OBSERVATION II
Mme X.., ménagère à J..; en 1917 un soldat allemand qui était logé chez moi et qui devait quitter J. le jour: même, sortait de sa chambre vers trois heures du matfn, je descendais derrière lui pour fermer la porte quand tout à coup cet individu se retournait brusquement, me poussait dans la buanderie, parvenait à me ferrasser et à me violenter.
J'ai bien constaté qu'un mois après cet attentat je n'avais plus mes règles, pensant que c'était la frayeur, j'attendis, “mais voyant que je grossissais, j'eus recours à une avorteuse,
En résumé, il est une première catégorie : les filles, les ouvrières tromipées, séduites, abandonnées qui agis-
SE TOES
sent en regardant leur triste situation, en partie peut-. on admettre leurs excuses, si on ose parler d’excuses à un acte criminel.
La deuxième, les épouses, les femmes qui prétendent ne pouvoir subvenir aux besoins d’un autre enfant ou qui redoutent une nouvelle maternité : excuses inadmissibles.
La troisième, ce sont les femmes qui se refusent à mettre au monde un enfant taré, argument qui a sa valeur que nous ne rejettons -pas.
La quatrième enfin, ee sont les victimes qui ont dû subir le joug allemand et ne trouverait-on pas une ex- cuse pour ces malheureuses.
Maintenant que nous connaissons les diverses catégories d’avortées, leurs mobiles très divers, voyons leur mentalité.
Parmi elles nous rencontrons l'intelligence bornée, le caractère faible, une conscience peu éclairée, elles-se rendent vaguement compte de la gravité de l'acte commis. La vieille parole de l'Eglise qui reste exacte « Est déjà un homme, ce qui doit le devenir » est au dessus de Jeur entendement. Ce qui les préoccupe surtout, c’est de savoir que tout ira bien et que personne ne le saura
D'autres sont très hésitantes et préfèrent presque ré maternité, car elles savent que les manœuvres qui produiront le crime mettent leur vie en danger, mais dans la rue ou chez une amie, rencontrent-elles la femme qui est réputée pour pratiquer les avortements, alors elles consentent ‘que cette personne traite leur « retard de règles ». Pourquoi consentent-elles ? Parce que F'avorteuse les à rassurées, leur a dit que ce n'était rien.
que ça demandait peu de temps; elle leur a en outre montré les inconvénients d'un nouvel enfant, les avantages de limiter le nombre des enfants, bref la nouvelle cliente cède et le rendez-vous est fixé.
Enfin il en est d’autres qui ont été atteintes par la propagande populaire néo-malthusienne qui à eu un succès rapide et dont la mise en pratique a été vite généralisée. À €e propos, un seul exemple d’une de nos observations nous suffira : « J'ai opéré seule car je suis libre de faire de mon corps ce que bon me semble ».
Nous ne répondrons qu'un argument d'ordre philosophique : « Dans tout milieu social, il n'existe pas de liberté absolue, notre liberté particulière est intimement liée à l'intérêt général ».
Mais où la jeune fille abandonnée par son amant, où la femme qui a déjà connu la maternité, etc. ont-elles appris l'efficacité, le résultat de ces manœuvres abortives ?
C'est par une amie qui a eu l’occasion de causer à l’avorteuse, c'est dans une conversation menée par des femmes qui sont au travail, par exemple, c’est en lisant un livre, c'est en « visitant les musées à Paris ». c’est en lisant dans les journaux quotidiens, le résumé d'une affaire d’avortement.
Où la femme qui se fait avorter elle-même s'estelle procurée son nécessaire ? Où trouve-t-elle les plantes dites abortives, la canule anglaise composée d'une poire en caoutchouc terminée par une canule en os effilée,
longue de 15 centimètres, la sonde rigide en gomme n° 16-?
Tout ceci est exposé aux vitrines de certains bandagistes où herboristes; il est évident qu'il suffit d'entrer et d'acheter et, si le vendeur demande le pourquoi faire comme nous l'avons lu dans une observation, la femme répond que c'est pour un lavement, des soins de propreté, ou pour sonder son mari qui souffre d'une maladie de vessie.
Nous nous permettons d'entrer dans ces petits détails qui sont des faits de la vie ordinaire et c'est lorsqu'on les connait qu'on est en mesure de proposer des moyens de combattre d’une manière efficace l'avortement.
noue