boriquées comme le recommande le docteur Darier. Grâce à ces soins on évitera complétement cette complication. Ce serait, à notre point de vue, le seul inconvénient sérieux du brossage, et, comme on le voit, on peut facilement éviter.

De plus on est obligé de reconnaître avec nous que tout d’abord ce traitement est absolument dans le plus parfait accord avec les nouvelles découvertes microbiennes : c’est le seul qui porte ainsi l’antiseptique au foyer même de l'infection dans les couches profondes de la conjonctive où va se réfugier le trachomcoccus.

Il agit sur toute la surface conjonctivale.

Son action est des plus heureuses sur le pannus.

Enfin il faut avouer que ce traitement amène réellement une amélioration très rapide. Jamais encore aucun traitement n’a agi aussi vite.

Nous ne pouvons affirmer que ce soit un traitement radical, ce serait aller trop loin, mais nous avons toujours une observation (obs. VIT) dans laquelle nous n’avons pas constaté de récidive.

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